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Archives > Éditos L’Étincelle > 2003 > janvier > 20

37,5 c’est la bonne température pour tous !

Il faut « réformer » les retraites ! Ce sont le gouvernement, les patrons et même les syndicats qui le disent ! La CGT, la CFDT, la CFTC, l’UNSA et la FSU ont ainsi organisé le 17 janvier à la Villette, un colloque pour comparer les divers systèmes actuels en Europe – tous déjà pire qu’en France paraît-il – au même moment où Fillon, le ministre des affaires sociales, voyageait entre différentes capitales du continent avec le même objectif, traînant d’ailleurs avec lui les représentants des syndicats (CGT exceptée).

En guise de « réforme », c’est plutôt d’une attaque en règle qu’il s’agit. Celle-ci a commencé il y a déjà dix ans, sous Balladur, avec l’introduction d’un mode de calcul moins favorable, l’indexation des retraites sur les prix plutôt que sur les salaires et le passage aux 40 annuités pour les salariés du privé. Et la baisse progressive du niveau des pensions amorcée avec cette première « réforme », estimée déjà à 25 %, va peser encore plus lourdement dans les années à venir et pourrait atteindre 50 %.

Aujourd’hui, au nom d’une prétendue égalité (par le bas), il faudrait que ce soit au tour du public. Mais pas seulement, c’est aussi pour l’ensemble des travailleurs que gouvernement et patrons veulent allonger la durée de cotisation. Le Medef prêche pour 42 ou 43, voire 45 années. Et de nous citer en exemple les autres pays européens qui ont déjà décidé d’un âge légal au-delà de 60 ans, déjà tapé dans le système de répartition, pour faire de la place à la capitalisation. La France serait à la traîne… de la régression sociale !

Ce qui n’empêche pas un certain Juppé, pourfendeur de « privilèges » en 1995, (finalement à ses dépens) de prendre tranquillement sa retraite de haut fonctionnaire à 57,5 ans, avec une pension confortable à laquelle s’ajouteront ses indemnités de parlementaire et de maire de Bordeaux… Mais selon le gouvernement, pour les salariés « d’en bas », il n’y aurait le choix qu’entre augmenter le montant des cotisations (et ça, les patrons n’en veulent pas) ou en augmenter la durée pour avoir droit à une pension à taux plein. Les mesures en préparation reviennent à condamner la majorité d’entre nous à n’avoir qu’une retraite de misère, car avec le chômage actuel il est bien difficile, voire impossible, de travailler en continu et de cumuler 40 ans de cotisation à 60 ans. Et même de partir à cet âge puisque les patrons se débarrassent des vieux avant !

Quant au chômage et ses effets sur le manque de rentrées des caisses, tous ces « réformateurs » se gardent bien d’en parler. Ils préfèrent les bavardages sur le vieillissement de la population, sur le poids des retraités qui augmente…

Pas assez d’actifs ? Il faut alors embaucher et interdire les licenciements ! Il y a depuis 20 ans des millions de chômeurs qui ne demanderaient pas mieux que de pouvoir cotiser pour leur retraite !

De l’argent pour payer nos pensions, il n’en manque pas : il suffit de regarder les subventions que l’Etat verse aux patrons (par exemple 200 millions de francs pour Daewoo en Lorraine, qui met aujourd’hui la clé sous la porte), les allégements de charges sociales de toutes sortes… Et la productivité de notre travail qui ne cesse d’augmenter. C’est une escroquerie dans ces conditions de prétendre que l’économie française ne pourrait pas supporter le poids de nos retraites !

La consultation des salariés d’EDF-GDF sur la réforme de leur système de retraite, s’est heureusement transformée en en une gifle pour la direction et le gouvernement. Et aussi pour les dirigeants des syndicats qui avaient appelé (tous sauf FO et SUD) à répondre oui. Mais cela ne suffit pas au gouvernement : vous votez non, pour lui ce sera oui quand même !

Le 1er février un appel de tous les syndicats nous invite à manifester. Soyons ce jour nombreux dans la rue ! Mais ce doit être clair, nous manifesterons :

Contre la prétendue « réforme », négociée ou pas entre gouvernement et syndicats. Pour le retour aux 37,5 annuités pour tous, la retraite à 60 ans avec un minimum de 75 % du salaire, calculée sur la base des 10 meilleures années dans le privé, du dernier mois dans le public !

Tous ensemble, faisons-les battre en retraite !

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