Politique catastrophe... Ca suffit !
8 septembre 2003 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Le gouvernement Raffarin multiplie les cadeaux de toutes sortes aux patrons et aux plus riches. Dernier en date : une réduction de l’impôt sur le revenu de 3 % qui, comme les précédentes du même genre, profitera essentiellement à la minorité des plus favorisés.
Pas de cadeau pour les travailleurs. Au contraire, Raffarin annonce la suppression d’un jour férié au prétexte de l’aide aux personnes âgées ! Le coup de la solidarité avait déjà été fait pendant des dizaines d’années avec la vignette automobile dont les vieux n’ont jamais vu la couleur. Face à l’hécatombe dont le bilan n’a pas fini de s’allonger, le gouvernement non content de vouloir masquer sa responsabilité, tente de culpabiliser la population et veut en profiter pour lui présenter l’addition. Tout témoigne pourtant qu’il se fiche parfaitement du sort des plus anciens. N’a-t-il pas réduit des aides sociales comme l’APA ? N’a-t-il pas mis en place la réforme Fillon qui aura pour effet d’abaisser considérablement le montant des retraites ?
En continuité avec la politique des précédents gouvernements, il a également contribué, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, à des restrictions de moyens, en personnel ou en lits, qui sont pour beaucoup dans le bilan catastrophique de la canicule. Tout le contraire d’une solidarité avec les personnes âgées ! Et le gouvernement se garde bien d’expliquer comment supprimer un jour férié profiterait aux anciens. Car les jours fériés sont aujourd’hui payés aux salariés comme les autres, et des cotisations sociales sont déjà prélevées dessus. Supprimer un jour férié, ce serait d’abord faire le cadeau d’une journée au patron. En plus, comme le disent ouvertement certains responsables politiques, un jour de travail supplémentaire serait une première remise en cause de la durée légale actuelle du travail, qui pourrait en préparer d’autres. A votre bon cœur !
L’offensive du gouvernement ne s’arrêtera pas là. Après le prétendu « sauvetage » des retraites, après la « solidarité » avec les personnes âgées, Raffarin s’intéresse à la Sécu. Il a certes repoussé la réforme à 2004. Mais sans attendre, après les déremboursements du printemps dernier, il vient de pénaliser 70 médicaments, soi disant pour promouvoir les génériques. La couleur est annoncée : ce sont les assurés sociaux qui sont mis sur la sellette, accusés de dépenser trop.
Le trou de la « Sécu » pourrait atteindre 10 milliards d’euros en 2003. Mais en supprimant les 16 milliards d’exonérations de cotisations sociales dont bénéficie le patronat - instaurées par Balladur, Aubry ou Fillon - le trou pourrait être mieux que bouché. Si une réforme s’impose, c’est bien celle-là !
Les cadeaux aux patrons et aux riches se font sous prétexte d’aider l’emploi. Mais le patronat, lui ne se gêne pas pour licencier : les plans sociaux se multiplient, que ce soit à Altadis, Yoplait, à la Comilog, à STMicroelectronics, à l’Alstom, chez Aventis au Sernam ou demain peut-être à Tati. La liste est trop longue pour être complète. Mais ce sont des dizaines de milliers d’emplois supprimés dans le seul cadre apparent des plans sociaux. Et le gouvernement laisse faire… quand ce n’est pas directement lui qui fait, comme à Giat-Industries où on annonce 3750 suppressions d’emplois.
Pas de doute, Chirac, Raffarin ne veulent rater aucune occasion de se montrer les champions de la pire politique anti-ouvrière de ces dernières années. Mais ils savent aussi que la colère peut gronder et ils peuvent être amenés à reculer. Ainsi parmi les mauvais coups de l’été, le gouvernement avait réduit les allocations logement pour les jeunes. Par crainte d’une révolte du milieu étudiant pouvant servir de mèche à de nouveaux mouvements de travailleurs, il vient de suspendre ces mesures.
Au printemps, de nombreux enseignants, cheminots, salariés du public ou du privé face à la réforme des retraites, lui avaient déjà mené la vie dure par des grèves et des manifestations, même si le mouvement ne l’a finalement pas fait reculer. Tout prouve, face à toutes les attaques contre les travailleurs, que d’autres batailles sont absolument nécessaires. L’objectif d’une riposte d’ensemble du monde du travail reste à l’ordre du jour.

