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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 4, juillet-août 1999

Points de vue

A propos du rôle de SUD-Education dans le mouvement enseignant

Mis en ligne le 1er août 1999 Convergences Politique

Dans cette rubrique, militants des deux tendances qui publient Convergences Révolutionnaires, mais aussi lecteurs appartenant à d’autres courants, font part de leurs réactions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d’une pagination forcément limitée.


Réponse à l’article de Anne Désécrins du n°2 de Convergences révolutionnaires de mai - juin 1999

La camarade y écrit : « (...) après avoir tenté de freiner cette agitation, le SNES a décidé de l’accompagner. C’est d’ailleurs l’attitude qu’a eu FO et surtout le syndicat SUD depuis le début du mouvement ». Malgré l’atténuation de cette affirmation : « SUD est toujours apparu radical et proche en cela des plus décidés », sa tentative de mettre SUD sur un pied d’égalité avec le SNES et FO dans le mouvement apparaît bien loin de la réalité.

Dès novembre, SUD-Education, presque seul contre tous, demandait à ses militants élus aux Conseils d’Administration de voter l’arrêt du recrutement des emplois jeunes (avec transformation en emplois statutaires des aides éducateurs et recrutement de personnels statutaires). Le syndicat justifiait cette prise de position, entre autre, par une vision globale du plan Allègre, alors que les autres syndicats ne semblaient pas avoir encore reconstitué le puzzle dont les pièces avaient été soigneusement mélangées par le ministre.

Comme dans les autres secteurs, la politique gouvernementale est d’introduire la flexibilité et la précarité dans l’Education Nationale, en remplaçant les surveillants par des emplois jeunes, en faisant effectuer des remplacements d’enseignants par des surveillants. Le nouveau statut de surveillant est d’ailleurs prévu à cet effet.

Dans le même temps, on recrute des contractuels et des vacataires pour assurer les cours, on fait faire tout et n’importe quoi aux maîtres auxiliaires, quand on n’arrive pas à s’en débarrasser ou à les transformer en contractuels.

Si on ajoute la baisse du nombre de places aux concours de recrutement, le dispositif est complet.

Cette position, défendue par SUD, était souvent combattue par les autres syndicats, au mieux elle suscitait doutes et interrogations, y compris chez les militants révolutionnaires au sein du SNES. Quelques mois après, nombreux sont ceux qui admettent que SUD avait raison. Les instances du SNEP-FSU (professeurs d’Education Physique) ont d’ailleurs, même si ce fut à une courte majorité, voté l’arrêt du recrutement des emplois jeunes.

Or, répétons le, le dispositif des aides éducateurs est au centre des mesures d’Allègre.

En novembre 1998, SUD était en première ligne du combat des Maîtres d’Internat et Surveillants d’Externat pour la défense de leur statut et le replaçait dans le contexte d’ensemble des mesures gouvernementales : «  Ce n’est pas après un secteur précis qu’Allègre en a, mais après tout le système éducatif français, qu’il veut à plus ou moins long terme rendre identique au système anglo-saxon ».

Dès le 30 novembre, SUD appelait à une AG des établissements de Seine St Denis, seul avec la CNT et exigeait la démission d’Allègre. Le mot d’ordre de SUD a toujours été : « Pour gagner, la grève reconductible maintenant et tous ensemble pour la grève générale de l’Education  » (cf. par exemple les tracts appelant à la manifestation du 9 février et à celle du 18 février).

SUD a toujours soutenu le mouvement, était partie prenante des Comités d’Etablissement, appelait et participait à toutes les AG qui, plus qu’accompagner, insufflaient et imposaient de nouvelles échéances aux directions syndicales. On peut ajouter que SUD a été à l’origine des plateformes votées par ces AG et qui ont guidé 1’action des franges les plus combatives.

Que SUD soit un syndicat minoritaire, c’est un fait. Que SUD ne soit pas l’avenir du syndicalisme enseignant et la solution à la crise de ce syndicalisme c’est possible. Cela autorise-t-il la camarade Désécrins à écrire : « Le fait même d’être minoritaire l’a préservé des critiques, tout en lui permettant d’espérer gagner des suffrages et des militants en profitant de la déception et de la colère suscitées par la politique du SNES  » ? Est-ce le fait d’être minoritaire qui lui a apporté la sympathie d’une frange non négligeable des enseignants les plus combatifs ou ses positions considérées justes par cette même frange ?

Jean-Michel RICHARD (Seine et Marne)

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