Tous ensemble dans la rue le 4 octobre et préparons la suite
19 septembre 2005 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Les confédérations syndicales appellent à une journée de grève et manifestations le 4 octobre sur les salaires, l’emploi et contre les dernières mesures anti-ouvrières prises par le gouvernement, notamment celles qu’il a fait passer en douce pendant l’été.
Il est grand temps de nous faire entendre, de manifester tous ensemble notre colère.
Nos salaires sont bloqués depuis des années alors que les prix ne cessent de flamber. Ce n’est pas le cinéma du gouvernement conseillant aux trusts pétroliers la modération qui enrayera la hausse de l’essence, tant qu’on ne prend pas sur les profits de ces compagnies. Et que n’a-t-il commencé par baisser les taxes, qui comptent pour près de 70 % du prix des carburants ? Au contraire, le gouvernement a profité de l’été (cela devient une tradition) pour augmenter les prix qui dépendent de lui, comme le gaz et les transports publics.
Les loyers sont devenus exorbitants, au point qu’il n’est plus possible avec un petit salaire de trouver un logement décent. Mais face au drame des mal logés, aux incendies qui ont touché des familles de travailleurs immigrés parmi les plus mal payés, Sarkozy ne répond que par les expulsions et une démagogie anti-immigrés et anti-pauvres digne d’un Le Pen. De l’autre côté, Villepin soigne sa clientèle en annonçant une réduction d’impôt sur les revenus les plus élevés et un nouveau plafonnement de l’impôt sur la fortune.
Et c’est à la demande du patronat que le gouvernement a instauré ces nouveaux contrats où pendant deux ans le salarié est licenciable sans aucune formalité. Comme c’est pour lui offrir une main-d’œuvre à bon marché, qu’après avoir amputé les retraites le gouvernement instaure des dégrèvements de charges patronales pour l’embauche des préretraités et retraités.
Quant aux licenciements, ils continuent de plus belle : Hewlett Packard vient d’annoncer 1 300 licenciements en France (et 14 000 dans le monde), Peugeot-Citroën 700 suppressions d’emplois dans son usine d’Aulnay. Ce sont des trusts qui font des profits mirifiques. Mais, en guise de lutte pour l’emploi, le gouvernement a décidé cet été un renforcement des contrôles des ANPE, c’est-à-dire la chasse aux chômeurs qui n’accepteraient pas n’importe quel emploi sous-payé, pour les priver d’allocation. En même temps les Conseils généraux, dont la plupart sont dirigés par des élus de la gauche, ont entrepris la chasse aux RMIstes, dont le nombre explose et qui coûtent trop cher, disent-ils, aux budgets des départements.
Ces nouvelles attaques s’ajoutent à toutes celles menées depuis des années contre les travailleurs par le patronat et les gouvernements successifs, ceux de gauche comme ceux de droite. Il faut que la riposte s’organise.
La journée d’action du 4 octobre, à l’appel de toutes les confédérations syndicales, doit être un succès. Elle doit être le signe d’une contre-offensive du monde du travail.
A condition que cette journée ait une suite, que les dirigeants syndicaux ne s’en servent pas seulement à montrer leurs muscles et retourner gentiment discuter, en notre nom, dans les couloirs des ministères ou autour d’une table ronde avec le Medef. C’est pourtant ce qu’ils avaient fait après la journée du 10 mars et, aujourd’hui encore, annoncent en appelant au 4 octobre pour « exiger l’ouverture de négociations ».
Pour nous faire craindre, c’est un mouvement d’ensemble qu’il faut, de l’ampleur d’un juin 36 ou mai 68, sur des revendications communes à tous : augmentation des salaires de 300 Є mensuels pour tous, interdiction des licenciements, suppression des formes d’emplois précaires, arrêt des privatisations et des aides au patronat et embauches massives dans les services publics.
Un tel mouvement ne se décrète pas en un jour. Il se prépare : si les journées d’action s’insèrent dans un véritable plan de mobilisation ; si nous nous efforçons de coordonner et d’étendre les mouvements de grève qui explosent aujourd’hui ça et là, contre les licenciements ou pour les salaires.
Il dépend de nous tous de nous saisir de toutes les occasions, en particulier de cette journée d’action du 4 octobre, pour être nombreux à pousser dans ce sens.

