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Accueil > Éditos de bulletins > 2004 > mai > 3

Pour défendre la Sécu, il y a urgence à entamer la contre-offensive !

C’est donc cette semaine que le gouvernement devrait commencer à annoncer son plan de bataille pour démolir un peu plus le système de protection sociale. Dans les grandes lignes, on sait déjà à quoi s’en tenir : cela fait des mois que le gouvernement prépare le terrain pour tenter de nous enfoncer en trois temps trois mouvements.

Première étape : nous mettre en condition en inventant un « trou » de la Sécu qui n’existe pas, ou qui n’existe que grâce aux manipulations comptables de l’Etat. Car s’il y a un problème, c’est celui des dettes dues à la Sécu par les patrons et par l’Etat : plus de 20 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales et de recettes détournées. De quoi rendre ces caisses immédiatement et largement excédentaires !

Deuxième étape : essayer de mettre dans le coup les directions syndicales. Cela a commencé en janvier avec la remise d’un rapport rédigé sous la forme d’un… « constat partagé » ! Puis cela a continué, en invitant et en réinvitant les directions syndicales à venir bavarder autour du tapis vert, histoire d’accréditer l’idée qu’il y aurait « quand même un problème ».

Troisième étape : se payer le luxe d’un discours de propagande sur le thème de la « réforme équitable et solidaire ». Paraît-il que les sacrifices seront pour tout le monde, et qu’on va surtout dépenser mieux et même mieux se soigner ! Mais les cotisations sociales et la CSG (payée presque exclusivement par les salariés, les chômeurs et les retraités), c’est pour nous. Les franchises et autres tickets modérateurs, les déremboursements, c’est pour nous. Les pressions pour aller moins chez le médecin et ne pas s’arrêter, c’est pour nous. Et la culpabilisation en prime, c’est encore pour nous ! Où sont les mesures pour faire payer les actionnaires ? Où sont les 20 milliards qu’ils nous volent chaque année ?

Pour faire payer le patronat, il va falloir se battre. Tous ensemble et sans attendre. Malheureusement, on a commencé à prendre un peu de retard. La tactique du gouvernement, c’est de prolonger le plus longtemps possible la comédie de la « concertation » puis des « négociations » jusqu’au mois de juillet. Il n’est que trop aidé par les dirigeants des principales confédérations syndicales. Ne parlons pas de François Chérèque qui s’aligne de fait sur le programme du gouvernement et du Medef ! Mais Jean-Claude Mailly, de FO ? « Voyons  » ? Dit-il. A quoi répond Bernard Thibault : « C’est une réforme pour laquelle pour l’instant nous ne savons absolument pas quels sont les tenants et les aboutissants du raisonnement du gouvernement : c’est pourquoi nous demandons l’ouverture d’une négociation en bonne et due forme » (déclaration faite le soir du 1er mai). On croit rêver !

Vraiment ? On ne sait pas à quoi s’attendre ? Comment croire dans ces conditions qu’ils vont négocier autre chose que des reculs ?

Nous n’avons aucun intérêt à nous plier à l’emploi du temps préparé par le gouvernement. Nos revendications sont prêtes : 20 milliards tout de suite, à faire payer au patronat ! Il faut s’y mettre dès maintenant, et ne pas à attendre le mois de juin pour nous rendre compte qu’il est bien tard.

Certes, pour ne pas avoir l’air d’être immobile, Thibault vient de proposer une action début juin. Ce sera une journée de grève interprofessionnelle, avec manifestations dans la rue ? Il ne l’a pas encore précisé. Ce serait pourtant le minimum. Mais on peut encore rattraper le coup. Si on met les bouchées doubles dans nos entreprises pour la préparer le plus massivement possible, avec autant de réunions et d’A.G. qu’il faudra ; si on se donne la peine aussi de s’adresser aux travailleurs des petites entreprises d’à coté qui souffrent de leur isolement ; si on discute dès maintenant de notre plan de bataille pour que cette journée devienne autre chose qu’une journée d’avertissement sans lendemain, oui tout n’est pas perdu.

Le gouvernement mise sur notre attentisme, peut être sur notre fatalisme. Mais il est encore possible de lui jouer un sale tour. Hauts les cœurs ! La situation n’est pas facile mais on peut et on doit passer à l’offensive !

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