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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 25, janvier-février 2003

Côte d’Ivoire : Sous le parapluie de l’impérialisme français

Mis en ligne le 19 janvier 2003 Convergences Monde

Trois mois après la mutinerie qui a éclaté dans la nuit du 18 au 19 septembre, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pays dépecé sous la coupe des bandes armées prêtes à toutes les exactions, en particulier des nervis gouvernementaux, contre la population. Et la dictature de Gbagbo n’a pu se maintenir sur une partie du pays que grâce à l’intervention armée de l’impérialisme français.

Des rebelles en ordre dispersé

Le Nord est entre les mains d’une rébellion dirigée par le MPCI, Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire, qui regroupe des militaires qui avaient participé au coup d’Etat qui a fait tomber la dictature de Bédié en décembre 1999, avant que le général Guéï d–qu’ils avaient pourtant porté au pouvoir– et Gbagbo ensuite ne les chassent de l’armée parce qu’ils auraient été proches d’un candidat au pouvoir rival, Alassane Ouattara. Pourchassés et condamnés par la dictature de Gbagbo sous prétexte d’une tentative de coup d’Etat en janvier 2001, ils se sont organisés dans les pays voisins, au Burkina Faso notamment. Depuis septembre, après avoir pris le contrôle de toute la région du nord, ils ont établi leur siège à Bouaké, la deuxième ville du pays. Ils exigent le départ de Gbagbo du pouvoir, la dissolution de la constitution basée sur la politique xénophobe de « l’ivoirité » et l’organisation de nouvelles élections. Des revendications qui sont quasiment les mêmes que celles du RDR d’Alassane Ouattara, dont d’ailleurs certains dirigeants du MPCI sont issus, comme Guillaume Soro, le secrétaire général.

Une partie de l’Ouest, notamment Man, la principale ville de la région, est elle sous la coupe d’une autre organisation militaire, le Mpigo, Mouvement populaire du grand Ouest, créé par des fidèles, militaires et politiciens, de l’ancien dictateur Guéï assassiné par les forces gouvernementales à l’occasion des événements du 18 septembre. Les dirigeants de Mpigo revendiquent aussi le départ de Gbagbo qu’ils accusent d’être responsable du meurtre de leur leader.

En plus de ces deux organisations, vient d’être créé le MPJ, Mouvement pour la justice et la paix, issue d’une scission du MPCI. Ses responsables affirment que c’est parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec les discussions engagées courant octobre par le MPCI avec la dictature d’Abidjan, et déjà sous l’égide de la France, qu’ils ont décidé de former une autre organisation dont l’objectif serait d’en finir militairement avec le pouvoir de Gbagbo.

En fait, au-delà de l’hostilité commune au dictateur en place, il est difficile pour le moment de voir ce qui différencie ou rassemble ces trois groupes dont ce qu’on sait du programme politique est bien succinct surtout pour ce qui concerne les pauvres et les travailleurs de Côte d’Ivoire.

La France en force de la paix…

Cela laisse d’autant plus les mains libres à la France pour rester maître du jeu et manœuvrer à sa guise : depuis le déploiement de 2500 soldats français dont la mission serait de protéger les ressortissants occidentaux et de veiller sur l’application d’un cessez-le feu signé entre le MPCI et le gouvernement de Gbagbo, jusqu’à la convocation à Paris, ce 15 janvier prochain, de tous les acteurs de la crise, clan gouvernemental, partis politiques, groupes rebelles… qui vont, semble-t-il, finalement tous obtempérer. Au grand soulagement sans doute de l’impérialisme français qui, en forçant les politiciens et rebelles ivoiriens à s’entendre cherche surtout à sauvegarder l’ordre social en vigueur qui a permis jusqu’ici à Bouygues, Bolloré et autres capitalistes français ayant la mainmise sur l’économie de ce pays de tirer le maximum de profits de l’exploitation des masses laborieuses ivoiriennes.

Celles-ci n’ont donc rien à attendre de cette réunion. Au mieux ce qui sera baptisé du nom de paix ne sera qu’un compromis entre différents clans pour se partager le pouvoir et participer au pillage du pays et à l’exploitation de la population. En attendant sans doute qu’un de ces clans juge que les rapports de force ont évolué en sa faveur et reprenne les hostilités pour tenter de se débarrasser de ses rivaux. Au pire le clan en question ne vient à Paris que pour couvrir ses menées terroristes et guerrières sur le terrain et permettre à la France, dont il recherche les faveurs, de continuer à jouer à la pacificatrice.

Le 8 janvier 2003

Bienvenu CESAIRE

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