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Accueil > Autres > Grève contre la réforme des retraites de 2019-2020

L’actualité de la grève - 16 janvier 2020

17 janvier 2020 Politique

(Quelques notes sur la mobilisation rédigées le 16 janvier 2020 au soir)

Toujours importantes et dynamiques, les manifestations de ce jeudi ont été moins nombreuses que la semaine dernière. Beaucoup de secteurs avaient eu du mal à identifier la journée de manifestation nationale de la semaine, entre mardi et jeudi. Bien sûr pas la seule explication, aussi peut-être une lassitude pour les secteurs qui ne font que les journées.

A la SNCF et à la RATP, le nombre de grévistes est remonté ce jeudi, mais dans une tendance générale à la baisse. C’est très significatif du moment et des possibilités pour la suite. La grande majorité des AG ont voté la reconduction de la grève. Les discussions sont nombreuses sur les modalités. Diverses propositions sont débattues, notamment la grève sur les temps forts ou la grève perlée mise en avant par les syndicats. Mais aucune ne se dégage et n’emporte l’adhésion du noyau dur. La chose importante et qu’on retrouve partout est que même ceux qui reprennent le travail après 43 jours de grève ne raccrochent pas les gants : pour eux comme pour leurs collègues qui ont fait moins de jours, le mouvement continue. D’où la hausse sur une journée comme jeudi. Un noyau dur se maintient en reconductible de manière lucide, pour faire militer sur les grosses journées, continuer de garder dans le coup ceux qui ont repris le travail, et alimenter les actions quotidiennes. Avec un moral très bon au vu de la situation, car ils observent et encouragent une forme de relève d’autres secteurs.

Ce qui était frappant dans les cortèges, c’est le nombre de profs. Ils représentaient plus de la moitié de la manif parisienne, encore avec des banderoles d’établissements, beaucoup de jeunes, de non syndiqués, des regroupements par quartiers, une envie d’interpro et d’actions nombreuses comme le rectorat de Paris qui a été envahi mercredi. Dans certains établissements, des épreuves avancées ont été annulées par l’effort conjugué de la grève enseignante et du blocage des étudiants, parfois appuyés par les cheminots comme à Tours et à Nîmes. Les épreuves du bac en contrôle continu (E3C) seront nombreuses la semaine prochaine et promettent une agitation, elle aussi, continue.


Le gouvernement semble juger désormais toute tentative de camouflage inutile. Il avance à visage découvert, avec l’article 64 sur les plans d’épargne retraites dans son projet de loi ou encore la double page de Bruno Le Maire dans Le Parisien : la baisse du livret A doit inciter à diversifier les placements, notamment dans les Plan Épargne Retraites, « il faut un Blackrock à la française ». Il semble qu’AXA soit candidat, en tout cas l’assureur a produit une brochure qui en dit plus long que tous les brûlots gauchistes : comme la réforme va appauvrir tous les salariés (expliqué aux grands enfants que nous sommes avec un dessin de portefeuille renversé), c’est le moment de placer dans un fonds de pension made in France.

La réforme des retraites présentée par Axa
Publicité d’AXA (cliquer sur l’image pour avoir l’intégralité)

Le Pen doit juger qu’elle a assez fait de démagogie en surfant sur un soutien au mouvement (refuser la réforme « par tous les moyens nécessaires, même la grève »). Elle annonce donc sa candidature en 2022, une façon pour elle de revenir aux choses sérieuses.


Sinon on note une participation sporadique du privé, souvent sur des revendications propres. Ports, raffineries, éboueurs, etc. A Lille où les ouvriers de l’usine Cargill se battent contre les licenciements. Ils ont des piquets de grève depuis lundi sur leur usine. Mercredi, lors d’une AG commune avec les cheminots, ils ont décidé de participer à la manif dans un cortège commun. Ils ont défilé bras-dessus, bras-dessous dans la manif de jeudi. (Voir Manifestation à Lille le 16 janvier : Cargill et cheminots au coude à coude).

Le 16 janvier 2020 à Lille, cheminots et Cargil ensemble

A PSA Poissy, le soutien aux grévistes s’est exprimé lors d’une collecte en faveur des cheminots qui ont récolté 2 900 euros en une heure. Ce soutien large des salariés se vérifie dans toutes les villes et toutes les actions. Il indique une défaite profonde du gouvernement, déjà affaibli par la grève des cheminots de 2018 et surtout les gilets jaunes, ainsi qu’une possibilité de rebond, en tout cas une situation de lutte toujours ouverte dans laquelle les phases aiguës peuvent se succéder rapidement.

Autre bonne nouvelle de la journée du côté de la jeunesse. Des lycées ont été nombreux à être bloqués ce matin, dont l’emblématique Louis-le-Grand à Paris, on en attend plus la semaine prochaine avec les épreuves du bac à boycotter. Quelques AG plus nombreuses dans les facs, parfois encouragées par la mobilisation qui commence chez les personnels du supérieur. Pas encore massif, mais une politisation anti-Macron et plus largement dans la jeunesse pourrait s’exprimer bientôt dans la rue.

Le 16 janvier au matin, blocage du lycée Louis le Grand

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