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En Italie

“Le nostre vite valgono piu’ dei loro profitti” (Nos vies valent plus que leurs profits)

21 mars 2020 Article Monde

En Italie, le premier cas de coronavirus a été recensé le 22 février. C’était un homme d’affaires de la région de Milan, rentrant d’un déplacement en Chine. Malgré d’autres cas rapidement déclarés, le souci du patronat et des politiciens locaux a été de montrer que l’activité économique continuait comme avant. Le maire de Milan a lancé un hastag #milanonon siferma (Milan ne s’arrête pas).

Depuis, la maladie s’est propagée à une vitesse fulgurante. Le nombre de décès qui était de 7 le 24 février se monte aujourd’hui (21 mars) à 4032.

Les premières régions touchées ont été la Lombardie, la Vénétie et l’Emilie-Romagne, situées dans le nord et le centre-nord du pays, c’est-à-dire les régions les plus riches et où le système sanitaire est le plus performant. (En Italie, le système sanitaire est géré par les régions et il est tellement dégradé dans le sud que les personnes qui ont les moyens vont se faire opérer dans le nord).

L’exode… des « zones rouges »

Dans ces trois régions, le gouvernement a d’abord décidé de fermer les écoles et universités, puis les a déclarées « zones rouges » en décrétant un confinement de la population. Cela a provoqué un véritable exode de milliers d’habitants de ces régions vers le sud d’où ils sont originaires ou ont des résidences secondaires, augmentant encore le risque de contagion.

En Lombardie surtout, les hôpitaux sont débordés, les personnels hospitaliers sont à genoux, incapables d’assurer les soins à tous ceux qui en auraient besoin et obligés de faire un tri parmi les malades en état grave par manque de lits en soins intensifs.

Révoltes dans les prisons

Des révoltes ont éclatées dans les prisons, pour protester contre l’interdiction des visites, faisant 13 morts. Selon la version officielle, toutes ces morts seraient dues à des overdoses, après que les prisonniers ont réussi à pénétrer dans les infirmeries.

Grèves

Depuis le 10 mars, toute l’Italie est concernée par les mesures de confinement. Mais les consignes sont les mêmes qu’en France : d’un côté le gouvernement martèle le slogan « Io sto a casa » (moi je reste à la maison) et de l’autre il n’est pas question de fermer les entreprises même lorsque leur activité n’est pas indispensable.

Le 12 mars, des grèves ont commencé à éclater. Des débrayages spontanés ont eu lieu. Par exemple chez Fiat à Pomigliano d’Arco, près de Naples, ainsi que dans plusieurs usines de Brescia et Mantoue, chez Whirpool à Varese, etc. A l’usine Fiat de Termoli (région Molise) un appel à la grève a été lancé par deux syndicats de base. Rapidement les grèves ont gagné de nombreuses autres entreprises, comme Amazon, Electrolux, Piaggio, Fincantieri…

Les confédérations syndicales se contentent d’approuver les directives du gouvernement

Du coup, le 14 mars, le gouvernement a décidé de rencontrer les trois confédérations syndicales : CGIL, CISL et IUL. Cette réunion, après 18 heures de négociations, a abouti à un protocole qui entérine de fait la décision de ne pas fermer les entreprises non essentielles en se limitant à recommander aux patrons d’appliquer les mesures de précautions prévues par le décret gouvernemental… Il est même précisé que : « l’adoption des dispositifs de protection individuelle indiquée dans le présent protocole est évidemment liée à leur disponibilité dans le commerce ».

A la suite à ce protocole, beaucoup d’usines ont décidé de fermer pour un ou deux jours, afin de nettoyer et désinfecter les ateliers et bureaux, avant de rappeler le personnel. Malgré cela, des appels à poursuivre la grève ont été lancés dans des entreprises pour exiger leur fermeture tant qu’on ne pourra pas y travailler en sécurité.

Cela a conduit des entreprises comme Michelin ou Fiat à fermer temporairement. Mais si Fiat a décidé de fermer jusqu’au 27 mars une grande partie de ses usines, elle continue à faire travailler celles qui fabriquent les moteurs (comme à Termoli : 2600 salariés) en invoquant le besoin d’approvisionner ses établissements extérieurs.

Même si souvent leurs militants locaux ne sont pas sur la même ligne, les confédérations syndicales se limitent à approuver les directives du gouvernement, et à s’en remettre aux patrons pour les appliquer.

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