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Non aux attaques contre la Sécu !

Les mutuelles de santé ont annoncé une hausse de leurs tarifs, qui sera d’environ 10 % d’ici le printemps 2004. La raison en est simple. C’est la conséquence directe des mesures pour 2004 sur la sécurité sociale du gouvernement Raffarin. Entre autres, la hausse du forfait hospitalier à 13 euros, la baisse du taux de remboursement de certains médicaments de 65 à 35 %, ainsi que la limitation des remboursements à 100 % pour les opérations chirurgicales. Toutes ces dépenses non pris en compte par la sécurité sociale signifient un milliard d’euros de charges en plus pour les mutuelles, et donc une hausse des tarifs.

Quand à ceux qui n’ont pas de mutuelle, ils devront payer ces baisses de remboursements de leur poche. Parmi eux, des salariés précaires, des retraités, des chômeurs, qui souvent déjà restreignent leurs soins. Et qui devront se limiter encore plus.

Ces mesures sur la sécurité sociale sont justifiées par le « trou » de l’assurance maladie. Le déficit de la sécurité sociale serait « abyssal », nous disent les médias et le gouvernement. Il serait responsable du fait que le déficit public dépasse les critères européens. Cette campagne n’est pourtant qu’un mensonge. La Sécu aurait un déficit d’environ 9 milliards d’euros en 2003. L’Etat, qui a un budget équivalent à celui de la sécurité sociale, a un déficit de 55 milliards d’euros, 6 fois plus « abyssal ». Ceux qui discourent du trou de la sécurité sociale ne s’en alarment pourtant absolument pas. Quand il s’agit de dépenses utiles à la population, comme les dépenses de santé, comme les retraites, comme les allocations chômage, il faudrait restreindre. Par contre, le gouvernement peut faire des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises.

Le trou de la sécu a d’abord pour cause toutes les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les patrons sous des prétextes divers : 19 milliards d’euros environ. S’ils les reversaient à la Sécu, celle-ci serait tout de suite excédentaire ! Par ces exonérations, et par la baisse des cotisations, c’est un véritable désengagement des patrons du financement de la sécurité sociale qui s’est produit : de 55 % en 1981, la part patronale dans les recettes de la sécu est passé à 29 % aujourd’hui. Mais les patrons voudraient payer encore moins.

Pointer le déficit de la sécu est une propagande pour faire passer une importante « réforme » de l’assurance-maladie programmée pour 2004. Sa préparation est lancée : la semaine dernière, Raffarin a institué un Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie. A cette occasion, le premier ministre a déjà annoncé la couleur. Il s’agirait de réduire encore la part des dépenses de santé remboursée par la sécurité sociale, et d’introduire les assurances privées dans le remboursement des soins. En distinguant les soins qui seraient pris en charge par la sécu de ceux qui ne le seraient pas, ce qui est grave de ce qui ne le serait pas. Raffarin a ainsi pris un exemple : « Faut-il couvrir dans les mêmes conditions une fracture du bras causée par une chute dans la rue ou par un accident de ski ? ». Il a poursuivi en pourfendant la soi-disant « gratuité » de la sécu, et en évoquant les «  besoins essentiels et d’autres plus subjectifs ». Il s’agit donc d’aller encore plus loin dans la ligne de la politique actuelle. Et la hausse des prix des mutuelles annonce bien ce que seraient les conséquences d’une telle réforme, en pire encore. C’est-à-dire davantage à payer pour les salariés, avec une hausse des assurances complémentaires. Et un encore moindre accès aux soins pour ceux qui ne pourraient pas se payer une assurance convenable.

Face à ces nouveaux coups du gouvernement, une riposte des travailleurs s’impose. Pour arrêter les attaques contre la sécurité sociale, il faut faire payer les patrons !

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