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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 50, mars-avril 2007

Belgique : Johnny rêve de la nationalité belge, Albert préfère les nationalisations françaises

Mis en ligne le 23 mars 2007 Convergences Monde

La Belgique, c’est le royaume des « Albert ». Albert II sur le trône, dont l’un des fils, Laurent, est accusé d’avoir trempé dans un détournement de fonds de la Marine nationale. Et Albert Frère, 80 ans, roi de la finance belge. Son empire financier et industriel a depuis longtemps dépassé les frontières du royaume : actionnaire de Total (à 5,15 %), il l’est aussi des ciments Lafarge, de Suez, de Ricard et quelques autres.

Fils d’un marchand de clous de la région de Charleroi, sans études, sans diplôme, il aurait bâti sa fortune à la « force du poignet ». Vrai que sa famille avait une petite fabrique de clous. Vrai qu’il n’était bon en classe qu’en bigoterie et en sport. Mais le miracle est surtout venu de la deuxième guerre mondiale, à l’issue de laquelle il est passé de la vente des clous à celle de divers produits sidérurgiques convoités à l’époque, et dont la guerre de Corée, au début des années 1950, avait fait flamber les cours.

Dur en affaires, Albert Frère fut un petit tyran avec ses employés, quasiment à sa disposition jour et nuit. Mais lui a toujours mené une vie plus dispendieuse : une luxueuse maison en Belgique, un appartement sur la côte belge, un autre Avenue Foch à Paris et à Courchevel, une villa à Saint-Tropez…

Lancé dans la sidérurgie en rachetant des entreprises dans la région de Charleroi, il créa des filiales qui, sur chaque produit sidérurgique vendu, lui reversaient une commission de 3 %. La crise de 1973 mit en difficultés ses entreprises sidérurgiques de Charleroi. Mais si les restructurations coûtèrent leur place à des milliers de travailleurs, elles ne coûtèrent rien à Albert Frère. Au contraire, l’État versa des milliards d’aides à la sidérurgie, la restructura, et le baron de l’acier, par le biais de son entreprise commerciale, continua à percevoir son pourcentage sur tout ce que la sidérurgie du pays vendit, que ce soit à Liège ou à Charleroi. Jusqu’à ce que l’État lui rachète son entreprise commerciale d’acier… à prix d’or.

Fort de ses capitaux retirés de la sidérurgie, il investit dans la banque, la télévision, les assurances ou le pétrole. C’est ainsi qu’il devint l’un des actionnaires privés les plus importants de la banque d’affaires Paribas et de sa filiale belge, la Cobepa. En 1981, le soir de la victoire de Mitterrand qui avait promis de nationaliser Paribas, pendant qu’une certaine gauche dansait place de la Bastille à Paris, Albert Frère donnait l’ordre de rafler toutes les actions Paribas sur le marché. Il avait pris goût aux nationalisations et, après moult tractations avec le gouvernement français, retira du rachat des actions Paribas un bénéfice de 300 millions de francs belges.

Pour mener à bien ces affaires, pas chien, Albert Frère renfloua toujours prudemment les caisses des partis de droite comme de gauche et multiplia les relations avec les grands noms de la finance et de la politique, de part et d’autre des frontières. Il arrosa récemment le tout en s’offrant les grands crus « Cheval Blanc » puis « Château La Tour du Pin Figeac ».

À côté de ça, la fortune du petit crooner Johnny, qui veut éviter de payer trop d’impôts en prenant la nationalité belge (à moins qu’il n’opte finalement pour la Suisse ou Monaco), n’est que de la piquette !

Paul GALLER

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