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DOSSIER : Le revenu universel de Benoît Hamon, une mesure « sociale »… que ne renie pas la bourgeoisie

« Salaire universel », ou « salaire à vie » : un meilleur objectif pour les travailleurs ?

Mis en ligne le 12 mars 2017 Convergences Politique

Différent du « revenu universel d’existence » préconisé par Hamon, le « salaire universel », ou encore le « salaire à vie », rencontre les faveurs d’un certain nombre de militants à la gauche du PS, voire de militants révolutionnaires. Un objectif qui a eu l’oreille d’un certain nombre de participants des Nuit Debout en marge du mouvement contre la loi Travail.

En France, le principal théoricien de ce salaire universel est Bernard Friot, sociologue membre du Parti communiste depuis le début des années 1970. Loin de s’en prendre aux dispositifs de protection sociale comme le font peu ou prou tous les partisans d’un revenu universel d’existence, Friot dit se référer au modèle de la Sécurité sociale pour imaginer un ensemble de mesures qui permettraient à chacun de percevoir un salaire, hiérarchisé dans une fourchette comprise entre 1 500 et 6 000 euros. Il s’agirait d’un droit pour tous, non soumis à critères d’éligibilité donc, et perceptible qu’on travaille ou non.

Les questions concrètes que cela poserait sont certes nombreuses, mais le plus flagrant est encore de ne même pas se poser sérieusement la question : quand un tel ‘projet’ pourrait-il voir le jour, comment pourrait-on l’imposer ?

Parle-t-on d’une société libérée des chaînes du capitalisme imposées par la bourgeoisie, d’une société communiste ? Mais, dans la société communiste, serait-il encore question d’un « salaire », a fortiori un salaire différencié ? Communistes, nous sommes convaincus que l’abolition du salariat sera rendue possible par la disparition du travail aliéné !

S’agirait-il, alors, d’un objectif que les travailleurs pourraient donner aujourd’hui à leurs luttes ? Mais les attaques concrètes auxquelles les travailleurs sont confrontés sont les licenciements et l’objectif qui permettrait d’unifier leurs luttes est bien plutôt l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous, le contrôle des travailleurs sur la production et les livres de compte. Pas une lutte pour le salaire universel...

En remontant le temps : de Bernard Friot à René Barjavel

Ou alors, Friot et ses partisans envisagent-ils ce que Marx et les communistes appellent la « société de transition », c’est-à-dire l’étape nécessaire pour passer de la société capitaliste à une société communiste ?

En effet, pour permettre le salaire universel, Friot envisage de transformer les rapports de propriété en supprimant la « propriété lucrative » pour la remplacer par « la propriété d’usage »  : tout le monde deviendrait ainsi copropriétaire d’usage de tous les moyens de production. Ce qui laisse de côté un petit détail : Friot pense-t-il que les actuels propriétaires des moyens de production, autrement dit les capitalistes, se laisseraient déposséder bien gentiment, touchés par la grâce de la vérité révélée du salaire universel ?

D’autres que Friot ont imaginé toutes sortes de système – cela a fait, à une certaine époque, les délices des auteurs de science-fiction : même René Barjavel a imaginé, dans La nuit des temps, une société où existait une sorte de salaire universel ­– un monde qui avait tout de même ses exclus.

Mais la seule chose qui est rigoureusement impossible, c’est que l’expropriation des capitalistes puisse se faire sans révolution sociale, la grande absente des théories de Friot... Du coup, ces dernières ne se distinguent guère des utopies de Thomas More, Robert Owen ou Charles Fourier. À ceci près que ces derniers avaient au moins pour eux de ne pas avoir connu la bestialité avec laquelle la bourgeoisie a défendu sa propriété de la fin du XIXe siècle à nos jours...

Jean-Jacques FRANQUIER

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