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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 112, mars-avril 2017 > Présidentielle 2017 : Philippe Poutou, candidat ouvrier

Présidentielle 2017 : Philippe Poutou, candidat ouvrier

Une campagne électorale complètement primaire. Mais gare aux effets secondaires !

Mis en ligne le 5 avril 2017 Convergences Politique

Plus besoin de masque, de promesses électorales qu’on ne tient pas, la campagne électorale 2017 se résume à des « affaires » ! Ça a commencé par l’emploi fictif de Pénélope Fillon, pour un total dépassant les 800 000 €, pour finir par la révélation des embauches, à 15-16 ans, des gosses du ministre socialiste de l’Intérieur, pour quelques dizaines de milliers d’euros d’argent de poche. Les bourgeois de gauche sont davantage gagne-petit que ceux de droite. Ça a continué par les costumes sur mesure offerts à François Fillon (qu’en toute repentance il retourne à son bienfaiteur de la Françafrique… pour habiller qui en seconde main ?), avant ceux que le socialiste Pierre Moscovici, actuellement commissaire européen, se serait fait offrir venant du même magasin. Match nul. Le candidat du centre, ancien banquier puis conseiller et ministre de Hollande, Emmanuel Macron, l’a échappé de justesse, qui vient de virer de son équipe de campagne son conseiller en matière de santé, car ce médecin des hôpitaux est également conseiller, grassement rémunéré, du trust pharmaceutique groupe Servier, rendu célèbre par le scandale du Mediator : ça aurait pu la ficher mal dans les médias. Sans oublier Marine Le Pen qui trempe elle aussi dans le pognon et les petits détournements... mais sur les fonds du parlement européen, nationalisme oblige ! Et alors ?

Des primaires qui ont tourné en eau de boudin

Le monde politique, rôdé à tout cela, fait avec ! Après un peu de panique chez Les Républicains et leurs alliés, à la suite des révélations concernant Fillon, tout le monde a fini par se réaligner derrière le vainqueur des primaires de la droite. Y compris les centristes de l’UDI qui s’étaient dit, un temps, tentés par Macron.

Le vainqueur des primaires socialistes a moins de chance. Benoît Hamon avait été choisi par une majorité des électeurs PS, en toute et belle démocratie, nous disait-on. Beaucoup voyaient en lui celui qui pourrait repeindre en rose la façade de leur parti déconsidéré par cinq ans de gouvernement Hollande. Mais...

...Mais foin des primaires et de la démocratie participative ! Les uns après les autres, les principaux barons du PS laissent tomber le candidat officiel de leur parti pour courir derrière Macron. Du maire de Lyon au ministre de la Défense... en passant par quelques pitoyables ex-communistes comme Robert Hue (néanmoins ancien secrétaire général du PC), et Patrick Braouezec (ancien maire de Saint-Denis). Ensuite arrivent les plus faux-culs : Valls n’appelle officiellement pour personne, mais a refusé de parrainer Hamon. Hollande garde sa posture de sphinx au-dessus de la mêlée, mais trouve l’occasion de condamner les positions de Hamon sur une éventuelle réforme de la Constitution : « Heureusement qu’il y a la Ve République et heureusement qu’il y a un président de la République qui a des responsabilités parce qu’il faut savoir les prendre dans certaines circonstances », déclarait-il le 21 mars. Et pan sur le bec à Hamon !

À droite toute

Au-delà des scandales, au-delà de la course aux postes et petites combines ou retournements pour y accéder, le vrai problème est ce qu’ils nous préparent. Fillon est le plus clair en annonçant 100 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques. Il piocherait sur les budgets utiles, des hôpitaux et de l’Éducation puisqu’en même temps il augmenterait celui de l’armée de 11 milliards pour le porter à 2 % du PIB. Même augmentation du budget de l’armée prévu par Macron et Marine Le Pen qui renchérit en proposant de le porter à 3 % du PIB, soit 33 milliards de plus qu’aujourd’hui. Quand Fillon promet de supprimer 500 000 emplois dans la fonction publique, Macron lui file le train, même s’il annonce plus modestement 120 000 suppressions. La police, dont le « malaise » est la tarte à la crème de Marine Le Pen et du syndicat Alliance proche du Front National, n’est pas oubliée : 15 000 policiers et gendarmes de plus pour Marine Le Pen, 10 000 de plus pour Emmanuel Macron. 16 000 places de prison de plus pour Fillon, 15 000 pour Macron. Admirez les nuances ! Et, pour tous, la baisse des impôts sur les sociétés, de nouveaux dégrèvements de charges pour les patrons, qu’il faudra bien compenser, par exemple par une augmentation de la TVA selon Fillon (c’est-à-dire hausse des prix pour tous, plus dures pour les plus pauvres).

Benoît Hamon a évidemment de la peine à suivre, lui dont le programme ressemble à celui de Hollande en 2012. Il a beau ratiboiser la prétendue originalité de son programme, le « revenu universel », pour en supprimer le caractère « universel » et revenir à un simple RSA amélioré (et un peu étendu aux jeunes), les chefs de file de son parti le laissent tomber !

Ce qui est clair, c’est que, une fois passée la parenthèse électorale, l’offensive contre les travailleurs, dont le dernier épisode a été la loi Travail du printemps dernier, va reprendre de plus belle, sur fond de démagogie sécuritaire servant à limiter le droit de manifester, et de durcissement de la répression patronale, comme on le voit déjà aujourd’hui, autant dans les services publics (La Poste, hôpitaux, SNCF) que dans les entreprises privées.

Car « plus pires » ou « moins pires », ces politiciens du sérail sont tous concurrents pour d’infimes variantes d’une même politique contre les travailleurs et les plus pauvres.

26 mars 2017, Olivier BELIN

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