Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > février > 17

Lycées occupés par les flics, jeunes gazés, profs menacés...

Après nous, nos enfants ?

Deux des trois zones scolaires sont en vacances cette semaine. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer espère souffler : la mobilisation des profs et des lycéens contre les E3C, ces épreuves du nouveau bac qui ont lieu dès la classe de 1re, devrait décroître... provisoirement !

Les E3C, ou le nouveau bac « Blanquer »…

En introduisant les épreuves locales dites E3C (« Epreuves communes de contrôle continu »), le bac « Blanquer » accroît les inégalités entre lycées. Un bac passé dans un lycée prestigieux de centre ville vaudra à l’avenir bien davantage qu’un bac passé dans un lycée de quartier populaire. En outre, jusqu’en décembre, personne ne savait exactement en quoi allaient consister les épreuves.

Le contexte de grève contre la casse des retraites a fait le reste : une fronde massive s’est organisée. Après avoir prétendu que seule une infime minorité de profs « politisés » (grâce à qui ? serait-on tenté de répondre…) le contestaient, Blanquer a dû concéder le chiffre de 15 % d’épreuves perturbées. Il s’agit en fait du pourcentage d’établissements où des épreuves ont été annulées suite à des grèves d’enseignants, blocages d’élèves ou de parents, etc. En réalité, un lycée sur deux a connu des protestations, qui n’ont pas partout paralysé les épreuves.

… servi à la sauce Castaner !

Et pour cause : le ministre et ses lieutenants dans les régions, les recteurs, ont exigé qu’elles aient lieu quelles qu’en soient les conditions et le prix. À Caen, les profs avaient convaincus les pions de faire grève des surveillances avec eux : le rectorat a eu recours à des retraités payés des clopinettes pour briser leur grève.

Blanquer a également exigé des chefs d’établissement qu’ils sanctionnent les profs à tour de bras, qu’ils menacent les élèves n’ayant pas assisté aux épreuves d’un zéro – avant de se rétracter sous la pression des parents. Certains proviseurs s’y sont complaisamment prêtés, confondant leur lycée avec une prison. À Bordeaux, à Rennes, au Mans ou en Seine-Saint-Denis, des épreuves se sont tenues parce que les policiers jouaient aux cow-boys dans les couloirs du lycée, gazeuse à la main. Au lycée Max Linder de Libourne, les enseignants se sont carrément vu interdire d’entrer, tandis que les jeunes enchaînaient les épreuves au pas de charge avec un pauvre sandwich comme pause déjeuner ! À Lyon, à Paris et ailleurs, les gardes à vue de lycéens se sont multipliées.

Un nouvel épisode de la lutte des classes

A l’aide de la police, Blanquer s’acharne à faire passer son bac parce qu’il économise ainsi des milliers de postes. Étage par étage, ses services restructurent l’école avec pour objectif de diminuer les dépenses, en particulier pour la grande masse des jeunes : nos enfants à nous, travailleurs ! Les filières d’excellence sont à peu près préservées. Et les riches pourront mettre leurs rejetons dans le privé si la qualité de l’enseignement public ne leur convient pas.

Retour de flamme ?

En Martinique, la grève et le blocage de la quasi totalité des écoles, collèges et lycées a contraint Blanquer à geler les suppressions de poste prévues pour septembre prochain. Ces suppressions annoncées dans chaque établissement en ce moment, sont en train de mettre de l’huile sur le feu. Dans la foulée des cheminots grévistes de cet hiver, avocats, éboueurs, agents Enedis, hospitaliers, chercheurs, profs, lycéens et bien d’autres continuent ici ou là de se mobiliser. Le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation.

Mots-clés : | | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article