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L’actualité de la grève ­- 12 janvier 2020

14 janvier 2020 Politique

(Ci dessous quelques notes sur la mobilisation entamée le 5 décembre, rédigées le 12 janvier 2020)

L’actualité du week-end c’est bien sûr la manœuvre d’Edouard Philippe autour de la mise en place de la « conférence de financement » maquillée en retrait de « l’âge pipeau ».

Comme l’a dit Philippe Poutou : « le retrait de l’âge pivot est un non-événement tant c’était programmé depuis quelques semaines. Le « provisoire » donne un côté gag à l’histoire. Pendant les manœuvres et le matraquage, la bataille doit encore se renforcer, s’étendre, se radicaliser pour faire plier le pouvoir. » Ou Olivier Besancenot : « Nous ne luttons pas depuis le 5 décembre pour se contenter d’un retrait « provisoire » de l’âge pivot ou d’une conférence de financement. Personne n’est dupe. Engouffrons nous dans la brèche. La lutte continue jusqu’au retrait ! »

Le détail de la lettre de Édouard Philippe montre tous les pièges et contreparties à ce prétendu retrait de l’âge pivot. La conférence de financement devra décider comment partager la misère, comment faire 12 milliards d’économies sur le dos des travailleurs actifs ou retraités avec interdiction d’augmenter le salaire brut (appelé « coût du travail »). Y participer, c’est se placer dans le cadre de la retraite à point. C’est ce que fait pourtant la direction de la CGT qui se refuse à la boycotter – ce qui est complètement contradictoire avec le fait de continuer à appeler au retrait.

L’avantage de cette manœuvre gouvernementale c’est qu’elle montre que le gouvernement est sur le reculoir. Ce n’est pas le moment de relâcher la pression, au contraire. D’ailleurs, beaucoup de grévistes RATP ou SNCF, après 40 jours, ne veulent pas reprendre, malgré le pistolet financier sur leur tempe, pour ne pas laisser penser qu’ils approuvent ce prétendu compromis, que le gouvernement a quasiment négocié avec lui-même – voir les nombreux liens incestueux entre la CFDT et la macronie.

Autre motivation pour ne pas lâcher le morceau côté SNCF/RATP : la rage contre les exactions des flics. La répression policière est montée d’un cran cette semaine, et elle a visée des militants de la grève, parfois responsables syndicaux, pour certains d’entre eux ciblés personnellement. Les images et vidéos ont fait le tour et ont indigné, d’autant qu’elles complètent le tableau des agissements de flics qui rentrent désormais sur les lieux de travail pour attaquer les piquets. Des rassemblements nombreux se sont tenus devant les commissariats.

Après les manifestations très déterminées du jeudi 9 la journée a été chargée le vendredi 10. Sur Paris, en plus des AG et diffusions pour étendre le mouvement, se sont tenus :

  • une AG/meeting RATP à Vincennes avec plusieurs centaines de grévistes (voir l’intervention d’Olivier Besancenot) ;
  • un rassemblement devant le commissariat du 8e avec plusieurs centaines qui a abouti à la libération d’un cheminot Sud-Rail de Gare du Nord et d’un traminot Sud-RATP de la ligne 9 ;
  • une action des territoriaux de Paris qui ont envahi le conseil d’Etat ;
  • une action des enseignants qui ont envahi le salon « parcoursup » post-bac.

Belle action à Toulouse d’envahissement d’Axa – il n’y a pas que les américains de Black Rock qui font dans le fonds de pension, mais aussi les patrons bien de chez nous.

Voilà pour la journée « creuse » avant les manifs de samedi, qui ont été bien plus grandes que celles des samedi 28 décembre et 4 janvier. Les cortèges de grévistes sont très nombreux et s’organisent pour tenir face à la pression des flics, parfois empruntent des itinéraires alternatifs, etc. Beaucoup disent qu’ils ne laisseront plus faire les violences sans réagir…

Bien sûr le problème reste le même que la semaine passée, avec une semaine de plus de grève dans les pattes : étendre le mouvement. Cela a commencé cette semaine, avec un élargissement par rapport aux deux ou trois semaines des fêtes, il faut continuer.

A noter la présence de nombreuses banderoles du privé jeudi dernier, surtout en province. Mais aussi la présence remarquée de travailleurs de secteurs différents (avocats) ou de petites boîtes (BTP) dans les manif de samedi.

A Lille, les licenciements dans l’usine Cargill déclenchent des réactions et c’est naturellement vers les cheminots en grève que les travailleurs se tournent. Dans les raffineries, la grève « reconductible » continue sous ses modalités « tournantes ». Ces jours-ci les ports de Marseille ou de Saint-Nazaire ont été fermés.

C’est du côté des enseignants, troisième pilier, que le mouvement pourrait trouver des réserves de force bienvenues. Dans les lycées la semaine prochaine sera celle des actions contre les E3C (le bac en contrôle continu sauce Blanquer). Comme la grève du bac en juillet dernier, le boycott ou le blocage de ces épreuves sera l’occasion d’actions de grève active, de médiatisation et de construction de liens entre AG et entre grévistes. Ce refus des E3C s’inscrit pleinement, dans la tête de ceux qui y participent et l’organisent, dans le cadre du mouvement du 5 décembre contre la réforme des retraites… et tout le reste.


L’appel de la coordination RATP/SNCF qui s’est réunie le vendredi 10 janvier :

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