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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 6, novembre-décembre 1999 > Points de vue : L’autonomie du mouvement social

Points de vue : L’autonomie du mouvement social

Points de vue

Mis en ligne le 1er décembre 1999 Convergences Politique

Dans cette rubrique, militants des deux tendances qui publient Convergences Révolutionnaires, mais aussi lecteurs appartenant à d’autres courants, font part de leurs réactions ou points de vue. Nous leur demandons simplement de respecter les contraintes d’une pagination forcément limitée.

Dans ce numéro, s’expriment les points de vue de deux collaborateurs de la revue par rapport à l’appel sur « l’autonomie du mouvement social », dont nous publions des extraits qui nous ont semblé significatifs.


Nous publions ici des extraits de l’appel. Pour se procurer l’intégralité, vous pouvez contacter :

Droits Devant !! Tél : 01 42 58 82 18 / 22 / 28

Fax : 01 42 58 82 21 E-mail : droits-devant chez globenet.fr

Résolument pour une alternative, le développement des luttes et l’autonomie du mouvement social !

Les dernières échéances électorales ont mis en lumière une profonde crise de confiance dans les modes de représentation politique, confirmée lors des européennes par l’ampleur des abstentions, des votes nuls, blancs et protestataires : perte de légitimité des institutions politiques, crise des repères démocratiques, crise de la délégation de pouvoir, crise de la fonction et de la forme « parti », sur fond d’une crise de société.

A la tête de la plupart des États de l’Union européenne, les gouvernements sociaux-démocrates n’ont plus d’autre ambition que de gérer le système capitaliste tel qu’il est, s’accommodant des inégalités croissantes et des injustices sociales, du chômage, de la précarité de masse et des exclusions, des discriminations subies par les femmes, et de la relégation d’une partie grandissante de la population, notamment celle issue de l’immigration, dont les sans-papiers.

(…) Pourtant depuis des années, et particulièrement depuis les grèves de 1995, des mobilisations ont su bousculer ce consensus autour de la pensée unique et contester radicalement la logique du profit : luttes des chômeurs et des salarié(e)s précaires, des mal-logé(e)s, des sans-logis et des SDF interdits de mendicité, des sans papiers, des femmes, des jeunes, des coordinations d’enseignant(e)s et de parent(e)s d’élèves, luttes pour la préservation de 1’écosystème, et mobilisations des réseaux de résistance à la mondialisation de la loi du marché (Coordination contre l’AMI ; manifestations contre l’OMC ; Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions ; Marche mondiale des femmes ; réseaux ATTAC ; Réseau d’alerte sur les inégalités...)

A partir des valeurs et des alternatives qu’elles portent en commun, ces mobilisations concourent à des initiatives unitaires à tous les niveaux, tant local que national et international. Convergences qui font de ces dynamiques de luttes un véritable mouvement social.

Nous, militant(e)s associatif(ve)s et syndicalistes, sommes convaincu(e)s que de ce mouvement social peuvent émerger les éléments d’un nouveau projet de société, s’il réussit à fédérer ses revendications. C’est en opposant des projets alternatifs portés par les luttes que nous ferons vraiment reculer le néolibéralisme, la logique capitaliste, le « tout-profit ».

Le mouvement social, même s’il n’est pas le seul espace d’élaboration, soulève en effet des enjeux essentiels, comme la redistribution des richesses et celle du travail. C’est lui qui a montré que s’attaquer frontalement au chômage, à la précarité et aux exclusions pose la question de la nature du travail, de sa dimension aliénante, et de 1’utilité sociale et écologique des productions... C’est lui encore qui a posé la question de l’égalité devant et par les services publics, instruments de lutte contre les discriminations et de justice sociale. Il s’agit bien d’un choix de société : celui d’une solidarité active, dans le sens d’une égalité d’accès aux droits fondamentaux, contre celui d’un « consensus républicain » autour du libéralisme sauvage, allant jusqu’à la criminalisation, le traitement policier et carcéral de la crise sociale.

Nous affirmons le choix de 1’autonomie du mouvement social, c’est-à-dire de l’ensemble des mouvements sociaux sous leurs formes diverses : associations de lutte, syndicats, coordinations, réseaux... Ce qui repose la question de 1’indépendance de ces structures vis-à-vis du gouvernement et des partis, et du refus des simagrées de prise en compte des mouvements sociaux, des tentatives de récupération de toutes sortes, avec les détournements de personnes dans des fonctions péri-gouvernementales ou sur des listes de candidature électorales.

L’autonomie du mouvement social, sa capacité à mobiliser à travers des pratiques imaginatives d’action et de démocratie directe et collective, permettront d’inventer des formes nouvelles d’expression ouvrant la voie à de nouveaux projets pour la société. C’est ainsi, à partir d’une position de pleine autonomie, dégagée des préoccupations de gestion du système et des institutions, que le mouvement social pourra, selon nous, s’imposer dans le débat, et imposer d’autres choix aux décideurs économiques et politiques.

(…)

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