Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2011 > octobre > 17

Gauche, droite, ne marchons plus au pas !

Ça y est ! Le PS a enfin son candidat. Non pas que François Hollande soit différent, sur le fond ou même la forme, de sa rivale Martine Aubry, tous les deux d’accord sur le maintien des 41,5 annuités pour les retraites, une réforme contre laquelle tant de travailleurs s’étaient mobilisés il y a un an.

Hollande, comme Sarkozy, dit qu’il ne sera « pas le président qui accroîtra la dette », sous-entendant ainsi qu’il faudra se préparer à l’austérité. Il veut bien, dit-il, que les banques soient passées « sous le contrôle partiel de l’Etat ». Mais que reste-t-il d’un contrôle qui ne se veut déjà que « partiel » ? Et surtout de ce même Etat qui a protégé l’escroquerie en grand des banques et encouragé la spirale de la spéculation financière ! En clair, Hollande (comme Aubry… comme Sarkozy !) promet le renflouement des pertes à la demande des banques, sur le dos des salariés contribuables, des services publics et sociaux. Le voilà le programme du PS. Et quand il s’agit de jouer le sauveteur des banques à coup de milliards, comme pour Dexia ces derniers jours, la dette n’est un problème ni pour l’UMP, ni pour le PS. Pas de quoi effrayer le patronat dans tout cela. Bien au contraire.

A quoi sert l’alternance au gouvernement

En réalité, le patronat connaît désormais le nom de son candidat de « l’alternance », Hollande donc, une fois que le président en exercice, Sarkozy, s’est trop discrédité pour pouvoir imposer aux travailleurs l’inacceptable. C’est à cela que sert l’alternance au gouvernement : espérer refaire marcher les travailleurs au pas rythmé d’un « gauche, droite, gauche, droite… ».

Car à quoi sert cette gauche de gouvernement, finalement, si ce n’est à fournir de temps à autre le candidat de rechange dont le patronat a besoin pour faire payer sa crise aux travailleurs ? Et si en prime le PS peut avoir le soutien plus ou moins affirmé des directions syndicales, plus préoccupées de négocier en coulisses les mesures bidon de Hollande (style « contrat de génération ») qu’à préparer la riposte nécessaire du monde du travail, pourquoi les patrons s’en inquièteraient-ils ?

Le patronat, lui, n’a pas attendu les élections, et a fortiori les primaires soi-disant « socialistes », pour annoncer et mener ses attaques. Comme vient de le montrer, entre autres, le PDG de PSA qui fait payer les fluctuations des ventes aux salariés de son groupe, ainsi qu’à ceux des équipementiers et sous-traitants qui licencient à tour de bras. Et cela, au moment où les bénéfices des constructeurs ont explosé : 1,2 milliard pour Renault, 800 millions pour PSA.

Les Indignés et les révoltés du monde entier n’attendent pas les élections !

Dans cette guerre de classe que mène le patronat (et le gouvernement) contre nous, c’est le rapport de force qu’il va falloir inverser. Les candidats prétendument « de gauche » veulent sauver le capitalisme qui pourrit sur place, au moment où des travailleurs dans le monde entier luttent contre les plans d’austérité, en Espagne contre un gouvernement de gauche, en Grèce où les occupations des ministères non moins « de gauche » se multiplient, à Mayotte (département français) où la population fait grève contre le chômage et une hausse de 60 % du coût de la vie en 4 ans, et même aux Etats-Unis, où les Indignés occupent la Bourse de Wall Street à la barbe du gouvernement Obama qui envoie la police contre les manifestants.

Quelque 200 000 personnes ont exprimé leur colère la semaine dernière, lors des différentes manifestations qui ont eu lieu mardi 11 octobre, malgré l’attitude des directions syndicales qui y ont appelé à reculons. Mais pour faire reculer le patronat il faudra bien autre chose que ce type de journées d’action. Il faudra une riposte d’ensemble et faire converger les luttes qui se multiplient sur le territoire et bien au-delà. Afin que plus un travailleur, en France, en Europe ou dans le monde, ne se trouve isolé face à la crise et aux attaques patronales soutenues par les gouvernements de droite comme de gauche.

Imprimer Imprimer cet article