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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 38, mars-avril 2005 > DOSSIER : Amérique du Sud : une nouvelle gauche… contre les travailleurs

DOSSIER : Amérique du Sud : une nouvelle gauche… contre les travailleurs

La grande braderie des années 1990

Mis en ligne le 7 mars 2005 Convergences Monde

Les recettes imposées à l’Amérique Latine au nom de la dette ont été une aubaine pour les investisseurs nord-américains et européens. Le petit tableau du montant des privatisations effectuées dans les trois plus grands pays est parlant.

Valeur des privatisations (en millions de dollars)Source : CEPAL

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 TOTAL
Argentine 2139 1896 5312 4589 1441 1340 1033 969 598 4082 309 23708
Brésil 1564 2451 2621 1972 910 3752 17400 36600 4440 12260 83970
Mexique 3580 10716 6799 2507 771 84 581 360 4298 29696
TOTAL pour toute l’Amérique Latine 5876 16702 14886 10179 8529 4281 12541 24668 42291 12374 18464 170791

Près de la moitié des investissements étrangers au cours de ces dix années ont été des acquisitions d’entreprises existantes, essentiellement des entreprises d’État. Les deux grandes vagues de privatisations ont eu lieu dans les années 1991-1992, au Mexique d’abord, puis en Argentine. La seconde en 1997-1998 concerna encore l’Argentine et surtout le Brésil, là où le montant total des entreprises privatisées à été le plus considérable. Ce fut notamment au Brésil la vente de Telebras, opérateur de téléphonie. Un succès pour le Brésil avait titré la presse : les ventes aux enchères de la firme, le mercredi 29 juillet 1998 à la bourse de Rio de Janeiro, auraient rapporté 19 milliards de dollars aux caisses de l’État. Les plus heureux étaient les acheteurs, dont le principal, la compagnie espagnole Telefonica. Si heureux qu’ils semblent avoir remercié leurs bienfaiteurs : quelques mois plus tard, un scandale défrayait la chronique : le président du Brésil Cardoso avec l’ancien président Collor et quelques autres auraient touché sur un compte au Bahamas la rémunération de leurs interventions en faveur des principaux bénéficiaires de cette fameuse vente aux enchères. France Télécom pour sa part s’est mis sous la dent, en partage avec l’espagnole Telefonica, les téléphones argentins. L’eau revenait entre autres à Vivendi, les lignes d’autobus à tant de petites PME sous contrôle étranger que leurs tarifs ont explosé. Sur les 500 premières entreprises latino-américaines et caraïbéennes, 149 étaient étrangères au début des années 1990, 231 à la fin de la décennie. Le nombre des entreprises publiques, parmi ces 500 grosses, était en revanche passé de 87 à 38 sur la même période.

Julien Forgeat

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