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Le coronavirus au dépôt RATP de Flandre à Pantin

Après plus de deux mois de grève, les salariés du dépôt de bus de Flandre subissent les conséquences de la mauvaise gestion de la société par le capitalisme français et donc une impréparation délirante face à la pandémie qui s’est répandue dans le monde.

La direction du dépôt est comme le gouvernement, c’est à dire qu’elle accumule retards, hésitations et impréparation préjudiciables aux salariés, qu’ils soient machinistes ou mainteneurs.

Cela fait plusieurs semaines qu’on lui répète qu’il faut prendre des mesures sanitaires liées au poste de conduite, à la vente de tickets, à la désinfection des bus comme du dépôt lui-même, mais les mesures, quand elles ont été prises, l’ont été avec un retard conséquent et des moyens ridicules. Par contre, les cadres se sont réfugiés dans le télé travail et ne voient pas les conséquences graves pratiques, car ils sont réfugiés derrière des smartphones et des ordinateurs et gèrent tout dans l’abstrait.

Même après l’interview que Djebbari a donnée à la télévision le 17 mars dernier, où il annonçait un décret par lequel il allait demander la réduction des cadences de circulation, l’entrée par la porte arrière des bus, de laisser une rangée libre derrière le machiniste pour lui garantir un espace de sécurité sanitaire, la mise à disposition aux machinistes de kits de nettoyage, la désinfection au moins une fois par jour des bus, tout cela est resté longtemps lettre morte à Flandre et ailleurs, ou a été mis en place dans des conditions ridicules.

Il a fallu brandir le droit de retrait des mainteneurs pour qu’un minimum soit fait : quelques ouvriers d’une entreprise extérieure nettoient les poignées et les barres d’appui verticales avec des moyens dérisoires, mais ne les désinfectent pas vraiment. Il y en a actuellement 180 à nettoyer compte tenu des rotations ! La vente des tickets par les machinistes ne s’est arrêtée que le 19 mars, également sous leur pression. La mise en place de rubalise aujourd’hui par une machiniste, ainsi que de l’indication de monter par la porte arrière a poussé la direction, qui subissait aussi la pression de l’inspection du travail, à généraliser cette mesure à partir du 23 mars. Les masques, par contre, ne sont toujours pas proposés, alors qu’au dépôt d’Aubervilliers il y a trois cas de coronavirus avérés, dont un grave ! La maîtrise, qui était là nombreuse et tôt le matin les jours de grève pour protéger le dépôt, a brusquement disparu, et ne contrôle pas les conditions sanitaires indispensables dans cette période, et encore moins l’action de l’entreprise prestataire qui « désinfecte » les bus. Djebbari parlait de retrait d’agrément pour l’exploitation de lignes si les mesures demandées n’étaient pas appliquées. C’étaient là des propos pour nous tromper, n’en doutons pas.

Le pouvoir et la direction jouent un double jeu : l’un fait semblant de prendre des mesures, l’autre de les mettre en application. Pour eux, ce qui compte, c’est ce que cela leur coûte le moins possible ; ils désespèrent des profits qui leur échappent. La santé des salariés leur est assez indifférente. Ce qui est important pour eux, c’est que le capitalisme français puisse redémarrer rapidement à la sortie de la crise sanitaire et se positionner avantageusement par rapport à ses concurrents pour gagner des parts de marché.

Nous allons leur montrer qu’ils sont mal partis pour y arriver en nous traitant de la sorte ! Déjà en Chine les mouvements sociaux recommencent doucement, on agira de même. On est capable de mieux faire fonctionner la société pour nos besoins qu’ils ne le font.

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