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Accueil > Éditos de bulletins > 2004 > avril > 19

Une autre claque qu’ils n’ont pas volée !

La Justice n’est habituellement pas particulièrement favorable aux travailleurs. Elle vient cependant de condamner l’Unedic à rembourser 35 chômeurs de Marseille à qui celle-ci avait volé plusieurs mois de leur temps d’indemnisation. Ceci en application de l’accord conclu entre le patronat et ceux des dirigeants des organisations syndicales qui avaient bien voulu lui servir de paillasson. Accord ou pas, le tribunal en a donc décidé autrement : L’assurance chômage devra dans un délai de 20 jours leur verser les indemnités initialement prévues, plus un dédommagement de 1000 €, avec une astreinte de 500 € par jour de retard.

D’autres procès vont suivre car avant même ce jugement, plus de 2000 plaintes dans différentes villes avaient déjà été déposées par des chômeurs. Mais le nombre des victimes est bien au delà du nombre des plaignants en justice. Le gouvernement Raffarin ayant donné son aval à cet accord inique, 265 000 chômeurs se retrouvent prématurément privés d’indemnisation depuis le début de l’année, et fin 2005 ils devraient être plus de 800 000.

Les discours hypocrites de Chirac et de Raffarin sur l’emploi ont ainsi consisté jusque-là pour l’essentiel à faire, avec la complicité de certains dirigeants syndicaux, la guerre non pas au chômage mais aux chômeurs ; ils laissent par ailleurs toute latitude aux patrons licencieurs et prévoient même de leur faciliter davantage la besogne à l’avenir. Alors oui il y a de quoi se réjouir de cette décision de justice, de cette nouvelle claque donnée au gouvernement, et à ces larbins du patronat, qui prétendent signer au nom des travailleurs en tournant le dos à ce que devrait être le syndicalisme.

Au-delà de la triste mine que les compères ont laisser voir dans leurs déclarations aux médias le lendemain de ce jugement, ils ne s’en tiendront pas là et cherchent évidemment comment se rattraper sur le dos des travailleurs et des chômeurs. On peut leur faire confiance pour ne pas manquer d’imagination. Il leur faut plus qu’une ou plusieurs claques pour les rendre à la raison. Et de même que le résultat des élections ne les empêche pas de continuer leur sale politique, un jugement favorable aux travailleurs ne les arrêtera pas davantage. Ils laisseront sans doute passer les prochaines élections européennes en faisant le dos rond, quitte à repartir plus fort après. Ils ne s’en cachent même pas. Ainsi en est-il pour un certain nombre de leurs projets, comme celui sur les « restructurations » (traduire les licenciements) ou celui pour la Sécurité sociale. Concernant cette dernière, Raffarin et le nouveau ministre des affaires sociales Douste Blazy, se promettent de faire discuter par les « partenaires sociaux » et les partis d’opposition – qui se montrent malheureusement de « bonne volonté » - la prétendue réforme et de la présenter au Parlement en juillet. Rien de tel qu’une période de vacances pour essayer de faire passer les sales coups.

Il est clair pour tous qu’aussi bien le Medef que le gouvernement veulent faire avaler aux salariés une réduction des remboursements des dépenses de santé, une augmentation des cotisations, un recours plus important aux assurances privées. Comme pour l’assurance chômage, on nous agite sous le nez le déficit croissant des caisses sociales. Mais par qui donc est-il provoqué ? Sûrement pas par les salariés à qui on veut présenter la note. Outre que ce trou n’est proportionnellement rien en comparaison du déficit du budget de l’Etat, il pourrait être comblé seulement en supprimant les multiples abattements et exonérations consentis aux patrons (20 milliards en 2003, soit plus que la somme du trou de la Sécu et de l’assurance-chômage !). Et les principaux facteurs de déficit, ce sont d’abord le chômage dont les patrons licencieurs sont les pourvoyeurs et les bas salaires qu’ils en profitent pour entretenir.

Alors pas touche à la Sécu ! Pas touche aux droits des chômeurs ! Annulation de la loi qui allonge le temps de cotisations des retraites et les ampute, 37 ans et demi pour tous ! Interdiction des licenciements ! Augmentation des salaires de 300 € pour tous !

Manifestons partout le 1er mai avec ces objectifs, pour préparer une lutte d’ensemble des travailleurs.

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