Le 21 avril, votons pour nous-mêmes, votons ArletteLAGUILLER
15 avril 2002 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Le 21 avril, votons pour nous-mêmes, votons Arlette LAGUILLER
Chirac et Jospin à quelques jours du premier tour, en sont à craindre une trop forte dispersion des votes nous dit-on. Après avoir mené, l’un pendant sept ans, l’autre pendant cinq ans, une politique au détriment de ceux qui n’exploitent personne et ne vivent que de leur travail, la majorité dans ce pays, ils voudraient encore – tiens donc ! – qu’on revote pour eux. Et ils aimeraient tant nous faire croire que ce qu’ils n’ont pas fait jusque-là, ils le réaliseront demain.
Chirac vient ainsi de déclarer sans rire qu’il ne trouvait « pas normal qu’il y ait dans notre pays autant de pauvres » et « qu’il y ait encore des problèmes d’emploi ». Pour en conclure qu’il fallait encore diminuer les charges sociales. C’est-à-dire faire davantage de cadeaux aux patrons qu’il n’en a déjà été fait tout au long de sa présidence ! Une nouvelle présentation en somme de son engagement de 1995 de « réduire la fracture sociale », attrapant les voix de ceux qui avaient bien voulu y croire et qu’il a déçus.
Jospin de son côté, s’inquiète des sondages, particulièrement des bons scores prêtés à Arlette Laguiller. Après avoir laissé espérer aux patrons et aux riches qu’il n’en serait pas moins à leur service que Chirac, il découvre dans ses derniers discours qu’il reste encore des ouvriers. Mais s’il parle maintenant à son tour un peu plus de ceux qui travaillent, il ne va quand même pas jusqu’à s’engager, par exemple, à ne pas toucher au système des retraites ou à faire une loi pour interdire les licenciements. Pas non plus jusqu’à stopper les privatisations, puisque dans un espace de 15 jours avant les élections il vient de franchir un nouveau pas dans « l’ouverture du capital » de Renault, de Thomson Multimédia, et de vendre le réseau Autoroutes du Sud de la France, offrant à l’encan les entreprises publiques à la spéculation capitaliste. Comme quoi ce n’est pas parce qu’on parle du monde du travail qu’on renonce à se faire apprécier du monde de la Bourse !
Après avoir mené au gouvernement la même politique que la droite, la gauche voudrait quand même que les travailleurs lui apportent une fois encore leurs suffrages, en somme qu’ils en redemandent. Jospin et les dirigeants socialistes comptaient en particulier sur Robert Hue et le Parti Communiste pour lui offrir au second tour sur un plateau et sans aucun engagement, les voix des travailleurs mécontents. Pas de chance, ceux-ci voient de moins en moins l’utilité de donner leurs voix au premier tour au Parti Communiste qui, au gouvernement, n’a empêché aucun de ses mauvais coups et lui a en revanche apporté les suffrages de ses députés pour les faire passer. Même si Robert Hue, le temps d’une campagne, dit vouloir obliger Jospin à mener une politique plus à gauche, il ne parvient pas à faire oublier que pendant cinq ans il s’est aligné platement, ministres communistes à l’appui, même si ce fut en grognant devant la perspective d’avoir ensuite à le payer sur le plan électoral.
Quel que soit le vainqueur du second tour, aucun des problèmes des travailleurs ne sera réglé. Jospin ou Chirac, l’un ou l’autre, une fois élu continuera à servir les intérêts du patronat et des possédants, contre ceux des travailleurs, comme ils l’ont fait jusque-là. Pour mettre véritablement le holà au chômage et à la dégradation des conditions d’existence des salariés, les élections ne remplaceront pas les luttes.
Mais au premier tour, nous pouvons au moins faire un geste pour nous-mêmes : voter pour nos vépitables intérêts, en votant pour Arlette Laguiller. Même si un vote ne peut suffire à les faire changer de politique, il peut au moins servir à nous faire craindre de nos ennemis, à nous donner confiance en nous-mêmes en montrant que nous sommes nombreux et décidés. Ce vote peut être utile pour préparer un nouveau « tous ensemble », un 3° tour, social cette fois.
Dites bien fort le 21 avril que vous êtes :
Pour l’interdiction des licenciements et pour le contrôle des comptes des entreprises. Pour que l’argent de l’Etat serve à créer des emplois dans les services publics et pas à faire des cadeaux au patronat et aux riches. Dites que vous êtes pour l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux de 300 €.
Votez Arlette LAGUILLER !

