Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 6, novembre-décembre 1999 > Points de vue : L’autonomie du mouvement social

Points de vue : L’autonomie du mouvement social

Politique et mouvement social

Mis en ligne le 1er décembre 1999 Convergences Politique

La manifestation du 16 octobre et la sortie de l’appel pour l’autonomie du mouvement social ont ravivé le débat sur les relations entre partis politiques et organisations syndicales ou associatives. On ne peut aborder ce débat indépendamment du fait que la gauche plurielle est au gouvernement, que celui-ci mène une politique dans la continuité de celle menée par les gouvernements précédents.

Cette participation génère des contradictions au sein de certaines des composantes de la gauche plurielle les obligeant ponctuellement à se démarquer par rassurer leurs militants et leur électorat. C’est dans ce cadre que s’inscrit la manifestation du 16 octobre initiée par le PCF.

Le fait que certains, comme la direction de la CGT, aient avancés de mauvaises raisons pour justifier leur non-participation ne doit pas nous faire oublier qu’il y avait des arguments tout à fait recevables pour que des organisations syndicales et associatives n’appellent pas à cette manifestation. C’était notamment le refus de subordonner des organisations syndicales ou associatives à une opération politique d’un parti gouvernemental, et ce d’autant que tous les indices montraient qu’elle n’apparaissait pas à une échelle de masse comme un moyen de débloquer la situation. Dès lors, il est erroné de laisser entendre que de ne pas participer à cette manifestation revenait à faire le jeu du gouvernement. Mieux vaut porter la critique à la direction du PCF qui un jour avant la manifestation a annoncé que les députés communistes voteraient la loi Aubry, les mêmes députés s’abstenant quinze jours plus tard sur la loi de financement de la Sécu.

Etre clair là-dessus est la condition pour pouvoir engager le débat avec ceux qui n’ont pas voulu pour de « bonnes » raisons s’associer à la manifestation du 16 octobre.

Il n’est pas possible dans ce court article d’aborder tous les problèmes posés par la manifestation du 16 octobre et par l’appel pour l’autonomie du mouvement social. Il faudra le poursuivre. Soulevons juste quelques questions.

Nous sommes contre toute forme de subordination des organisations de masse aux partis politiques et nous défendons un fonctionnement démocratique de ces organisations. Mais il serait totalement faux de laisser entendre que les organisations de masse ne devraient avoir aucun lien avec les partis politiques. Outre le fait que de nombreux militants politiques en sont partie prenante, il est nécessaire et indispensable qu’existent des cadres unitaires dans lesquels se retrouvent partis politiques et organisations de masse. C’est déjà le cas sur des questions comme les mobilisations pour la régularisation des sans-papiers ou la défense des droits des femmes. C’était le cas à Clermont Ferrand lors de la manifestation des Michelin contre les licenciements. Et c’est à l’ordre du jour pour organiser la lutte contre les plans de licenciements, contre la loi Aubry, contre le démantèlement de la sécurité sociale et l’introduction des fonds de pension, contre la privatisation des services publics. Dès qu’on touche au cœur de la politique du patronat et du gouvernement, il n’y a pas des sujets qui seraient du ressort exclusif des organisations syndicales et d’autres du ressort des partis politiques.

Il y a aussi un autre danger : c’est de parer les organisations de masse de toutes les vertus et les partis politiques de tous les péchés. On ne peut aborder cette question des rapports entre organisations de masse et partis politiques indépendamment de l’orientation politique des uns et des autres. Il y a des organisations de masse totalement indépendantes qui peuvent tomber dans le corporatisme ou dans la collaboration de classe la plus misérable comme la CFDT par exemple. La manière concrète dont se nouent les relations entre syndicats, associations et partis politiques doit être déterminée aussi en fonction des exigences de la mobilisation pour imposer les revendications, pour développer l’auto-organisation, et pas de manière abstraite selon des lois immuables.

Léonce AGUIRRE

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article