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Argentine

Un aperçu de la campagne des révolutionnaires, d’un bout à l’autre du Grand Buenos Aires

Mis en ligne le 5 décembre 2021 Convergences

(Ci dessous, version parue dans Convergences révolutionnaires imprimé no 142. Une version plus complète est disponible sur notre site)

Pendant cette campagne, militants et candidats des différentes composantes du FIT-U ont sillonné le pays à la rencontre des travailleurs et des habitants des quartiers populaires.

Journal de bord des derniers jours de la campagne passés auprès de militants du Parti ouvrier.

« Quel dommage, tu as raté le meeting ! » C’est un peu le leitmotiv depuis mon arrivée. Il faut dire qu’un meeting de 33 000 personnes, organisé par une organisation trotskiste sur la symbolique Plaza de Mayo de Buenos Aires, ça n’arrive pas tous les jours. Le PO a réussi ce tour de force le 30 octobre dernier.

JEUDI 4 : Direction Llavallol, au sud de Buenos Aires, pour une « diff » devant l’usine de pneus Bridgestone. Les camarades de la « liste noire » du SUTNA, qui viennent de remporter les élections syndicales en « récupérant » la section des mains de la bureaucratie péroniste, sont là aussi avec un tract. L’accueil est bon.

SAMEDI 6 : Ma journée commence du côté de San Martín, au nord-ouest de Buenos Aires. Une activité de campagne bien classique a priori… si elle n’avait pas été quelque peu perturbée par les provocations physiques de militants du Frente de Todos.

Quelques altercations plus tard, nous filons vers José C Paz, à une trentaine de kilomètres plus au nord-ouest. Après un passage éclair sur une foire pour saluer le PTS qui tient un stand avec Nicolás del Caño, direction le centre-ville, où les militants locaux du PO et du Polo Obrero ont monté une petite scène au milieu d’une rue, et où 600 habitants sont déjà massés.

Retour à Buenos Aires, où la Marche des fiertés s’élance de la place de Mai avec 300 000 personnes. Dans le cortège du PO, les enceintes crachent en alternance de la musique à la mode et des slogans.

DIMANCHE 7 : Dans la Villa 20, l’un des principaux bidonvilles de Buenos Aires, on inaugure deux nouveaux locaux du Polo Obrero. Dans une ambiance joyeuse, un cortège d’une centaine d’habitants (en grande majorité des femmes) circule entre les deux nouveaux locaux, au rythme de la comparsa.

Ambiance moins populaire l’après-midi dans un parc du centre de Buenos Aires, où des journalistes « influenceuses » féministes ont convoqué une assemblée et font intervenir quelques figures des mobilisations féministes pour soutenir la campagne du FIT-U et la candidature de Myriam Bregman à Buenos Aires.

LUNDI 8 : Sous un soleil de plomb, plusieurs centaines de camarades du PO, du Polo, mais aussi du mouvement piquetero Teresa Rodríguez, du PSTU ou de IS sont massés devant le tribunal Comodoro Py, les yeux rivés vers un écran géant qui retransmet en direct le procès de César Arakaki et Daniel Ruiz. Lorsque la sentence tombe, une clameur monte : « A Ruiz y Arakaki los vamos a liberar con piquetes y la huelga general ! [1] »

MARDI 9 : c’est à San Fernando que se rendent aujourd’hui Romina del Plá et Néstor Pitrola, à l’usine de pneu Fate. Comme à Bridgestone quelques jours plus tôt, l’accueil est très bon et les marques de soutien sont nombreuses de la part des ouvriers. À Fate, le courant « classiste » a repris la direction du syndicat depuis bientôt quinze ans.

MERCREDI 10 : Devant le Congrès, ce soir, c’est le meeting de fin de campagne du FIT-U. Un meeting commun, pour clôturer une campagne où les activités communes entre les différentes composantes du FIT-U auront été finalement peu nombreuses.

JEUDI 11 : La journée du jeudi est encore l’occasion d’une multitude de « caravanes » et de meetings locaux comme à Merlo, La Matanza ou Moreno où une vingtaine de voitures, camions, escortés de quelques motos, parcourent les rues principales de la ville pour finir sur la place centrale de Moreno où il y a bien maintenant 400 personnes.

VENDREDI 12 : Au petit matin, militants et sympathisants organisent depuis chaque local de quartier un dernier collage d’affiches : la campagne doit se terminer à huit heures et il faut la mener jusqu’au bout !

SAMEDI 13 : Plus d’activités publiques. Il s’agit de réunir les sympathisants qui ont accepté de prêter main forte pour le contrôle des élections. Dans les bastions péronistes de la province de Buenos Aires notamment, il va falloir être attentifs pour garantir la présence des bulletins de vote dans les bureaux tout au long de la journée, mais aussi s’assurer que chaque vote pour le FIT-U sera bien comptabilisé.

DIMANCHE 14 : Après une longue journée à contrôler les élections, les militants de la capitale ont rendez-vous au « Bunker » du FIT-U, situé dans un hôtel du centre-ville. À l’intérieur, plusieurs équipes s’activent derrière leurs écrans d’ordinateur pour compiler les résultats que les fiscales font remonter des bureaux de vote, tandis que d’autres suivent les différentes chaînes de télévision qui pourraient commencer à livrer des résultats officiels. Les journalistes sont là, en nombre.

À l’extérieur, la foule des militants grossit peu à peu, entonnant des chants les uns après les autres. Deux ambiances, mais qui s’unissent dans un même chant quand les premiers résultats tombent : « Frente de izquierda / patrones a la mierda ! [2] ».

La version complète de cet article peut être lue sur notre site.


[1« On va libérer Ruiz et Arakaki par des piquets et la grève générale »

[2« Front de gauche / patrons allez vous faire foutre ! »

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Numéro 142, décembre 2021