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États-Unis : nos corps, nos vies, notre choix

5 mai 2022 Article Monde

Par nos camarades de Speak Out Now (Texte original : Our Bodies, Our Lives, Our Choice)

[Photo : Des manifestants se rassemblent devant la Cour suprême, lundi soir 2 mai 2022, pour protester contre le projet d’avis de la Cour visant à annuler Roe vs Wade. (AP Photo/Anna Johnson)]

Un récent projet d’avis de la Cour suprême révisant le droit des femmes à l’avortement a été divulgué à la presse. Le document indique clairement qu’il est très probable que la Cour se prépare à revenir sur le droit à l’avortement établi par la décision « Roe vs Wade » de 1973. Cela supprimerait tout droit à l’avortement protégé par le gouvernement fédéral et permettrait à chaque État d’adopter sa propre législation en la matière. Le droit des femmes à disposer de leur propre corps serait alors encore plus réduit qu’il ne l’est déjà.

En réalité, l’accès à l’avortement est déjà un combat pour de nombreuses femmes. Dans environ 90 % des comtés il n’existe aucun centre d’IVG.

De nombreux États ont déjà adopté des lois très restrictives et l’action de la Cour suprême les laissera libres de faire ce qu’ils veulent. Au moins vingt-cinq États (sur les cinquante que compte le pays) interdiront probablement l’avortement si cette décision de la Cour suprême est adoptée.

Le droit à l’avortement n’a jamais été largement accessible aux femmes aux États-Unis, même après l’adoption de l’arrêt Roe vs Wade. Il varie considérablement selon la région des États-Unis ou la zone, urbaine ou rurale, selon que vous appartenez à telle ou telle catégorie sociale, selon que vous êtes identifié comme noir, hispanique ou blanc. L’accès à l’IVG dépend de votre assurance maladie, de l’organisation des services de santé dans votre région et de la possibilité d’avorter. Si le projet est confirmé, les entraves à l’avortement ne feront qu’empirer.

Il s’agit d’une nouvelle attaque majeure contre nos droits, des droits qui ont été gagnés dans la rue par des mobilisations massives, qui ont forcé les politiciens à réagir.

Mais ces droits ont été attaqués le jour même où la Cour suprême a statué sur Roe vs Wade. Et voilà qu’arrive cette nouvelle menace majeure contre la liberté à la procréation et sur la vie et la santé des femmes en général. Il s’agit également d’une attaque contre la vie et l’avenir des enfants.

Cette attaque est dans la continuité de celles auxquelles nous assistons contre d’autres droits qui ont été gagnés au cours des dernières années – la suppression de droits de vote, de nouvelles restrictions sur l’immigration, des attaques sur la communauté LGTBQ et des restrictions sur les programmes scolaires dans les écoles.

Qui a le droit de décider ce que nous faisons de notre corps ?

Pas la Cour suprême, avec ses neuf juges qui siègent derrière un banc en acajou, devant des rideaux en velours rouge et sur un sol en marbre. Ils ne sont pas élus. Leurs débats ne sont pas télévisés et ils ne peuvent pas être révoqués par la demande populaire. Pourtant, dans ce système, ils sont censés avoir le droit de décider de tout, du droit à l’avortement au droit de vote, en passant par l’accès aux soins de santé. Non : ils n’ont aucun droit à décider pour nous.

Pas non plus les politiciens de droite, financés par les milliardaires et les entreprises, qui parlent du « droit à la vie » tout en refusant de financer l’éducation, les soins de santé ou les logements abordables. Mais ils n’hésitent jamais à donner des milliards aux banques, aux entreprises et à l’armée. Non : ils n’ont aucun droit à décider pour nous.

Nous sommes les seuls à avoir le droit de choisir si nous avons un enfant ou non.

Nous devons nous organiser et nous battre

Nous pouvons soit nous désespérer de leur décision à venir ou bien tirer les leçons des récentes luttes pour le droit à l’avortement en Argentine, en Colombie et au Mexique : des militantes sont descendues dans la rue par millions pour obtenir la dépénalisation de l’IVG et la légalisation du droit à l’avortement.

C’est la lutte collective des femmes qui a permis d’obtenir le droit à l’avortement en 1973. Avant l’arrêt Roe vs Wade et jusqu’à aujourd’hui, des femmes se sont organisées partout aux États-Unis pour fournir des services de santé et des avortements en dehors des circuits officiels, se moquant ouvertement des règles et des lois rétrogrades. Rien ne devrait nous empêcher de continuer.

Ce projet de décision de la Cour suprême ne représente en aucun cas les intérêts de la majorité aux États-Unis, où tous les sondages montrent un soutien au droit des femmes à l’avortement.

Nous ne pouvons et ne devons pas laisser neuf juges et une poignée de politiciens de droite déterminer notre avenir. Nous pouvons et devons nous organiser et nous mobiliser dans les rues pour dire : « nos corps, nos vies, notre choix ».

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