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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 5, septembre-octobre 1999

Points de vue

Une tribune libre de la Gauche Révolutionnaire - La Commune

Mis en ligne le 1er octobre 1999 Convergences Politique

Dans cette rubrique, militants des deux tendances qui publient Convergences Révolutionnaires, mais aussi lecteurs appartenant à d’autres courants, font part de leurs réactions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d’une pagination forcément limitée.


La rentrée 1999 se présente sous le signe de nouvelles attaques du gouvernement Jospin contre le monde du travail. Ce qui se profile, c’est d’abord la deuxième loi Aubry. Depuis deux ans, la première loi a servi avant tout comme cheval de Troie pour remettre en cause nos acquis, pour casser les conventions collectives, pour faire avancer la déréglementation et la flexibilité. La deuxième loi ne ferait que renforcer ces attaques.

Le rapport Charpin ouvre la voie à une offensive en règle sur la question des retraites. Au travers d’une campagne visant à démontrer la non-viabilité du système actuel, on prépare le terrain pour l’introduction de retraites par capitalisation, pour la création de fonds de pension.

En même temps se poursuivent les réformes d’Allègre dans l’Education nationale, la réforme hospitalière, la réforme de l’Etat, les privatisations. Les patrons vont pouvoir continuer à licencier en toute tranquillité. La montée de la côte des actions Michelin à l’annonce des 7 500 suppressions d’emplois montre à nouveau que ce qui est bon pour la Bourse est néfaste pour le monde du travail.

Sur le plan international, par la présence des troupes françaises et du gouverneur-général Kouchner, la France participe activement à une occupation du Kosovo par l’OTAN qui s’oppose de plus en plus clairement au droit à l’autodétermination du peuple kosovar.

La tâche de l’heure est d’organiser une riposte ouvrière d’ensemble à la hauteur de l’offensive gouvernementale et patronale, en défense des acquis, pour les revendications de la classe ouvrière et de tous les exploités.

C’est dans le cadre du combat pour cette riposte d’ensemble qu’il faut défendre un plan d’urgence, pour répondre point par point aux attaques et commencer à reprendre l’offensive. Nous devons défendre pied a pied nos acquis, par la défense des services publics contre la privatisation, la défense de la protection sociale, la lutte contre le fléau du travail précaire, le refus des licenciements. Pour cela, il ne faut pas hésiter a s’en prendre au pouvoir sacro-saint des patrons, en exigeant l’interdiction des licenciements, la réquisition des entreprises qui licencient, l’ouverture des livres de comptes. Et en cherchant à chaque étape à imposer le contrôle des travailleurs et de la population. Car comment interdire les licenciements sans occupation par les salariés des entreprises menacées de fermeture ? Comment obtenir, pour résorber le chômage, une réduction massive des heures du travail, sans perte de salaire ni contreparties, sans imposer le contrôle de l’embauche par les représentants élus des salariés dans chaque entreprise ?

L’élection de cinq euro-députés révolutionnaires donne de nouvelles possibilités et imposent de nouvelles responsabilités. LO et à la LCR ont maintenant plus de crédibilité pour prendre des initiatives, pour proposer à toutes les forces du mouvement ouvrier d’organiser ensemble la riposte nécessaire pour défendre les droits des salariés, des jeunes, des chômeurs, des femmes, des immigrés. A de telles initiatives peuvent s’associer d’autres courants révolutionnaires. Pour notre part nous y sommes prêts.

L’évolution du PS et du PCF crée un vide et met à l’ordre du jour la création d’un nouveau parti des travailleurs, d’un parti anticapitaliste qui détendrait vraiment les intérêts du monde du travail. Ce parti ne pourra pas se limiter à LO et la LCR, ni même à l’unité des révolutionnaires. Il s’agit de regrouper tous ceux qui veulent se battre, qui se battent déjà, dans les entreprises, les quartiers, les lycées et les facs. Un nouveau parti rassemblerait des militants et des courants d’extrême-gauche, communistes, socialistes, des militants syndicalistes et associatifs et beaucoup d’inorganisés. Ce parti ne se fera pas du jour au lendemain, mais au travers d’un processus de campagnes, d’initiatives, d’intervention dans les luttes, de clarifications politiques. Il faut y aller sans forcer le rythme, certes, mais quand même avec la conscience qu’il devient urgent de remplir le vide de représentation politique de la classe ouvrière.

Murray SMITH (Gauche Révolutionnaire - La Commune)

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