Halte au massacre à Gaza
12 janvier 2009 Éditorial des bulletins L’Étincelle
En deux semaines, l’offensive israélienne sur Gaza a déjà fait plus de 850 morts palestiniens, dont 270 enfants. Une guerre ? Plutôt un massacre. Les dirigeants d’Israël affirment que leurs bombes ne ciblent pas le peuple palestinien, mais seulement le Hamas, ce parti islamiste qui exerce certes une dictature mais a gagné les élections législatives de 2006 parce que la population palestinienne est poussée dans ses bras par les compromissions des dirigeants de l’OLP.
En visant des écoles, des marchés, des mosquées, l’armée israélienne ne se donne même pas la peine d’entretenir l’illusion. Cette guerre contre un peuple soulève l’indignation de milliers de manifestants de par le monde, qui ont exprimé leur solidarité. La révolte des Palestiniens est légitime. Il s’agit bien d’un nouveau massacre pour pousser toujours davantage dehors la population d’une Palestine que l’Etat sioniste d’Israël s’applique depuis 60 ans à vider de ses habitants par des moyens sanglants.
L’attaque de l’armée israélienne contre la bande de Gaza est un nouvel épisode de cette guerre. Les premiers camps de réfugiés de Gaza datent de 1948, rassemblant dans cette petite zone alors sous contrôle égyptien une partie des Palestiniens expulsés de leurs villages par les groupes paramilitaires sionistes. Avec la guerre des six jours, en 1967, la bande de Gaza ainsi que la Cisjordanie ont été occupées par Israël. Après bien d’autres guerres (notamment celle de 1973) et raids militaires israéliens, les accords de 1993, signés sous la houlette des USA, entre l’OLP (organisation de résistance palestinienne laïque de Yasser Arafat) et Israël, n’ont en rien apporté la paix annoncée. Les territoires, Gaza et Cisjordanie, confiés à une Autorité palestinienne (même pas un Etat indépendant reconnu), ne sont que des ghettos de misère, des prisons géantes qu’Israël a continué à grignoter en y multipliant ses colonies. Certes, l’Etat d’Israël a fait démanteler en 2005 ses implantations de colons à Gaza, région la plus pauvre, mais pour mieux accélérer les implantations dans les deux autres territoires sous Autorité palestinienne, Cisjordanie et Jérusalem-Est. Rien d’étonnant qu’après des décennies d’occupation, vexations, humiliations et guerres, le Hamas ait pu remporter l’assentiment populaire et les élections en 2006, se présentant comme le champion de la lutte des Palestiniens trahie par le Fatah et l’OLP qui laissent faire l’occupant. Ironie de l’histoire, dans les années 1970, c’est l’occupant israélien qui avait favorisé les courants islamistes, dont est issu le Hamas, pour contrer l’essor et l’influence du principal parti de la résistance palestinienne, l’OLP.
De cette guerre permanente contre le peuple palestinien, la population israélienne elle-même est l’otage. Car elle vit dans la peur des attentats et subit elle aussi l’état de guerre permanent. Plusieurs milliers de réservistes viennent encore d’être appelés pour tuer, mais aussi risquer leur peau à Gaza.
Les dirigeants israéliens sont encouragés dans leur politique colonialiste par les gouvernements des Etats-Unis et des grandes puissances, pour lesquels Israël est un pion et un gendarme dans ce Moyen-Orient où elles ont tant d’intérêts stratégiques et pétroliers. La dernière résolution de l’ONU n’appelle à un cessez-le-feu qu’en laissant à Israël le soin d’en choisir le moment et les modalités. Et les gesticulations de Sarkozy pour « l’arrêt des violences » ou des bombardements moins « disproportionnés » sont dérisoires ! Il ne joue aux médiateurs, que pour donner l’illusion qu’il prendrait en compte, un peu plus que les autres, les intérêts des États arabes où les entreprises françaises ont de puissants intérêts, au Liban et en Syrie, anciens protectorats français, et en Egypte où Lafarge a récemment acheté une des plus grandes cimenteries.
Travailleurs de France et d’ailleurs, nous devons être solidaires du peuple palestinien et participer aux mobilisations contre l’offensive à Gaza. Mais la solution aux conflits de la région ne pourra venir que des luttes des travailleurs palestiniens et israéliens pour mettre un terme à l’exploitation et l’oppression, précisément maintenues par la politique agressive de l’État d’Israël et des puissances complices.

