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DOSSIER : Le revenu universel de Benoît Hamon, une mesure « sociale »… que ne renie pas la bourgeoisie

Le machinisme se confond avec l’histoire du capitalisme

Mis en ligne le 12 mars 2017 Convergences Politique

À entendre tout ce qui se dit sur la destruction des emplois par les robots, sur la « fin du travail » prochaine, on pourrait croire à quelque chose de tout nouveau... Mais la substitution de machines au travail humain est aussi vieille que le capitalisme industriel !

Cela dit, ce n’est pas parce qu’une tâche est automatisable qu’elle sera automatisée : lorsqu’il revient moins cher d’employer des salariés, les patrons préfèrent cette solution plutôt qu’investir dans des machines qu’il faudra amortir sur de longues années. En Chine, le nombre de machines par travailleur (36 pour 10 000 ouvriers) est bien inférieur à celui de l’Allemagne (292) ou du Japon (312), car il est plus rentable d’y exploiter des travailleurs sous-payés. Il arrive pourtant que de nouvelles machines remplacent des salariés. Les patrons ne trouveront un intérêt à les déployer que si elles deviennent rentables, c’est-à-dire que le temps gagné est supérieur à ce qui est nécessaire pour les produire… ou si la contestation ouvrière monte et entraîne avec elle les salaires. On peut voir ce mécanisme en Chine, où les salaires progressent du fait de contestations peu médiatisées, mais bien présentes dans une classe ouvrière en expansion. Pas plus tard qu’en mai 2016, 60 000 ouvriers d’une usine chinoise de Foxconn, géant chinois qui assemble tablettes et smartphones pour Apple, Samsung et autres, ont été licenciés et remplacés par des robots.

Ce phénomène, aussi impressionnant soit-il quand il concerne une telle masse de travailleurs, n’a rien de nouveau. Il est même étroitement lié à la naissance et au développement du capitalisme industriel qui a correspondu, à la fin du XVIIIe et au XIXe siècles, à l’introduction du capital dans la sphère de la production. Tous les livres d’histoire datent la Révolution industrielle de la naissance de la machine à vapeur au XVIIIe siècle. De fait, cette source d’énergie facile à mettre en œuvre a permis aux systèmes mécaniques comme les poulies et les engrenages, connus depuis l’Antiquité, de fournir des machines susceptibles de remplacer le travail humain. Cette nouvelle énergie a ainsi entraîné un immense développement des forces productives, qui s’est poursuivi à grand rythme : moteur à explosion, travail à la chaîne, informatique, des bonds technologiques et des améliorations constantes ont permis des gains phénoménaux de productivité du travail. Au cours du XXe siècle, celle-ci a été multipliée par 13,6.

L’implantation d’une machine se traduit donc, en tout cas au moment de son introduction, par moins de travail humain, autrement dit par la perte de leur emploi pour de nombreux travailleurs. De là aussi la réaction bien compréhensible de ces travailleurs contre l’introduction de ces machines. Déjà, en 1811-1812, une révolte de petits producteurs s’est répandue en Angleterre pour briser les métiers à tisser des manufactures, qui les soumettaient à une concurrence insoutenable et les condamnaient au chômage… ou au salariat. Ils s’appelaient les luddistes. Mais, si les capitalistes ont tout fait pour opposer travailleurs et machines, le mouvement ouvrier a su dépasser cette contradiction en exigeant la baisse du temps de travail, notamment autour de la lutte pour la journée de huit heures. ■

M.S.

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