Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > février > 10

Lycées occupés par les flics, jeunes gazés, profs menacés

Après nous, nos enfants ?

Macron a appelé ses troupes à faire preuve « d’humanité »... suite à la bourde de la ministre du Travail, qui avait refusé de voter l’allongement à 12 jours du congé parental en cas de décès d’un enfant. Mais ne vous y trompez pas... L’« humanité » de Macron, c’est pour la frime.

Un bac Blanquer... à la sauce Castaner !

Pour un simple départ de feu dans une poubelle lors d’un rassemblement devant leur lycée, 4 lycéens se sont retrouvés en garde à vue toute la nuit, avant d’être déférés au parquet de Paris. Dans les lycées comme ailleurs, le gouvernement, ministre Blanquer en tête, tente de faire passer en force une réforme dont personne ne veut : professeurs comme élèves dénoncent depuis des semaines le flou total dans lequel se déroulent les épreuves du nouveau bac et le stress que cela engendre.

Partout, les manifestants sont unanimes : la colère est forte contre ces épreuves, mais aussi contre l’état de l’éducation, où la suppression de postes et le manque de moyens dégradent les conditions d’étude et augmentent les inégalités.

Alors, la réponse du gouvernement, c’est « l’humanité » en actes. Au lycée Guist’hau de Nantes, les élèves ont été gazés à bout portant. De même à Bordeaux, à Rennes, au Mans ou en Seine-Saint-Denis, où les épreuves se sont tenues parce que les policiers jouaient aux cow-boys dans les couloirs du lycée. Ministre et recteurs se sont déchaînés, produisant des circulaires menaçantes, exigeant des chefs d’établissement qu’ils sanctionnent à tour de bras, qu’ils ponctionnent les salaires des profs, quitte à être dans l’illégalité, qu’ils menacent les élèves d’un zéro à une épreuve comptant pour 30 % de la note du bac pour les lycéens... Certains directeurs d’établissement s’y sont complaisamment prêtés, croyant sans doute qu’ils dirigent une prison et non un lycée... D’ailleurs, dans certains établissements, à Bordeaux, à Aiguillon, les lycéens ont été confinés, enfermés, grilles cadenassées, alarmes incendies désactivées par ces proviseurs trop zélés.

Au point que Rodrigo Arenas, le président de la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves, dénonce la criminalisation des élèves protestataires « punis parce qu’ils se rebellent … c’est délirant », conclut-il.

Malgré tout cela, les épreuves ont été perturbées dans 660 établissements, et dans plus de 200 les épreuves ont même dû être reportées ou annulées. « Là où personne ne crée de désordre, les choses se passent tout à fait normalement » a fini par déclarer Blanquer le 5 février. Sauf qu’à force de tirer sur la corde, le désordre se généralise.

Une brèche dans le mur du mépris ?

Blanquer & Co ont beau dire que les épreuves se déroulent correctement dans l’ensemble, la situation est telle qu’il vient d’annoncer qu’il allait organiser différemment les prochaines épreuves. Ce recul, on le doit à la mobilisation qui a mis sur le devant de la scène le mépris d’une hiérarchie pour ses agents et la volonté d’en découdre collectivement. De quoi donner confiance pour continuer la lutte contre la réforme des retraites.

Le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation. En témoignent les avocats, les éboueurs de Paris et Marseille, les agents d’Enedis, ceux des centrales nucléaires, et tous les manifestants qui ont participé à la journée du 6 février, faisant remonter les chiffres des manifestations. Avec tous ces foyers de contestation, nous pouvons encore donner des sueurs froides au gouvernement !

Mots-clés : | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article