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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 111, février-mars 2017

États-Unis : la vraie menace vient des ‘1 %’

Mis en ligne le 12 mars 2017 Convergences Monde

Nous reproduisons l’éditorial des bulletins Speak Out Now, édités par le Revolutionary Workers Group dans les hôpitaux et les transports publics de la Bay Area, l’aire urbaine autour de San Francisco en Californie.


Le flux de tweets et de décrets venant de la Maison-Blanche est écrasant. Cela donne l’impression d’assister à un catastrophique accident. Certains se détournent horrifiés, tandis que d’autres tentent de comprendre ce qui se passe.

Trump joue au patron autoritaire qui prétend corriger tout ce qu’il juge « bad » (mauvais). Il joue sur les insécurités créées par cette société : les angoisses racistes, la peur des immigrés accusés de préparer des attentats terroristes ou de voler le travail aux « Américains ». Trump accuse le reste du monde, en affirmant que nos emplois ont été délocalisés à l’étranger. Son discours crée de faux ennemis pour masquer le véritable objectif de son mandat : récompenser les entreprises et les banques dont il représente les intérêts. Il suffit de regarder son gouvernement, composé d’hommes de Wall Street et de PDG. Huit membres de ce cabinet sont plus riches que 43 millions d’Américains !

La faute aux immigrés ?

La tentative de Trump d’interdire l’entrée du territoire aux ressortissants de sept pays qualifiés de « musulmans [1] » vise à réactiver la peur du terrorisme. Le président pointe aussi du doigt le Mexique, accusé d’exporter ses criminels, et a ordonné une levée de fonds pour construire le fameux mur, ajouter 5 000 gardes-frontières et bâtir de nouveaux centres de rétention pour les sans-papiers. Il menace de suspendre les fonds fédéraux des « villes sanctuaires » qui refusent de livrer les sans-papiers aux autorités [2].

Emploi ?

Peu de nouveaux emplois ont été créés. Mais le gouvernement a déjà distribué les contreparties : exemptions d’impôts et subventions aux entreprises. Cette prétendue création d’emplois amplifie en réalité à la campagne patronale visant à réduire les salaires et les minima sociaux et menacer les quelques droits que les travailleurs ont conservé.

Fin du gaspillage gouvernemental ?

Bien sûr, le gouvernement dépense abusivement l’argent public. C’est le gouvernement des riches qui utilise l’argent de nos impôts à leur avantage. Mais que visent réellement les coupes budgétaires de Trump ? Pas le budget de l’armée… L’industrie de la défense est une mine d’or pour les marchands de canons. Et les guerres menées partout dans le monde par l’armée américaine assurent l’exploitation des ressources et des peuples par les multinationales.

Non, l’austérité s’appliquera à l’éducation publique, aux services postaux, à la couverture maladie pour les plus pauvres [3], etc. L’objectif reste leur privatisation et leur transformation en business lucratif pour les grandes firmes.

Le Congrès passe aussi à l’attaque

Pendant que Trump tweete, le Congrès travaille d’arrache-pied pour soigner les profits des grandes entreprises en multipliant les subventions et les crédits d’impôts, en éliminant les normes environnementales et la mince régulation du secteur bancaire. Les travaux du pipeline Dakota Access [4] commencent. Les contrôles sur les mines de charbon qui polluent les cours d’eau et émettent du méthane ont été éliminés. Un projet de loi qui permettra d’abroger la majoration des heures supplémentaires pour ouvriers et employés est en passe d’être adopté, ainsi que les coupes dans l’éducation publique. Et bien sûr, Obamacare [5] est dans le viseur. Bien que ce ne soit certainement pas le système de santé dont les classes populaires ont besoin, priver les plus pauvres de tout remboursement ne va certainement pas arranger les choses.

Ne tombons pas dans le panneau des mensonges de Trump et de ses fameux « faits alternatifs ». Nous savons par expérience que la tactique préférée des patrons consiste à diviser pour régner – ils tentent de nous monter les uns contre les autres pour empêcher notre riposte collective.

Nous ne pouvons pas compter sur les démocrates, qui représentent eux aussi les intérêts des 1 %. Au mieux, ils exprimeront une opposition verbale aux pires excès de Trump. Mais c’est leur bilan après huit années de mandat d’Obama qui est à l’origine de l’élection de Trump.

Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces. Nombreux sont ceux qui ne sont pas restés silencieux face à ces attaques. Les étudiants ont manifesté, les lycéens se sont mis en grève, des millions de personnes ont participé à la marche des femmes et des dizaines de milliers ont inondé les aéroports dans tout le pays pour défendre les passagers étrangers retenus en transit suite au ‘Muslim Ban’. Un bon début, pour nous, les 99 % !

13 février 2017


[1Ce décret surnommé Muslim Ban concerne l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Il a été retoqué par la justice quelques jours après sa mise en œuvre brutale.

[2Plusieurs grandes villes des États-Unis, en général démocrates, ont adopté ce genre de législation… utilisée pour tempérer les ardeurs du gouvernement fédéral démocrate d’Obama qui a battu les records d’expulsion de sans-papiers.

[3Medicare et Medicaid.

[4Ce projet de pipeline dans le Dakota du Nord avait été gelé grâce à une longue lutte des Américains natifs de la région avec occupation permanente du chantier, manifestations, etc. Le 24 février dernier, un déploiement militaire et policier impressionnant est venu à bout du dernier campement d’opposants.

[5La réforme d’Obama qui impose à tous les américains une assurance santé et fournit (à grands frais) une couverture maladie minimale aux plus pauvres.

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