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La révolution égyptienne et ses ennemis

15 juillet 2013 Brève

Deux ans après avoir dégagé Moubarak, environ 20 millions d’Egyptiens – dans un pays qui en abrite 85 millions ! – ont manifesté le 30 juin dernier pour « dégager » le président Morsi, lequel n’avait rien à envier au dictateur déchu, tant du point de vue de l’usage de la torture contre les opposants que de l’appauvrissement des couches populaires. Effrayé par cette mobilisation, l’état major de l’armée a préféré limoger Morsi, son ancien partenaire islamiste au pouvoir, tout en réprimant dans le sang les manifestants en sa faveur. Une façon de confisquer l’immense mobilisation populaire du 30 juin.

Bien des manifestants anti-Morsi se défient des militaires et se souviennent que depuis 2011, c’est la police et l’armée qui, à plusieurs reprises dans cette révolution, ont tiré sur les manifestants, torturé et tué des opposants..

L’énergie inépuisable des révolutionnaires égyptiens a détrôné un dictateur, viré des gouverneurs, poussé à limoger un président. Mais il manque une expression politique qui se place pleinement du côté de la population laborieuse et de la jeunesse : un parti ouvrier révolutionnaire qui donne une toute autre perspective politique et sociale que cette prétendue démocratie bourgeoise appuyée sur l’armée ou la réaction religieuse.

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