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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 127, juin-juillet-août 2019 > DOSSIER : Plongée dans l’Amérique sous Trump

DOSSIER : Plongée dans l’Amérique sous Trump

Une politique chaotique

Mis en ligne le 15 juin 2019 Convergences Monde

Les articles de ce dossier ont été écrits par nos camarades du groupe trotskyste Speak Out Now, dont l’essentiel de l’implantation se situe dans la Baie de San Francisco. Ils donnent une vue générale instructive de ce qui se passe aux États-Unis sous l’administration de Donald Trump.


Le paysage politique aux États-Unis a changé de bien des manières depuis l’élection de Donald Trump. Malgré ses cris de victoire sur l’amélioration des conditions de vie de la population, celles-ci ont plutôt empiré pour la majorité. Le changement se trouve plutôt dans l’atmosphère politique et sociale. Les attaques insensées, narcissiques et mesquines du président ont créé une atmosphère de tension exacerbée et d’instabilité, ressentie par beaucoup. Le contraste est frappant avec l’attitude modérée d’Obama et ses commentaires qui tentaient de masquer les ravages produits par le système. Le fait qu’Obama a été le premier président noir en a dissuadé beaucoup d’émettre des critiques, pour éviter d’apparaître comme renforçant l’aile droite qui traquait ses moindres faits et gestes, avec un racisme à peine voilé.

Un discours brutal et provocateur...

Beaucoup plus largement que ses prédécesseurs, Trump a usé du pouvoir conféré par le statut présidentiel, à coups d’ordonnances, pour faire passer ses réformes. Cela l’a conduit à « fermer le gouvernement » dans le cadre du shutdown, maintenant en otages les fonctionnaires fédéraux et tous ceux qui dépendent des services gouvernementaux dans sa quête d’un accord sur le « mur » à la frontière mexicaine. Ce à quoi il faut ajouter ses proclamations spectaculaires, ses attaques sur quiconque exprime un désaccord, et ses tweets improvisés, le tout créant une atmosphère de chaos politique tout en le maintenant au centre de l’attention des médias.

L’essentiel de la presse traditionnelle se nourrit de ce chaos. De grands médias, particulièrement CNN et MSNBC, fervents soutiens des Démocrates, attaquent et exposent les mensonges de Trump jour après jour. Fox News, qui a toujours marché pour Trump et la droite, encense la moindre de ses interventions. En fin de compte, on s’intéresse très peu, voire pas du tout, à la politique qu’il mène. Le seul centre d’intérêt est Trump lui-même. Soit on est partisan de Trump, soit on le déteste. Cela reflète et renforce la profonde division politique et culturelle que la présidence de Trump a élargie. Malheureusement, la ligne de démarcation ne se fait pas selon des critères de classe, mais suit celle tracée par les deux partis bourgeois, les Démocrates et les Républicains.

... pour camoufler une politique ouvertement pro-patronale...

Tout ce vacarme, toute cette pagaille se sont avérés bien utiles pour détourner l’attention de la politique ouvertement pro-patronale du gouvernement. C’est tout particulièrement évident des organismes gouvernementaux dont le personnel se compose de cadres d’entreprises privées ou appartenant à des lobbies. Le personnel nommé par Trump a ainsi démantelé les réglementations, entre autres sur l’environnement, qui imposaient certaines limites à la politique de recherche du profit de la bourgeoisie. En surface, la politique internationale de Trump n’est que bruit et fureur. Tantôt, il menace de lancer une guerre nucléaire contre la Corée du Nord ; l’instant d’après, il ne tarit pas d’éloges pour Kim Jong-Un... La Chine est dénoncée comme l’ennemi juré, à l’origine du mensonge du changement climatique et ayant dérobé les avancées technologiques américaines, ce qui justifierait qu’on la ramène dans le rang à coups de sévères mesures protectionnistes. Puis, en un dîner, la possibilité d’une amitié durable est évoquée, aussitôt remise en question. Dans la même veine, il couvre les leaders des pays européens ou du Canada d’insultes, suivies de déclarations d’amitié. Quant aux dictateurs des Philippines, d’Arabie Saoudite, du Brésil et d’ailleurs, il n’a pour eux que des éloges.

... mais sous contrôle de la bourgeoisie et de ses représentants

À vrai dire, Trump a beau être imprévisible, versatile, des personnages influents du Parti Républicain et du Pentagone l’ont convaincu de mettre au rancart la frange de conseillers d’extrême-droite comme Steve Bannon. Désormais, les aspects chaotiques de Trump sont sous contrôle de représentants de la bourgeoisie plus présentables, pas forcément moins avides et agressifs, mais capables d’assurer la continuité avec les politiques menées par les précédents gouvernements. Un exemple : Trump déclarait récemment qu’il respectait son engagement de campagne de réduire les interventions militaires américaines à l’étranger. En annonçant le retrait des troupes américaines, Trump a dit en substance à Erdogan, le président turc : la Syrie est à vous ! Les gens de Trump, en l’occurrence le conseiller à la Sécurité nationale, vieux faucon d’extrême-droite, John Bolton, a rapidement fait machine arrière. Aujourd’hui, Trump œuvre de manière agressive au renversement du régime de Maduro au Venezuela, vieil objectif de la politique étrangère de la bourgeoisie américaine, de Bush à Obama.

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Numéro 127, juin-juillet-août 2019

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