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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 87, mai 2013 > DOSSIER : Le symptôme Cahuzac

DOSSIER : Le symptôme Cahuzac

Le symptôme Cahuzac

Mis en ligne le 30 avril 2013 Convergences Politique

« J’avais une part d’ombre et cette part d’ombre est aujourd’hui en pleine lumière. »

Ils doivent bien se marrer les vrais bourgeois, s’ils ont pris le temps de regarder la longue confession de Jérôme Cahuzac. Devoir s’excuser d’un air contrit pendant près d’une demi-heure devant des millions de téléspectateurs pour 600 000 euros placés en Suisse !

Cahuzac, fils d’un ingénieur et d’une prof, n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour accéder au saint des saints de la haute société. Alors que son petit frère est président du directoire de HSBC Private Bank France, lui doit à son mariage avec une dermatologue mieux introduite de sortir de la grande misère de l’hôpital public et de fonder une clinique d’implants capillaires.

Et de se mettre à la colle avec une bande de pieds nickelés, anciens du GUD [1], qui lui ouvrent un compte en Suisse – non pas que ses affaires lui aient tant rapporté, mais c’est de bon ton pour être accepté dans certains cercles.

Ensuite ? La descente aux enfers. Alors qu’il vend aux grands patrons de l’industrie pharmaceutique le carnet d’adresses constitué lors de son passage au ministère de la Santé, ces derniers le rémunèrent en pourboires. Le voilà contraint de mener campagne en province pour devenir député.

Et au moment où, devenu ministre du budget, il pense être enfin parvenu... tout s’écroule !

« Faut pas jouer aux riches, quand on n’a pas le sou » disait Brel. Faut pas jouer au grand bourgeois quand on est un sous-fifre. Faut pas accepter de devenir ministre du budget quand on a un compte en Suisse, explique le socialiste Jean Glavany.

Car le boulot des élus de cette république bourgeoise n’est pas de diriger. C’est de maintenir l’illusion qu’ils dirigent, alors qu’ils ne font que mettre en musique une politique qui leur est dictée par le patronat, par la grande bourgeoisie, les vrais riches, ceux à qui Cahuzac voulait trop ostensiblement ressembler.

Il suffit de voir avec quel aplomb Robert Peugeot a menti pendant plus d’un an en prétendant ne pas vouloir fermer l’usine d’Aulnay pour comprendre qui sont les puissants de cette société. Peu de journalistes, et encore moins d’hommes politiques pour le lui reprocher. Bien au contraire, le gouvernement l’appuie en garantissant sept milliards d’euros à sa branche financière.

C’est cette « part d’ombre » sur laquelle l’affaire Cahuzac et les révélations d’Offshore leaks sur les paradis fiscaux jettent une lumière crue. Les hauts cris que poussent tous les politiciens contre le mensonge de l’ancien ministre, contre ses supérieurs qui l’auraient couvert ou contre les institutions qui l’auraient légitimé ne visent qu’à maintenir l’illusion démocratique.

Alors « moraliser » la république bourgeoise ? Changer son numéro ? Non, la renverser pour mettre fin à la dictature du capital qu’elle a bien du mal à masquer.

19 avril 2013


[1Jeunesse dorée et autres fils à papa d’extrême droite.

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