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Vaccination mondiale : l’irresponsabilité dramatique des États des pays riches

15 juillet 2021 Article Monde

Carte : pourcentage de la population complètement vaccinée contre le Covid-19, par pays. Source : https://ourworldindata.org/covid-va...


Ces dernières semaines, l’épidémie de Covid-19 a particulièrement progressé dans certains pays en développement. Contre cette évolution inquiétante, de nombreux scientifiques alertent : pour faire progresser le faible taux de vaccination dans ces zones, il faut que les pays riches arrêtent de monopoliser les doses !

À l’échelle mondiale, la vaccination progresse lentement

Il y a quelques semaines, le Brésil et l’Inde connaissaient des taux très élevés de contamination, mais plus récemment, ce sont des pays comme le Bangladesh, la Colombie, la Tunisie, la Zambie, la Namibie et bien d’autres qui sont durement touchés par la pandémie. La faute, en partie, à l’apparition du variant Delta, bien plus contagieux, identifié dans plus de 110 pays. L’apparition de tels variants est favorisée par un grand nombre de contaminations : plus le virus infecte de personnes, plus le risque de sélectionner des mutations créant des variants plus dangereux et plus résistants augmente. Face à cette pandémie mondiale, seule une réponse coordonnée pourrait permettre une baisse du nombre de contaminations à l’échelle mondiale, ce qui ralentirait l’apparition de variants plus virulents. Comme l’explique le directeur de l’OMS, « personne ne sera en sécurité tant que le monde entier ne le sera pas ».

Pour protéger les personnes les plus vulnérables, mais également se prémunir d’apparitions de nouveaux variants, il est donc nécessaire, entre autres, de vacciner rapidement dans tous les pays et pas uniquement les plus riches. Mais les disparités économiques entre pays se retrouvent aussi dans l’accès aux vaccins : si 25 % de la population mondiale a reçu au moins une dose, ce chiffre tombe à 1 % seulement parmi les pays les plus pauvres. [1] Dans un récent article de la revue Nature [2], des chercheurs estiment qu’à ce rythme, la plupart des habitants de ces régions devront attendre 2023 pour être vaccinés !

Le dispositif Covax, beaucoup de paroles et peu d’actes

Le dispositif Covax, censé permettre la vaccination dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires grâce à des dons provenant de pays plus riches, n’a réussi à fournir que 100 millions de doses pour l’instant, à comparer avec les 3,4 milliards déjà administrées dans le monde. Pourtant, ce n’est pas faute de paroles en l’air, ni de promesses : les dirigeants des pays riches s’engagent, parfois financièrement, à acheter des vaccins, mais confisquent les doses produites pour leur propre pays. Comme l’expliquait un représentant de l’Union africaine, ce qu’il faut mesurer, ce ne sont pas les engagements pris, mais le nombre de doses « qui arrivent dans nos aéroports » ! [3] Sans parler des licences des sociétés pharmaceutiques qui ne passent pas dans le domaine public et qui empêchent des pays d’Afrique et d’Amérique latine de produire leurs propres vaccins.

Le problème est en réalité plus large que la question de la vaccination : la flambée du nombre de contaminations résulte aussi de l’état des infrastructures sanitaires ou de l’absence de mesures efficaces depuis plus d’un an, dans des pays soumis à la loi du marché et à l’impérialisme des grandes puissances. Par ailleurs le manque de vaccins et de traitements, contre la tuberculose, le paludisme ou encore le VIH, est récurrent dans certaines régions, non parce qu’ils n’existent pas, mais par manque de moyens.

Les possibilités de développement à notre époque sont immenses, tout comme les progrès de la médecine. Mais que ce soit pour mettre fin aux guerres, aux famines ou aux épidémies, la collaboration entre les dirigeants à l’échelle mondiale est vouée à l’échec dans notre société capitaliste. Pour satisfaire les besoins de toute l’humanité, dans le domaine sanitaire comme dans bien d’autres, il nous faudra arracher le pouvoir aux grands de ce monde.

Arthur Gourtand

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