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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 37, janvier-février 2005

Editorial

Préparer la lutte pour 300 € pour tous

Mis en ligne le 16 janvier 2005 Convergences Politique

S’il est un sujet qui pourrait faire l’objet d’une mobilisation d’ensemble des travailleurs, c’est bien celui des salaires - et pas seulement pour une lutte défensive comme c’est le cas face aux attaques visant les services publics, les retraites ou la protection sociale.

De plus en plus d’ailleurs quand des travailleurs entrent en lutte, quel que soit l’objectif immédiat de celle-ci, les revendications salariales, qui avaient pu un temps être remisées au second plan, font surface par un biais ou un autre. C’est sans doute la prise de conscience que l’offensive des exploiteurs, bien que tous azimuts ou plutôt justement parce que tous azimuts, forme un tout. Nous ne la briserons pas sur un point en la laissant vaincre sur les autres. Nous n’imposerons pas l’interdiction des licenciements en laissant dégringoler nos salaires. Nous ne garantirons pas des retraites correctes en laissant les actifs réduits à la portion congrue.

Le 5 janvier dernier, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, déclarait à propos des salaires : « Nous voulons des revalorisations des grilles de rémunération au niveau des entreprises ou des branches professionnelles ». Mais pas un mot pour évoquer la nécessité d’une riposte d’ensemble. « Nous allons poser la question du niveau des salaires  » se contentait-il de dire. Mais comment ? En réclamant des négociations éclatées... pour les quitter avec une déclaration fracassante mais sans lendemain ?

De son côté François Chérèque le dirigeant de la CFDT, reconnaissait qu’« il y a effectivement un phénomène que les organisations syndicales ne peuvent négliger : la forte demande de pouvoir d’achat des salariés. Le mirage proposé par le gouvernement de travailler plus pour gagner plus peut séduire certains et cela complique notre tâche. Mais l’augmentation des salaires ne se négocie pas par le développement des heures sup ! ». Certes, mais aujourd’hui le patronat et le gouvernement ne sont tout simplement pas disposés à négocier quelque augmentation salariale que ce soit. La seule alternative au « travailler plus » des Chirac, Raffarin et Sarkozy serait d’imposer, collectivement, la revalorisation de tous les salaires.

Il ne suffira évidemment pas d’un claquement de doigts pour déclencher une grève générale. Mais des confédérations syndicales dignes de ce nom développeraient une propagande systématique, y compris à l’occasion de mobilisations partielles ou limitées, sur la nécessité d’une lutte d’ensemble.

Et cela supposerait au moins de ne pas diviser systématiquement les mobilisations sur des bases catégorielles ou sectorielles. Or, c’est précisément ce qu’elles ont fait de concert en ce début d’année : les chômeurs étaient appelés à une action le 5 janvier, les postiers le 18, les cheminots le 19, les fonctionnaires le 20, les salariés du commerce dans les prochaines semaines...

CGT, FO, CFTC, CFDT, qui appellent à manifester le 5 février, et auxquelles se sont déjà joints l’UNSA et les Sud, ont ajouté aux thèmes de cette journée d’action la question des salaires à la défense des 35 heures.

Mais tout comme il faudra aller au-delà d’une journée d’action - dont le seul intitulé dit déjà toute son imprécision quand aux formes de lutte proposées - il faudra aussi des objectifs précis, uniformes, unificateurs, rassembleurs de toutes les catégories de travailleurs pour le combat qui les concerne toutes.

Une augmentation de 300 € mensuels pour tous !

Défendre cet objectif, c’est préparer la nécessaire lutte d’ensemble et travailler à mettre en place le cadre qui lui permettra d’aller au-delà des limites fixées par les appareils politiques ou syndicaux.

15 janvier 2005

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