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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 22, juillet-août 2002 > DOSSIER : Actualité du trotskisme

DOSSIER : Actualité du trotskisme

Mondialisation et internationalisme

Mis en ligne le 9 juillet 2002 Convergences Politique

« Le marxisme procède de l’économie mondiale considérée non comme la simple addition de ses unités nationales, mais comme une puissante réalité indépendante créée par la division internationale du travail et par le marché mondial, qui à notre époque domine tous les marchés nationaux. Les forces productives de la société capitaliste ont depuis longtemps dépassé les frontières nationales ». Ces phrases écrites par Trotski en 1929 dans la Révolution permanente n’étaient qu’un simple rappel des bases du marxisme.

L’ironie de l’histoire a voulu qu’elles deviennent en quelque sorte le manifeste de naissance du « trotskisme ». A l’origine lancé comme une insulte par Staline, ce qualificatif devenait celui du seul courant politique capable de défendre à contre-courant de tous les chauvinismes l’idée que la construction du socialisme ne peut se faire qu’à l’échelle mondiale. La fondation de la IVe Internationale en 1938 n’était qu’un drapeau planté à la veille de la barbarie de la seconde guerre mondiale. La survie des véritables idées communistes et internationalistes était pourtant en jeu. Le mérite en revient au courant trotskiste, si petit et si divisé soit-il, dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Socialisme dans un seul pays…

En 1917, Lénine et les bolcheviks voyaient dans la révolution russe la première étape de la révolution mondiale. La fondation de la IIIe Internationale en 1919 fut la traduction de cette perspective internationaliste inhérente au marxisme. La Russie était un des pays les plus arriérés de la planète, il était vital que l’Allemagne, au moins, un des pays les plus industrialisés et les plus avancés techniquement, bascule rapidement à son tour dans la révolution. La prise en main des moyens de production d’un tel pays, par une classe ouvrière nombreuse et organisée, était la condition sine qua non pour que le reste du monde puisse accéder rapidement à un stade supérieur de développement économique, et ainsi rendre possible le socialisme.

Mais après le reflux de la vague révolutionnaire de l’immédiat après-guerre et l’échec de la révolution allemande, l’isolement de l’URSS eut pour conséquence la confiscation du pouvoir par la bureaucratie. En défendant la possibilité de construire le « socialisme dans un seul pays » Staline se faisait le porte-parole de cette couche sociale parasite qui tirait ses privilèges de l’existence d’un Etat ouvrier au sein d’un monde resté capitaliste. En même temps cette même bureaucratie allait faire servir la puissance de cet Etat à enrayer tout développement de la révolution et contribuait ainsi au maintien et au développement du capitalisme dans le monde (la bourgeoisie, elle, ne s’étant jamais embarrassée de construire « le capitalisme dans un seul pays »).

Mondialisation capitaliste !

Finalement, c’est donc l’évolution même du capitalisme qui confirme aujourd’hui la justesse des idées marxistes et trotskistes.

Ce que l’on rassemble sous le terme « mondialisation », c’est-à-dire l’internationalisation croissante des échanges, le développement des firmes multinationales, la concentration du capital, et l’autonomie accrue du capital financier a entraîné une augmentation des richesses en même temps qu’elle accroissait les inégalités entre les possédants et les exploités et entre les pays riches et les pays pauvres.

Du coup l’idée que les méfaits du capitalisme doivent être combattus à l’échelle internationale a repris vie. Elle a trouvé son expression politique dans le mouvement « anti-mondialisation » qui s’est développé depuis quelques années dont les gigantesques manifestations lors des sommets du G7 (Gênes), de l’Union Européenne (Barcelone) ou des négociations de l’OMC (Seattle) ont montré la force. Le slogan fédérateur du mouvement, « un autre monde est possible » comme le fait que les luttes des paysans sans-terre du Brésil ou des Indiens du Chiapas aient autant d’échos parmi une fraction de la jeunesse des pays impérialistes sont révélateurs d’une prise de conscience de la nocivité des décisions prises dans le secret par une poignée de chefs d’Etats, de banquiers et de dirigeants de firmes multinationales et de leurs répercussions sur la vie de milliards d’individus.

Internationale sans internationalistes ?

A l’heure actuelle, les « anti-mondialistes » représentent un courant politique existant à l’échelle internationale, se donnant des objectifs de lutte contre les méfaits du capitalisme à cette même échelle. Il n’est pourtant en rien une nouvelle « internationale »… et pas seulement parce qu’il ne se situe pas sur le terrain du marxisme.

C’est franchement visible lorsqu’il préconise des mesures protectionnistes, au nom de certaines « spécificités nationales »… qui reviennent à défendre le maintien des frontières et donc les intérêts d’une bourgeoisie contre une autre. De même demander le « contrôle citoyen » sur des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, responsables de l’aggravation de la misère dans les pays les plus pauvres, la taxation des capitaux ou encore la suppression des paradis fiscaux, de plus sans poser le problème de qui pourrait imposer ces mesures, est au mieux utopique et au pire annoncer d’avance qu’on se résigne à cette misère pour peu de voir quelques petites réformes. Il est significatif que l’expérience de « budget participatif » menée par la municipalité de Porto Alegre gérée par le Parti des travailleurs brésilien soit devenue un des symboles des « anti-mondialistes » et donnée par eux en exemple dans le monde entier comme si leur seule perspective était le partage de la misère ! Quel changement en effet : dans une ville d’une des régions les plus pauvres de la planète, dominée par le marché capitaliste, la population peut donner un avis consultatif sur l’attribution de 10 à 20 % des subventions municipales !

On est loin d’une révolution mondiale qui permettrait de bâtir une autre organisation sociale, dont les bases matérielles existent d’ores et déjà grâce à la mondialisation justement ! Un autre monde est possible, oui. Mais il suppose d’abolir l’exploitation, de mettre en commun les richesses, de donner à tous un travail, de supprimer la propriété privée, autrement dit de renverser le capitalisme. Et pour ce faire d’organiser la force qui peut remplir cette tâche. Et quelle peut-elle être hormis le prolétariat, cette classe existant à l’échelle du monde, sans attache ni intérêt dans cette société capitaliste planétaire ?

Marie DARWEN

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Réactions à cet article

  • juste.nous vivons une situation de vacance.depuis la chte des régimes qui se faisaient passer ignominieusement pour communistes la situation se décante elle-même,Désormais ,plus personne ne se RECLAME DU COMMUNISME ! Comme le terrain est libre il esr occupé par des réformistes qui luttent contre les méfaits du capitalisme.Les antimondialistes.On en a vu d’autres.Ce courant n’est même pas au niveau de ceux de mai juin 68/69.Il est en-deça.

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