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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 79, janvier-février 2012 > Russie : Poutine de capitalisme !

Poutine et la verticale du capitalisme

22 janvier 2012 Convergences Monde

Après l’effondrement économique des années 1990, où on avait assisté à la désorganisation totale de l’économie et un appauvrissement massif de la population, la Russie affiche une croissance moyenne de 7 % entre 2000 et 2008. Les nouveaux investisseurs sont contents.

Du pétrole et du gaz

L’économie russe a bénéficié de la remontée du cours du pétrole à la fin des années 1990. Plus de la moitié des exportations russes sont des exportations d’hydrocarbures. Sous Poutine, l’État russe a pu renflouer ses finances avec les taxes sur leur exportation qui représentent environ la moitié du budget de l’État, régler de nombreuses dettes et se libérer de la tutelle du FMI.

Un certain retour de l’État...

C’est pour cela que l’État russe avait repris partiellement le contrôle des hydrocarbures. En contrôlant les banques les plus puissantes, publiques, il a pu rétablir des relations monétaires normales (en réduisant notablement la part de troc entre les entreprises qui s’était généralisé dans les années 1990), et œuvrer à une meilleure stabilité du rouble sur le marché des devises.

Si Poutine a repris en main quelques compagnies, notamment par le biais de Gazprom dont l’État détient 50 % des actions, il n’a jamais cessé de privatiser : ainsi le secteur de production de l’électricité a été largement privatisé en 2008. Et en 2011 le gouvernement Poutine-Medvedev a annoncé son intention d’entreprendre un nouveau grand plan de privatisations.

La bourgeoisie russe et internationale profite d’une fiscalité sur les entreprises des plus légères : un impôt sur les sociétés de 13 %. Poutine a mis au pas quelques nouveaux grands bourgeois (ceux qu’on baptise oligarques), simples règlements de compte avec des concurrents. Les autres sont couverts. Mais sur le coup, cela a valu à Poutine une certaine popularité.

… et un retour des investissements

Un État fort, qui se faisait le garant de la propriété privée, un cadre économique plus stable, ces transformations n’étaient pas pour déplaire aux investisseurs étrangers. Ils ont à partir de 2004 investi plus notablement dans ce pays. Y compris les bourgeois russes rapatriant une partie des fortunes mises à l’abri à l’étranger, en particulier à Chypre. D’où la curiosité de voir cette île devenir dans les statistiques l’un des plus gros pays investisseurs étrangers en Russie !

Les secteurs économiques les plus développés sont la production et l’exportation des matières premières : pétrole et gaz, mais aussi charbon, métaux, bois de construction, et bien d’autres richesses naturelles. Par contre de nombreuses branches de l’industrie qui existaient en Union soviétique ont, de fait, quasiment disparu et n’ont pas profité de la reprise, en particulier dans l’industrie légère : des produits comme les chaussures ou les appareils photo, ne sont quasiment plus produits en Russie. Ont survécu en revanche l’industrie chimique et surtout le secteur de l’armement : la Russie est toujours le deuxième exportateur d’armes (fusils d’assaut ou avions de chasse), fournissant en particulier les armées chinoises et indiennes. L’automobile a connu aussi un net développement, tirée par une hausse importante de la consommation.

Bref le développement est très inégal. Comme c’est la règle du capitalisme. Des provinces sont demeurées extrêmement pauvres, alors que Moscou a pris, dans certains quartiers, l’allure d’une capitale européenne avec ses commerces modernes, flambants neufs, et son prix de l’immobilier de 3 740 € le mètre carré en 2011. Une petite bourgeoisie aisée adopte un mode de vie à l’occidentale, a pris l’habitude de voyager régulièrement à l’étranger alors que dans les campagnes de cet immense pays, beaucoup ne vivent pratiquement que de la production de leur potager et que des retraités survivent avec une centaine d’euros par mois.

Mais voilà qu’avec 2008, la croissance selon Poutine a débouché, comme toujours avec le capitalisme, sur une crise...

Michel CHARVET

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