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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 87, mai 2013

En Espagne, discrédit de la classe politique et mobilisations sociales

Mis en ligne le 30 avril 2013 Convergences Monde

Pas un jour sans un nouveau développement des nombreuses affaires qui se développent en Espagne. Petit florilège des plus importantes :

  •  Luis Bárcenas était trésorier du PP (Parti Populaire, le parti de droite au pouvoir) jusqu’en 2009. Le journal El País a publié des documents, les « papiers de Bárcenas » en fait la comptabilité des caisses noires du parti. On y voit notamment en détail le versement de milliers d’euros à des hauts dirigeants du PP, dont Mariano Rajoy, l’actuel Premier ministre, qui aurait touché 22 500 € annuels. Bárcenas a reconnu devant un juge détenir des comptes en Suisse... pour 38 millions d’euros.
  •  L’affaire Nóos touche la famille royale. Visé, le gendre du roi, Iñaki Urdangarin, ancien handballeur international, qui dirigeait cette fondation qui facturait à prix d’or des prestations de communication quasi inexistantes à des régions. D’où une enquête sur des détournements de fonds publics. Le dernier développement : l’inculpation de Cristina, la fille du roi elle-même, également membre du conseil de direction de Nóos.
  • L’affaire « Pokemon » en Galice, l’affaire ITV et celle des espionnages politiques en Catalogne, l’affaire de la caisse d’épargne de Navarre, et bien d’autres.

Des mobilisations qui continuent

Tout ceci provoque l’écœurement et l’indignation dans la population. La classe politique est très largement discréditée. Dans les sondages, les deux grands partis, PP et PSOE (le PS espagnol) s’effondrent. L’idée que des enveloppes de liquide avec des milliers d’euros ont été régulièrement versées aux dirigeants du PP a vite fait mouche. Dans les importantes manifestations du 23 février dernier, on a entendu le slogan : « Vos enveloppes, nos coupes budgétaires ». Ces manifestations réunissaient différentes mobilisations : la « marée blanche » des hospitaliers pour la défense de la santé publique, la « marée verte » des enseignants pour l’éducation, celle des salariés du public, mais aussi les mineurs, les pompiers, les « Stop expulsions », le collectif des épargnants escroqués par les banques, etc.

Ce même 23 février, se finalisait le congrès de la confédération syndicale Commissions ouvrières. Ce congrès comptait avec la présence, comme invités, de la ministre du Travail et du président de la CEOE (l’équivalent du Medef)... Le discours de ce dernier a été juste légèrement chahuté par une partie des délégués. Des invitations qui en disent long sur la politique, dont elle n’a pas l’exclusivité, de cette confédération.

La lutte contre les expulsions

Le mouvement « Stop expulsions » est des plus actifs. Il y aurait plusieurs centaines d’expulsions par jour. La législation actuelle sur les expulsions est si favorable aux banquiers qu’elle a été condamnée par la justice européenne en mars 2013 ! Elle a même été mise en cause publiquement par des juges. Certains ont d’ailleurs trouvé des astuces juridiques pour contourner la loi. Des serruriers et des pompiers ont refusé de prêter leur concours aux expulsions. Plusieurs suicides de personnes menacées d’expulsions ont frappé la population.

La plateforme « Stop expulsions » a, dans le cadre d’une « initiative législative populaire » signée par 1,4 million de personnes, proposé un texte de loi anti- expulsions au vote du Parlement. Le PP a d’abord accepté la prise en compte de ce projet. La porte-parole du mouvement contre les expulsions, Ada Colau, a pu le défendre devant les députés. Mais, ensuite, les parlementaires du PP ont complètement vidé le projet de son contenu.

C’est pourquoi « Stop expulsions » a commencé à interpeller directement les responsables gouvernementaux et les députés du PP. Ils organisent des rassemblements à proximité de leurs domiciles ou permanences pour pointer ces responsables qui auraient pu adopter une loi anti-expulsions, mais ne le veulent pas : « ¡ Sí se puede, pero no quieren ! » (Oui, c’est possible, mais ils ne veulent pas !).

Alors là, indignation de la droite. On crie au harcèlement, à l’agression contre les logements et les familles des députés, à une atteinte contre la démocratie, etc. Et comme cela ne suffit pas, on dénonce une prétendue proximité de « Stop expulsions » avec l’ETA et ses méthodes ! Plus fort encore, María Dolores de Cospedal, secrétaire générale du PP, a dénoncé du « pur nazisme », rien que ça...

Ces ministres et députés veulent pouvoir multiplier tranquillement les mauvais coups contre les travailleurs, sans qu’on ne vienne les déranger. Mais ces politiciens bourgeois n’ont là qu’un petit aperçu de ce que pourrait être la colère populaire.

20 avril 2013, Michel CHARVET

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