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Le trou de la Sécu : une aubaine pour les labos privés !

5 octobre 2020 Article Politique

(Photo : Dean Calma / IAEA, CC BY 2.0)


Avec 1,2 million de tests par semaine, le cocorico de Véran pourrait nous réjouir… s’il s’était accompagné de délais courts et d’une note un peu moins salée pour la Sécurité sociale. Avec 73,59 euros le test dans la poche des laboratoires privés, et ce sans embaucher dans lesdits labos au point que certaines et certains s’y mettent en grève, le Covid rapporte gros. Si le coût du test PCR est en lui-même de 54 euros, il faut lui ajouter les coûts du prélèvement en tant que geste médical, du matériel de protection utilisé par le personnel et, cerise sur le gâteau, des frais de dossier pour la plateforme où sont enregistrés les résultats… ainsi que des frais de transmission des informations.

Certes, en France nous pouvons nous faire tester sans sortir tout de suite le chéquier, même asymptomatiques, même sans ordonnance, ce qui peut permettre de gagner du temps en cas de test positif. En outre, le prix est le même dans les laboratoires privés et publics alors qu’au Royaume-Uni, un dépistage dans le privé coûte la modique somme de 350 euros. Mais la fierté française s’arrête là. D’abord parce que dans le public, le prix du test est parmi les plus élevés d’Europe. Ensuite, parce que s’il y a environ quatre mille lieux de prélèvements, en revanche seules 190 sociétés peuvent analyser les tests grâce à de nouvelles machines, la majeure partie de l’activité étant assurée par les six plus grosses d’entre elles, d’après l’économiste de la santé Frédéric Bizard [1]. Comme l’investissement dans les machines et surtout dans les embauches n’a pas été à la hauteur des besoins, les délais pour avoir les résultats sont très longs, au point qu’à Paris, des laboratoires – hors-la-loi ! – proposent une surfacturation de 100 euros pour des délais plus rapides. Une belle illustration de la recherche du profit au mépris de la santé de la majorité de la population ! Et qui paiera la facture du fameux trou de la Sécu, devenu depuis la rentrée un gouffre, voire un abîme, selon les porte-paroles gouvernementaux… en quête de nouveaux moyens pour nous faire les poches ?

Nous risquons fort d’être deux fois floués dans cette histoire. Car il faut le rappeler, la Sécurité sociale présentée comme un acquis, est une mutualisation de nos cotisations sociales. C’est une partie de nos salaires qui va directement dans les poches des laboratoires : la générosité de la Sécurité sociale profite largement à la « big pharma ». Et on imagine bien que le gouvernement fera tout pour que nous comblions ce gouffre de la Sécu nous-mêmes. De la hausse des cotisations jusqu’à la facturation des services d’urgence, en passant par la baisse générale de moyens dans les services publics, aux dépens de nos portefeuilles et de notre santé : en matière de solutions antisociales, ce n’est pas le manque de ressources !

À nous de dénoncer ces escroqueries et de lutter contre !

Barbara Kazan

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