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Jean-Michel Blanquer, un ami qui vous veut du bien…

30 mars 2020 Article Politique

Une précipitation et une impréparation totales !

Depuis le lundi 16 mars, toutes les écoles, collèges et lycées ont fermé leurs portes aux élèves, à l’exception des enfants de soignants, pour faire face à l’épidémie de Covid-19.

Cette situation complètement inédite n’avait absolument pas été anticipée par le ministre qui, le jeudi 12 mars, jour de l’annonce de la fermeture par Macron (sans en prévenir Blanquer jusqu’au dernier moment !) se répandait dans les médias sur le mode de « nous n’allons pas fermer les écoles », « l’exemple de l’Italie n’est pas à suivre », etc.

Si Blanquer avait été plus préoccupé du sort des agents de l’Éducation nationale que de sa communication, toujours fracassante et mensongère, il aurait préparé cette fermeture depuis une semaine.

Mais non et, le vendredi 13, les élèves et les enseignants ont dû aller travailler alors qu’il était établi que ce n’était plus souhaitable ! Ils ont été réunis, en grand nombre, les uns sur les autres, dans de nombreux établissements afin d’échanger sur la suite !

Cela a continué de la même façon : pas d’anticipation, pas de préparation pour les enseignants sur ce qu’il convenait de faire et sur la façon de maintenir un lien avec leurs élèves… Au contraire, pressions, injonctions se sont multipliées durant le week-end pour que les enseignants viennent dans les établissements le lundi 16… Blanquer allant jusqu’à dire que la moitié d’entre eux assureraient une permanence (de quoi ?) dans les établissements ! La menace de l’épidémie disparaissant comme par magie !

Une fois de plus, il a été contredit par ses chefs puisqu’Édouard Philippe a sifflé la fin de la récré le samedi soir en annonçant la fermeture des bars, restaurants, cinémas, etc.

Il était alors logique et prudent de ne pas faire se déplacer les personnels (car surveillants et agents avaient été aussi sollicités, pour ne pas dire sommés, d’être présents le lundi !) et les directions ont rétropédalé.

C’est sur le terrain de la pédagogie et du suivi des élèves que la pression s’est déplacée.

En effet, Blanquer ayant claironné « Nous sommes prêts » pour l’éducation à distance, pour la Nation apprenante et proclamé la mise en place d’une « continuité pédagogique », qui permettrait de « continuer à élever le niveau des élèves », toute la chaine hiérarchique s’est mise en branle pour que, dès le lundi, tout le monde soit sur le pont, à distance ! Certains chefs zélés demandant que les collègues suivent leur emploi du temps ordinaire…

Bien sûr, le fiasco a été total !

Tous les serveurs professionnels (les ENT, espaces numériques de travail) étaient saturés dès le lundi matin et ne fonctionnaient pas, de même que Pronote, logiciel (privé !) utilisé par l’Éducation nationale comme messagerie, cahier de textes, etc.

Le Cned, avec sa « classe à la maison » tant vantée par Blanquer, était également inaccessible. Et, encore une fois, l’administration a fait pression sur les enseignants pour qu’ils trouvent eux-mêmes les solutions aux conséquences de l’impréparation du ministère. Les mails des directions se sont alors multipliés, appelant à mutualiser les pratiques numériques, enjoignant aux professeurs principaux de coordonner les équipes pédagogiques et les élèves pour établir des moyens de communication et des emplois du temps de travail, demandant d’assurer le flicage des élèves absents lors des cours virtuels… Faute de « continuité pédagogique », c’est surtout à la « maintenance informatique » que les enseignants se sont rôdés, pour leurs élèves ou leurs collègues !

Nombre d’enseignants se sont alors précipités vers des solutions bricolées telles que groupes WhatsApp, mais aussi Discord (une plate-forme de jeu !) ou Instagram… Bref des réponses illégales puisque les enseignants sont soumis dans leurs échanges avec les élèves à la RGPD (protection des données personnelles) qui les encadre strictement !

Et, surtout, le travail est tombé en rafales sur les malheureux élèves qui n’en demandaient pas tant !

À la fin de la première semaine, nombre d’enseignants étaient au bord du burnout tant les difficultés techniques, les réponses aux questions des élèves, mais aussi les problèmes de fond les avaient absorbés et submergés !

Les élèves quant à eux, du moins ceux qui ont essayé de faire tout ce qui leur était demandé (quand ils en ont les moyens techniques, ce qui n’est pas le cas de tous), se sentent débordés, sous pression… et regrettent la classe !

Du coup, certains chefs d’établissements et inspecteurs ont multiplié les messages disant qu’il fallait « déconnecter », ne pas surcharger les élèves…

Liliane Lafargue

(Vu sur les réseaux sociaux)

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