Sécu et retraites sur la sellette : ripostons !
11 novembre 2002 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a commencé à évoquer la réforme des retraites, annoncée pour Juin 2003. Il a annoncé que les salariés devraient « cotiser plus longtemps ». Il s’en est pris aux préretraites. Ce serait une « catastrophe pour l’économie nationale ».
Mais la situation des travailleurs, ce n’est pas la catastrophe ? 9 % de la population active est aujourd’hui au chômage, en fait 3 millions de personnes. Et cela ne mesure pas la précarité, les CDD, l’intérim… qui est devenue la règle pour bien de salariés. Une situation qui pousse vers le bas les conditions de vie de tous, et d’abord les salaires.
Et les plans « sociaux » s’accumulent. Au cours des six premiers mois de 2002, 150 000 licenciements économiques ont été prononcés.
Alors, c’était prévisible, avec le chômage qui augmente, l’UNEDIC annonce un déficit. Pour le combler on ne discute pas de faire payer les licencieurs. Mais de pénaliser les chômeurs, en baissant les taux d’indemnisation.
Vouloir faire travailler plus longtemps les plus anciens alors que beaucoup de jeunes ou de moins jeunes sont au chômage, ou galèrent de petit boulot en mission d’intérim, c’est proprement scandaleux. Et lorsque des caisses de la Sécurité Sociale (de retraite ou de maladie) annoncent des déficits, c’est d’abord à cause de toutes les exonérations de charges dont bénéficient les patrons, au nom de prétendues « aides à l’emploi ». Et aussi, bien sûr, du fait du chômage qui prive ces caisses d’au moins 3 millions de cotisants.
Cette réforme de la retraite s’annonce comme un beau cadeau aux capitalistes de la part de l’Etat, car les patrons verseraient moins de charges. La démographie a bon dos !
Comme premier pas, le Parlement a voté la fin du « Congé de fin d’activité », qui permettait aux fonctionnaires qui avaient cotisé leurs 37 années et demi de prendre leur retraite à partir de 58 ans.
La Sécurité sociale est aussi dans la ligne de mire : un aperçu des projets a été donné par Jacques Barrot, président du groupe UMP de l’Assemblée et ancien ministre de la Santé. Il distingue les maladies graves des autres (les pas graves ? qu’on pourrait ne pas soigner ?). Pour avancer l’idée que la Sécurité sociale pourrait ne s’occuper que des premières, et pour les autres, on s’en réfèrerait à une assurance complémentaire. La médecine à deux vitesses, donc.
Face aux attaques contre les travailleurs, des réponses se font jour. Des travailleurs d’entreprises sous le coup de plans sociaux se défendent, avec raison, mais leur combat reste trop souvent isolé. Plusieurs journées de mobilisation sont prévues dans les prochains jours. Le 14 novembre, EDF-GDF sur la question des retraites. Le 22 novembre, les routiers qui demandent la généralisation dans la convention collective du treizième mois, pour compenser leurs maigres salaires. Le 26 novembre, ce sont les cheminots et d’autres travailleurs de l’Etat. Le 8 décembre, l’Education nationale. C’est donc encore une fois catégorie par catégorie que les travailleurs sont appelés à se mobiliser.
Le gouvernement et le patronat comptent sur la division. Pour les retraites, ils voudront encore opposer ceux du public qui doivent cotiser 37 ans et demi pour la retraite à ceux du privé pour qui c’est 40 ans. Pour les aligner tous à 40 ans, sinon plus. Il faudrait au contraire revendiquer le retour à 37 ans et demi pour tous, public ou privé. Réclamer les embauches nécessaires partout. Se battre pour une augmentation mensuelle des salaires d’au moins 300 €.
Bien sûr qu’il faut que les journées de mobilisation à venir soient des succès ! Mais ces journées séparées, secteur par secteur, ne doivent pas servir de prétexte pour les dirigeants syndicaux à refuser de préparer une véritable riposte du monde du travail.
A nous travailleurs de bousculer le jeu. Une riposte à la hauteur des attaques que nous subissons est possible. Tous ensemble !

