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DOSSIER : Plongée dans l’Amérique sous Trump

Une politique anti-ouvrière qui suscite des réactions

Mis en ligne le 15 juin 2019 Convergences Monde

S’en prendre aux syndicats pour mieux s’en prendre aux travailleurs

Trump affirme parler au nom des travailleurs et les représenter. Dès les débuts de sa campagne, il avait même annoncé qu’il transformerait le parti républicain en un parti des travailleurs. Le premier juge qu’il a nommé à la Cour suprême a débloqué une impasse à propos de l’affaire Janus, qui transformerait tout le secteur public en lieux de travail respectant un prétendu « droit au travail ». Cela mettrait un terme aux pratiques des États disposant d’une législation de closed shop, où, une fois qu’un lieu de travail est syndicalisé, comme une école ou des bureaux administratifs, tous les travailleurs couverts par le contrat doivent payer un certain niveau de cotisation au syndicat en échange d’une représentation syndicale et des conditions de travail négociées dans le contrat. C’était un appel du pied à certains travailleurs, mais, surtout, à ceux qui, dans les classes moyennes, le soutiennent.

Anticipant le vote « Janus », de nombreux syndicats du secteur public se sont dépêchés, l’an dernier, de faire signer aux travailleurs des engagements à rester liés à eux. Les statistiques ne sont pas encore disponibles, mais il semble que le nombre de travailleurs désirant rompre leur appartenance au syndicat ait été faible. À vrai dire, dans les syndicats enseignants des États disposant de ce « droit au travail », comme l’Arizona, il y a même eu une augmentation des cotisations.

La mobilisation des enseignants

Parmi les travailleurs, le niveau de mécontentement et de colère ne s’est pas encore exprimé dans des luttes organisées qui pourraient améliorer les conditions générales de la classe ouvrière. Mais l’année dernière, une série de grèves parmi les enseignants a commencé en Virginie de l’Ouest, avant de s’étendre rapidement aux États où le financement de l’enseignement public est le plus bas des États-Unis. À des degrés divers, les enseignants de l’Arizona, de l’Oklahoma, du Kentucky, du Colorado et d’autres États encore se sont mobilisés avec les parents d’élèves et ont obtenu quelques améliorations des conditions d’enseignement, ce qui a donné des idées aux enseignants de tout le pays. De nombreux syndicats enseignants ont adopté les tactiques utilisées pendant le mouvement, y compris à Oakland et Los Angeles en Californie.

La plupart de ces mouvements se sont déroulés malgré la volonté des appareils syndicaux. Depuis la fin des grèves, les efforts militants des grévistes se sont poursuivis. Un nombre significatif d’entre eux se sont efforcés de reprendre le contrôle de leur syndicat. D’autres sont intervenus dans le processus électoral, réclamant des candidats qu’ils se prononcent en faveur d’un financement plus important des écoles publiques. Certains encore se sont présentés aux élections locales et des États et ont été élus.

Dans les autres secteurs

Dans d’autres secteurs, la colère des travailleurs a éclaté à propos de la négociation de leur contrat de travail, mais, encore une fois, ils ont été freinés par la bureaucratie syndicale. Au printemps dernier, à Verizon, près de 40 000 travailleurs ont fait grève contre des licenciements, des délocalisations, la législation du travail, les salaires et avantages spécifiques. Il y a eu des accords sur l’augmentation du salaire minimum et des promesses de protection des avantages, tandis que les négociations spécifiques sur la protection au travail ont été renvoyées à plus tard. 40 000 travailleurs d’une branche du géant des télécommunications AT&T ont aussi fait grève, mais leurs luttes n’étaient pas coordonnées et sont restées, pour l’essentiel, isolées des autres travailleurs.

De même, il y a eu une opposition « à la base » au sein du syndicat des chauffeurs routiers à UPS : les travailleurs ont rejeté le contrat principal proposé par UPS et la direction syndicale. Les bureaucrates syndicaux ont fini par utiliser un détail pratique pour refuser ce contrat.

Ce ne sont là que quelques manifestations de la colère sourde des travailleurs, colère qui ne demande qu’à se traduire en termes d’organisation et de mobilisation.

Plus récemment, General Motors a annoncé la fermeture de cinq usines aux États-Unis et le licenciement de 14 500 travailleurs, de nombreux autres licenciements étant prévus pour 2019. Des annonces semblables ont eu lieu chez Ford et Chrysler. Toutes ces entreprises font beaucoup de profits. Et la seule perspective des bureaucrates syndicaux est de se faire un devoir de garantir la profitabilité des entreprises.

Au lieu de chercher à organiser la colère des travailleurs contre les licenciements, l’UAW (le syndicat des travailleurs de l’Automobile), une fois encore, négocie la manière dont ces licenciements vont se dérouler. Cela renvoie les travailleurs à leur situation individuelle – ancienneté, chances de conserver leur emploi, mutation possible sur un autre site, probabilité de licenciements dans le futur, possibilité de bénéficier d’un rachat avec un départ à la retraite à la clé, ou encore possibilité de trouver un nouveau travail.

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Numéro 127, juin-juillet-août 2019

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