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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 22, juillet-août 2002

Belgique : Des travailleurs acquittés par la justice et condamnés par les syndicats

Mis en ligne le 9 juillet 2002 Convergences Monde

En 1997, à Clabecq, (petite ville au sud de Bruxelles), la direction de l’entreprise sidérurgique des Forges de Clabecq, décidait la fermeture de l’usine. La délégation syndicale FGTB de l’usine (l’un des deux grands syndicats belges) en appela aux travailleurs de l’usine mais aussi ceux du pays. Le 2 février 1997, 70 000 travailleurs venus de toute la Belgique, se rassemblèrent dans la cour de l’usine pour une marche pour l’emploi.

Cette politique de mobilisation générale ne fut pas du goût des sommets du syndicat FGTB. Ce fut la guerre entre l’appareil syndical et la délégation syndicale de l’entreprise. Et six délégués des Forges furent exclus de la FGTB.

Mais la guerre, c’est aussi le patronat qui la mena, bien décidé à faire payer la peur qu’il eut devant les manifestations ouvrières. Treize travailleurs des Forges, dont les deux leaders syndicaux Roberto d’Orazio et Silvio Mara, furent traînés devant les tribunaux. Ils furent accusés de vol de camionnettes et de coups et blessures, ceci en vertu d’un article du code pénal datant de 1886 ! De tribunaux en tribunaux, il y a eu trois ans de procès... et 51 audiences.

Ni maintenant ni jamais

Ce procès vient de se terminer. Sur les treize inculpés, 9 d’entre eux sont acquittés et 4 autres ont obtenu une suspension du prononcé, c’est-à-dire que pour les faits qui leur sont reprochés aucune peine n’est prononcée. Comme l’a dit Silvio Mara, à la sortie du tribunal : « La montagne de merde a accouché d’une souris ».

C’est donc une victoire pour les treize travailleurs et pour ceux qui les ont soutenus jusqu’au bout. Le dernier jour du procès, à Bruxelles, un petit millier de travailleurs étaient encore présents au Palais de Justice et scandaient : « acquittez nos délégués, acquittez nos délégués ».

La Justice a acquitté les militants syndicalistes. Mais la FGTB, elle, continue à les condamner. Le journal de la FGTB Syndicats dans un article intitulé « Pourquoi il ne peut être question de réintégrer les 6 de Clabecq » affirme : « NI MAINTENANT, NI JAMAIS ». Voilà qui a le mérite d’être une réponse claire aux demandes de réintégrations des 6 exclus. Mais cela juge aussi et surtout la FGTB !

Quel avenir pour les exclus ?

Quelles perspectives aujourd’hui pour ces militants qui, exclus de la FGTB, ont créé le MRS (Mouvement pour un renouveau syndical au sein de la FGTB et de la CSC, l’autre grand syndicat du pays) ? Quel avenir pour d’Orazio qui s’était présenté aux élections européennes de 1999 avec sa propre liste « Debout » et obtenu 4,8 % et 4 % dans les villes ouvrières de La Louvière et Charleroi ?

La réponse dépend, en partie au moins, d’eux et de leur volonté de donner une perspective aux travailleurs qui rompe complètement avec la politique des bureaucraties syndicales vautrées dans la collaboration avec le patronat. Ils auraient s’ils le voulaient quelques atouts, car ils sont pour les travailleurs combatifs le symbole d’une lutte acharnée contre les licenciements (problème qui demeure entier en Belgique comme en France) et maintenant aussi la preuve qu’on peut gagner son combat contre l’injustice.

H.L.

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