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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 34, juillet-août 2004

Belgique : Vote obligatoire pour scrutin sans enjeu

Mis en ligne le 22 juin 2004 Convergences Monde

La campagne électorale pour les élections européennes et régionales a battu son plein en Belgique : plein de tracts, plein d’affiches avec les beaux sourires des candidats, plein de belles promesses.

Pour la droite, la liste VLD en Flandre était conduite par le premier ministre, tandis que son ministre des affaires étrangères menait celle du MR, en Wallonie. Symétriquement à gauche, le PS avait choisi son président pour conduire sa liste en Wallonie, tandis que l’ancienne présidente du syndicat socialiste FGTB menait la liste du SPA en Flandre.

Les commerçants n’hésitant pas à afficher les photos des candidats (ceux des grands partis surtout) sur leurs vitrines, cela a donné des étalages colorés avec photos des candidats de droite, de gauche ou les deux ensemble, pour une campagne qui ne fut pourtant pas haute en couleur. Peu de gens ont discuté des élections, des enjeux et des candidats. Pourtant, contrairement à la France, les élections européennes étaient couplées avec les élections pour les parlements régionaux. Et d’un point de vue administratif et politique, les Régions, au nombre de trois (Flandre, Wallonie et Bruxelles Capitale), ont un pouvoir certain dans un Etat fédéral, divisé en communautés et en régions avec chacune son parlement et son gouvernement. De plus, le vote étant obligatoire, l’abstentionniste risque une amende. Les taux de participation dépassent ainsi les 90 %. Autre particularité belge pour le scrutin européen : sur les 24 députés élus, il y a automatiquement 9 francophones, 14 néerlandophones et un germanophone, division linguistique du pays oblige.

Voter pour les grands partis, c’était voter pour les patrons

S’il y avait un enjeu pour les politiciens dans ces élections régionales et européennes, il n’y en avait aucun pour la population, dans la mesure où les grands partis de droite et de gauche, en coalition pour gouverner, mènent ensemble une politique anti-ouvrière.

Cette politique est marquée par des licenciements massifs qui touchent aussi bien les grandes entreprises que les plus petites. Il y a eu les licenciements à la compagnie nationale d’aviation Sabena, chez Ford à Genk ou à Arcelor à Liège. Il y a les milliers de suppressions de postes à la Poste ou à la SNCB (Chemins de fer). Quant aux petites entreprises, elles licencient à tour de bras. L’actuel taux de chômage est de 12,3 % dans l’ensemble du pays et de 22 % à Bruxelles.

Face à quoi, la politique du gouvernement a été de mettre au point un système d’accompagnement des chômeurs. Il s’agit de les contrôler pour les obliger à accepter n’importe quel emploi sous peine de perdre leurs allocations. Ces allocations chômage étaient jusqu’à présent à durée illimitée ou presque. Désormais, sous la houlette d’un ministre responsable de la politique de l’emploi socialiste, la « chasse aux chômeurs » est lancée.

Côté patronal, ça va. Une étude récente indique que les rémunérations des PDG des entreprises cotées en Bourse ont grimpé en moyenne de 10,5Ê% en 2003 par rapport à 2002. Et chez Interbrew, multinationale de la bière, ça mousseÊ : chacun des neufs membres de la direction a touché près de deux millions d’euros de revenus en 2003.

De plus, pour tous les gens fortunés qui ont placé leur argent à l’étranger pour échapper au fisc, le gouvernement a décrété une amnistie fiscale en échange du retour de leur argent en Belgique. Ainsi tandis que le socialiste Vandenbrouke organise la chasse aux chômeurs, son collègue de droite (MR) met en place l’amnistie fiscale pour les riches fraudeurs !

L’escarcelle de l’extrême droite grossit

Le désarroi pour ne pas dire l’écoeurement des milieux populaires face à cette situation s’est traduit par une montée de l’extrême droite. Elle était présente surtout avec le Vlaams blok, en Flandre, mais aussi à Bruxelles, même si sa campagne y est restée discrète (elle s’est surtout attirée les foudres des journaux et des politiciens qui craignaient qu’un succès du Vlaams blok n’entraîne la paralysie du Parlement bruxellois). Quant au Front national, en Wallonie, il s’est distingué par des règlements de compte internes, mais n’en a pas moins fait des scores en nette hausse dans certaines agglomérations ouvrières.

La défense des intérêts du monde ouvrier ?

Le Parti communiste belge ne s’est présenté ni aux élections régionales ni aux élections européennes. Il a perdu beaucoup de forces militantes ces dernières années. Il est aussi divisé sur la politique actuelle à mener.

De même le POS, section belge du Secrétariat Unifié, ne s’est présenté à aucune des deux élections. Néanmoins, l’extrême gauche était présente avec le MAS (Mouvement pour une alternative socialiste) lié au mouvement trotskiste « Militant » d’Angleterre et le PTB (Parti du travail de Belgique) mouvement maoïste et organisation d’extrême gauche la plus importante et la plus implantée en milieu ouvrier. Le PTB se présentait sous le slogan : « Les gens d’abord, pas le profit » revendiquant un salaire minimum à 1100 euros par mois, la taxation des grandes fortunes, la retraite à 55 ans et le remplacement des retraités par des jeunes.

C’est en votant pour ces listes, se réclamant des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière et du communisme, que les travailleurs pouvaient exprimer leur opposition au gouvernement en place et à ceux qui rêvent d’y être pour mener la même politique anti-ouvrière. Ce à quoi a appelé notre courant, trop faible encore pour pouvoir présenter lui-même des candidats.

Paul GALLEY


Résultats

En Flandre :

  • Le parti de l’actuel Premier ministre Guy Verhofstad arrive en quatrième position avec 19,8 % des suffrages.
  • Le Vlaams blok continue à progresser et devient le deuxième parti de la région avec 24,1 % des suffrages (+ 8,6 % par rapport à 1999).
  • Les Chrétiens démocrates flamands qui ne participent pas à la coalition gouvernementale actuelle deviennent le premier parti avec 26,2 % des votes.
  • Les Groens (Verts), perdent encore des suffrages, et recueillent 7,6 % des votes au lieu de 11,6 % en 1999.

En Wallonie :

  • Le PS progresse, obtient 36,93 % des voix et passe de 25 à 34 sièges tandis que les écologistes perdent 11 sièges en passant de 18,22 % en 1999 à 8,51 %. Il reprend une partie des voix échappées en 1999 au profit des écologistes quand il s’était discrédité par un certain nombre de scandales politiques.
  • Le Front national fait un score de 8,13 % contre 3,95 % en 1999 et obtient 4 députés au lieu d’un seul. A Charleroi il obtient 16,84 % des voix, ou encore 11,2 % (+ 5 % par rapport à 1999) à la Louvière, ville ouvrière.

A Bruxelles :

  • Progression et victoire du PS (+ 12, 8 % par rapport à 1999) au détriment de la droite, le MR passant de 34,4 % en 1999 à 28 %
  • Le Vlaams blok n’obtient pas un nombre de suffrages suffisant pour pouvoir bloquer le fonctionnement de Parlement bruxellois.
  • Ecolo passe de 18,3 % à 8,3 % des voix.

L’extrême gauche fait des scores très faibles :

  • le MAS entre 0,1 % et 0,2 % des voix ;
  • le PTB en moyenne entre 0,5 et 0,6 % avec tout de même 5,7 % des voix à Herstal, commune ouvrière près de Liège où il est implanté depuis des années.

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