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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 112, mars-avril 2017 > Présidentielle 2017 : Philippe Poutou, candidat ouvrier

Présidentielle 2017 : Philippe Poutou, candidat ouvrier

Contre le chômage : interdiction des licenciements, partage du travail entre tous

Mis en ligne le 5 avril 2017 Convergences Politique

Philippe Poutou mène de front la campagne électorale et la lutte avec ses collègues pour le maintien du millier d’emplois que compte son usine. Au premier plan de son programme de défense des intérêts des travailleurs, la lutte contre le chômage.

Le chômage de masse, c’est aussi une pression permanente sur tous les travailleurs. L’épée de Damoclès du licenciement collectif sert de chantage permanent pour limiter nos revendications. S’y ajoute la menace du licenciement disciplinaire dans le privé comme dans le public où les méthodes de management agressives aboutissent à une multiplication des accidents du travail, des burn-out, voire des suicides comme récemment dans les hôpitaux ou à la SNCF.

Les principaux prétendants à l’Élysée déclarent tous la main sur le cœur que le chômage sera leur priorité. Escroquerie.

Fillon et Macron ne proposent pas la guerre au chômage, mais la guerre aux chômeurs !

Le premier veut instaurer une dégressivité des allocations au bout de six mois, le second forcer les demandeurs d’emploi à accepter n’importe quel poste après deux offres. Le chômage serait la faute aux chômeurs ? À qui vont-ils faire croire ces mensonges, à l’heure où pas un salarié ne se sait à l’abri ?

De son côté, la châtelaine de Saint-Cloud prétend parler au peuple, mais seulement pour distiller son poison raciste.

Pour Marine Le Pen, le chômage serait dû aux immigrés. Ce ne sont pourtant pas les travailleurs immigrés qui planifient les licenciements, dans lesquels ils ne sont pas épargnés. La « préférence nationale », c’est l’exacerbation de la concurrence entre travailleurs, c’est accepter les règles des patrons qui organisent la guerre de tous contre tous sur le marché du travail. C’est l’exact opposé de la solidarité dans une lutte commune qui sera nécessaire pour inverser le rapport de force en notre faveur.

Côté gauche, chez Hamon ou Mélenchon, le ton est moins rugueux, mais les plats sont tout aussi réchauffés.

Les deux proposent un « plan de relance » de 100 milliards d’euros de commandes publiques. Donnez au capital, Dieu vous le rendra au centuple ! C’est la continuité du pacte de compétitivité de Hollande, ce cadeau de 20 milliards d’euros par an au patronat. On a vu le résultat : un million de chômeurs supplémentaires. La vérité, c’est que le chômage de masse est une bénédiction pour le patronat.

Pour stopper la croissance du chômage, il faut immédiatement interdire les licenciements et les suppressions de postes , en particulier dans les grands groupes qui font des profits. Il faut partager le travail entre tous, c’est-à-dire diminuer le temps de travail sans perte de salaire, autant qu’il le faudra pour que chacune et chacun ait un emploi.

Le patronat ne sera pas d’accord ? D’abord, il a de la marge. Les entreprises du CAC 40 ont engrangé 76 milliards de bénéfices cette année, un tiers de plus que l’année dernière. Ces fortunes accumulées permettraient largement de financer la lutte contre le chômage.

Ces mesures qui tapent directement au porte-monnaie des privilégiés, il faudra leur arracher.

Si la colère accumulée depuis tant d’années dans le monde du travail trouvait à s’exprimer dans la rue, dans les grèves, dans un mouvement d’ensemble, alors ce programme deviendrait tout à fait à notre portée. C’est le programme de nos luttes de demain.

[extraits de l’éditorial des bulletins d’entreprise l’Étincelle du lundi 20 mars 2017]

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