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DOSSIER : Les riches : comment, toujours plus riches, ils raflent toute la mise

Avons-nous besoin des riches ?

Mis en ligne le 23 mars 2007 Convergences Société

À croire certains prétendants à la présidentielle, ce qui est bon pour les riches le serait également pour les travailleurs. Et de nous vanter la « créativité » des entrepreneurs, leur « goût du risque »… pourvu qu’on ne les accule pas à l’exil en les accablant d’impôts. Car sans riches pas d’emplois !

Tout l’esprit d’entreprise dans l’exploitation capitaliste

Le fondement de leur richesse, c’est d’abord l’exploitation des travailleurs. Dans ce domaine là, il est vrai que les riches regorgent d’inventivité. Augmentation des charges de travail, de la pression exercée sur les salariés, mise en concurrence des travailleurs entre eux, en jouant sur le chômage, pour baisser les salaires, augmentation du temps de travail, précarité… Tout est bon pour augmenter la quantité de plus value qu’ils extirpent à leurs salariés, plus value qui est à l’origine de l’accumulation de leur richesse.

Après avoir accumulé tant de richesse au cours d’une vie sur le dos des travailleurs, l’héritage vient prolonger cette accumulation, qui fait fleurir de grandes lignées de riches. Serge Dassault par exemple, à la tête d’un empire industriel financier et médiatique a-t-il eu un autre mérite dans sa vie que d’être… le fils à papa, Marcel Dassault ? L’héritage assure aux riches d’hériter de la richesse de leurs ancêtres et aux pauvres d’hériter… de la pauvreté de leurs parents.

Des ancêtres peu glorieux…

Que penser des glorieux ancêtres dont la bourgeoisie d’aujourd’hui est d’une façon ou d’une autre l’héritière ? L’histoire de l’accumulation capitaliste montre cependant bien autre chose que la légende de l’ingénieux inventeur acharné au travail.

Admirons plutôt les exploits historiques de la bourgeoisie. Grandes expéditions de rapine internationale, conquête du nouveau monde, puis mise en esclavage de millions d’Africains, puisqu’il fallait bien remplacer les Indiens massacrés dans le Nouveau monde. Hors d’Europe, pendant des siècles, le pillage colonial. En Europe, la grande bourgeoisie s’épanouit en prêtant à usure aux princes et aux États, qui pour rembourser se payent sur la bête, le paysan.

Violence et oppression rendront finalement la bourgeoisie européenne assez riche pour rassembler sous une même direction machines, matières premières et forces de travail des prolétaires. Des horreurs des débuts de la révolution industrielle sortiront de nouvelles grandes fortunes. Sans cesse alimentées de l’exploitation des travailleurs du monde entier.

Une vieille histoire d’accumulation et d’exploitation, recommencée chaque jour, qui explique pourquoi il n’y eut jamais de riches aussi riches, entourés de pauvres aussi nombreux, qu’aujourd’hui. Mais pas pourquoi il faudrait se prosterner devant le pouvoir de la richesse.

…aux rois fainéants d’aujourd’hui

En quoi la société aurait-elle d’ailleurs besoin de la bourgeoisie ? L’économie capitaliste est aujourd’hui gérée par une petite minorité de riches sur la base de la réalisation maximale de profit. Cela nécessite pillage et exploitation à l’échelle de la planète. L’économie serait certainement mieux gérée si elle ne l’était plus au profit d’une petite poignée de possédants.

D’autant plus que les possesseurs de capitaux, profiteurs de l’actuel système, ne se donnent même pas forcément la peine de le gérer eux-mêmes. Les rois-fainéants ont trouvé leurs successeurs avec les rentiers. Nul besoin pour le grand bourgeois de diriger lui-même ses affaires, de jouer au capitaine d’industrie, et de se casser la tête à trouver le meilleur moyen d’exploiter les travailleurs ou de parasiter les États. Il peut toujours s’acheter les services de quelques grands commis. Alors s’il était vrai que ceux-ci sont si indispensables, pourquoi les travailleurs ne pourraient-ils pas les contraindre à servir les intérêts de l’immense majorité ?

Arthur KLEIN

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