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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 97 : janvier-février 2015

Films

Mis en ligne le 28 janvier 2015 Convergences Culture

Deux films « anticapitalistes »



Night call

Dan Gilroy


Les films sur la télé poubelle sont nombreux, mais celui-ci est particulièrement savoureux. Lou Bloom est un petit voyou marginal qui va faire carrière sur ce créneau en utilisant des méthodes de management qu’il a apprises… sur Internet. Difficile d’être plus cynique que ce mini patron. Il embauche un chômeur qu’il traite comme le ferait le directeur des ressources humaines d’une grande entreprise. Les dialogues entre cet employeur conscient et organisé et son malheureux employé, son entretien d’embauche en particulier, sont hilarants mais hélas proches de la réalité. Leur job consiste à se pointer les premiers sur les lieux des faits divers les plus sordides et les plus sanglants – meurtres, accidents – pour vendre des reportages à des chaînes qui cherchent à booster leur audimat. À lui tout seul, Lou Bloom est donc une caricature du système capitaliste et de la concurrence acharnée que se livrent les divers acteurs sur un marché porteur. Avec peu de moyens, Dan Gilroy nous offre un petit bijou dans la grande tradition du film noir subversif.

George RIVIERE



A most violent year

Jeffrey C. Chandor


À la différence de Lou Bloom, Abel Morales est un patron paternaliste et même humaniste qui entend scrupuleusement respecter les lois de son pays d’adoption. Ce latino immigré qui a commencé en bas de l’échelle comme chauffeur de camion incarne le rêve américain. Belle maison, belle voiture, famille sympa, business qui tourne. Mais ses concurrents ne l’entendent pas ainsi et ne reculent devant aucune méthode pour l’empêcher de leur prendre des parts de marché. On croit donc pendant la première partie du film avoir affaire à un scénario classique de polar ou de western avec la lutte du petit propriétaire honnête contre des gangs mafieux. Morales va en effet finir par comprendre la véritable loi du système capitaliste : celle du plus fort et du plus cynique. Pour réussir il faut se battre et mettre ses scrupules dans sa poche, que ce soit à l’égard des rivaux ou des salariés. Mais, plus malin que ses concurrents qui fonctionnent encore à l’ancienne, il va s’imposer en s’appuyant non pas sur des hommes de main mais sur le gang le plus puissant, celui de l’appareil d’État.

G.R.

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Numéro 97 : janvier-février 2015

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