Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Les articles du site

Trump est parti, Biden est de retour. Mais le retour à la « normale » n’est pas la solution

26 janvier 2021 Article Monde

Traduction de l’éditorial de Speak Out Now du 24 janvier 2021


Le 20 janvier, il était difficile de ne pas être inquiet. Trump allait-il vraiment partir ? Les manifestants de droite allaient-ils perturber l’investiture à Washington transformée en camp retranché par 25 000 gardes nationaux patrouillant et bouclant les bâtiments gouvernementaux ? Les militants de droite armés allaient-ils se porter devant les capitoles des États dans tout le pays ? Le départ de Trump a donc provoqué un grand soupir de soulagement.

Il y a de nombreuses bonnes raisons de se réjouir d’en avoir fini avec la haine et le chaos distillés par la présidence de Trump. D’en finir avec son racisme, ses attaques contre les immigrants, les femmes et les musulmans, avec son déni du changement climatique et son rejet de la science, son caractère odieux et ses mensonges, avec sa corruption et son soutien aux programmes d’enrichissement des 1% les plus riches, ses mesures contre l’emploi et l’environnement. Et, surtout, son refus de prendre des mesures indispensables pour protéger notre santé et nos vies face au Covid-19, son refus de fournir une aide aux pauvres et aux travailleurs touchés à la fois par l’épidémie et par une crise économique majeure.

Du coup, les démocrates ont eu leur jour de gloire. On a pu apprécier le contraste : les belles paroles de Biden, sa civilité, son empathie, la bonne musique, la valorisation des talents dans tout le pays, l’hommage aux travailleurs essentiels, aux personnes qui en ont aidé d’autres dans le besoin pendant la pandémie. L’élection de Kamala Harris, la première femme et première afro-américaine, d’origine asiatique, à devenir vice-présidente, semblait une réplique aux quatre dernières années d’intolérance trumpiste.

L’administration Biden a pris les choses en main : campagne de vaccination accélérée et mesures pour lutter contre la pandémie ; décret sur le changement climatique, l’immigration, le salaire minimum ; levée de l’interdiction de voyager imposée aux musulmans ; extension de l’aide contre la précarité alimentaire, allocations de chômage, allègement de la dette locative, de celle due aux prêts étudiants, et bien d’autres choses encore. Cela va dans le bon sens, mais reste très loin de ce dont nous avons besoin. Beaucoup ont déclaré avoir l’impression d’un retour « à la normale ». Du moins à ce que l’on a l’habitude de considérer comme « normal ». Cela a redonné de l’espoir. Certains ont fait la comparaison avec l’investiture d’Obama dont le programme avait suscité l’espoir après les années Bush.

Mais, même si cela semble bénéfique, en tout cas provisoirement, autant ne pas se bercer d’illusions en voyant une solution dans le retour des démocrates au pouvoir. En témoignent des décennies d’expériences, y compris la déception des huit années de la présidence Obama. Un président et son administration ne sont que l’outil d’un système qui valorise les profits avant tout. Les politiciens dépendent de ce système, lui sont redevables, pour faire respecter ses lois et garantir les profits des 1% les plus riches. Certes, il peut y avoir des différences de personne, comme entre Trump et Biden. Mais, en fin de compte, ce sont les patrons et les banquiers qui donnent le ton, pas ces politiciens. Non, un retour à la « normale » n’est pas une solution. La normalité, c’était déjà le problème ! C’est ce qui nous a menés là où nous en sommes.

Les changements ne passent pas par des élections. Ils surviennent lorsque les gens ordinaires s’organisent, se mobilisent et proclament clairement dans les rues qu’ils ne cèderont rien. Si Biden a prononcé son discours d’inauguration, puis s’est empressé de faire passer tous ces décrets, c’est grâce aux combats que nous avons menés contre le racisme et les préjugés, pour des mesures afin d’enrayer le changement climatique, pour la réforme de l’immigration, pour un salaire minimum, pour des soins de santé pour tous, pour les droits des femmes et des LGBTQ, et plus encore. Là est la clé des changements dont nous avons besoin, que nous voulons et méritons. Cela dépend de nos décisions, de notre détermination, de nos capacités et de notre rapidité à nous organiser pour la lutte – sans attendre. Dès maintenant. 

Mots-clés : | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article