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Archives > Éditos L’Étincelle > 2003 > janvier > 27

37,5 la bonne température pour tous ! Tous dans la rue le 1er février !

Les choses sérieuses vont commencer pour les retraites. Cela fait des mois que le gouvernement prépare son plan d’attaque, et il entend bien faire de l’année 2003 celle du passage à l’acte. Depuis le premier janvier, il a déjà lancé un ballon d’essai : la suppression du Congé de Fin d’Activité va progressivement empêcher les fonctionnaires de partir avant 60 ans même s’ils ont leurs annuités. Pour préparer le terrain, politiciens et patrons se livrent à un véritable matraquage sur ce qu’ils appellent « le problème des retraites ». Leurs discours sont largement repris par les médias… comme par un certain nombre de dirigeants syndicaux. Mais leurs prétendus arguments ne sont que de la poudre aux yeux !

Le gouvernement nous explique que les cotisations des actifs vont devenir insuffisantes pour payer les retraites. Ses arguments démographiques, le « papy boom », le tableau d’une société coulée par ses retraités, tout cela est largement bidon. S’il y a quelque chose qui a augmenté au moins aussi vite que l’espérance de vie, c’est la productivité. Dans une société aussi riche que la nôtre, il y aurait largement de quoi assurer des retraites décentes à tous. Ce ne sont pas les chiffres des profits patronaux qui diront le contraire ! Et puis, ce que cachent les discours sur le manque de cotisants, c’est le poids du chômage. Des millions de chômeurs, ce sont des millions de cotisants en moins.

Metaleurop, Daewoo, Arcelor, ACT Angers… Les patrons continuent à licencier à tour de bras, tout en pompant l’argent public (Daewoo aura touché 200 millions de francs). Et ce sont eux qui osent faire des sermons sur les « sacrifices nécessaires », ou parler de l’égoïsme des bénéficiaires de certains régimes spéciaux de retraites ! Oui, pour assurer le droit à la retraite, il faudrait aussi se battre contre cet aspect de l’irresponsabilité capitaliste qu’est le chômage. Il faudrait imposer l’interdiction des licenciements.

Et s’il faut plus d’argent dans les caisses de retraites, voilà une raison supplémentaire pour augmenter les salaires. Avec 300 euros d’augmentation sur toutes nos fiches de payes, ce serait automatiquement plus de rentrées et moins de déficit pour les caisses !

Ils nous disent aussi que le système actuel est injuste envers les travailleurs du privé, puisque ceux-ci doivent cotiser 40 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein, contre 37 ans et demi pour ceux du public. C’est vrai, c’est une injustice ! Mais simple à effacer : il suffit de ramener la durée de cotisation du privé à ses 37,5 annuités d’avant 1993 ! C’est Balladur qui avait alors imposé cette augmentation brutale. Il avait visé le privé en premier, afin de faire passer son sale coup plus facilement et d’enfoncer un coin entre les catégories de salariés. Aujourd’hui, pour achever le travail, ses successeurs tentent de jouer sur cette division pour s’en prendre au public. Ne marchons pas dans leur combine ! Se laisser diviser, ce serait suicidaire. Parce que s’ils réussissaient à passer ceux du public aux 40 annuités, ce ne serait que le prélude à une nouvelle attaque contre le privé. D’ailleurs Seillière, le baron du Medef, l’a dit et redit : l’objectif des patrons, c’est d’augmenter la durée de cotisation à 42, voire 45 ans pour tous !

L’actuel bras de fer sur les retraites concerne donc l’ensemble des intérêts du monde du travail, et toutes ses catégories : public et privé, actifs et retraités ou chômeurs. Le gouvernement est à l’offensive, mais il nous joue la comédie du dialogue social et essaye de mettre les syndicats dans sa poche, parce qu’il se souvient du KO de Juppé en 1995.

L’équipe Raffarin a des raisons de s’inquiéter : rien n’est joué ! Il y a quelques semaines, le « non » des EDF-GDF au référendum sur la casse de leur régime lui a donné un premier avertissement. Il faut maintenant marquer de nouveaux points. La prochaine occasion, c’est la manifestation du 1er février. Faisons entendre aux prétendus « réformateurs » quelques principes clairs :

Retour aux 37,5 annuités maximum pour tous !

Retraite à 60 ans avec au moins 75% du salaire, calculé selon les 10 meilleures années dans le privé, et sur le meilleur mois dans le public !

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