La rentrée du gouvernement... et la nôtre
27 août 2012 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Même les dérisoires promesses électorales ne sont pas tenues. Avant de prendre des décisions, Hollande veut “faire le tour de la question”.
A croire que la priorité gouvernementale en cette rentrée c’est l’évacuation policière des camps de Roms, de façon aussi odieuse que sous Sarkozy !
Résultat, plus question du blocage du prix de l’essence, qui atteint des sommets, mais d’une baisse “modeste et provisoire” des taxes perçues par l’Etat, et la demande faite aux trusts pétroliers de fournir “leur propre part d’effort” (ce dont ils n’ont bien sûr nullement l’intention). Mais pendant que les prix augmentent de façon vertigineuse, et pas seulement ceux des carburants, le blocage des salaires, lui, continue bel et bien.
Concernant l’emploi, sujet crucial, la porte- parole du gouvernement a déclaré « Ce que je peux assurer, c’est que nous allons travailler sur une loi pour la reprise des sites industriels rentables… mais pour le reste, ce n’est pas dans l’immédiat ». Pas question donc d’interdire aux patrons de licencier, même quand leurs entreprises font des profits. 150 000 “Contrats d’avenir” devraient être créés, concernant les jeunes sans qualification. Mais il pourrait s’agir, selon le ministre du travail Michel Sapin de “CDI”... à durée déterminée de un à trois ans. Ce qui ressemble fort à feu le CPE (Contrat Première Embauche) assorti d’une période de “consolidation” de deux ans pendant laquelle l’employeur pouvait le rompre. CPE que le gouvernement Chirac avait dû abandonner en 2006 sous la pression des manifestations.
Montebourg-famille Peugeot, même combat !
Et voilà qu’après avoir fait ami-ami avec les grands patrons du CAC 40, le gouvernement, par la voix d’Arnaud Montebourg, appelle les syndicats de PSA à la « responsabilité ». Autrement dit, comme a rétorqué Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de PSA Aulnay, « Gonflé le Montebourg. Même langage que PSA : faut accepter notre sort… », en ajoutant dans une interview qu’il retrouverait la semaine prochaine ses camarades de l’usine d’Aulnay, « prêts à en découdre » et à préparer la riposte avec tous les salariés de PSA et au-delà.
Concernant les logements sociaux le gouvernement dit vouloir en construire 150 000 par an, contre 120 000 actuellement, ce qui est très loin de répondre aux besoins, même les plus urgents.
Le gouvernement parle d’une réforme du secteur bancaire. En attendant, on constate que même sur l’augmentation du plafond livret A, dont les fonds servent à construire les logements sociaux, le gouvernement a revu sa copie à la baisse “pour ne pas déstabiliser les banques”. Alors qu’il avait promis de doubler ce plafond, il n’est plus prévu que de l’augmenter de 50% d’ici la fin de l’année. Et ceci ne concerne de toute façon que la toute petite minorité dont le montant dépasse 15 300 euros (8% des livrets A)... La moitié étant crédités de moins de 150 euros.
Et pour nous, la rentrée c’est quand ?
Le gouvernement a fait sa rentrée. Pour nous il y a urgence à préparer la nôtre. Parce que les licenciements, c’est maintenant, la baisse de notre pouvoir d’achat et la dégradation de nos conditions de vie, c’est maintenant !
Aucun objectif n’est clairement fixé par les directions syndicales mais, avec ou sans elles, il faudra bien entrer en lutte pour nos revendications essentielles. Nos objectifs à nous, ce sont :
- des revenus qui nous permettent de vivre, c’est-à dire au minimum 1700 euros nets par mois
- une augmentation pour tous les salaires, retraites, allocations de chômage de 300 euros par mois, avec bien entendu la garantie que ces revenus suivront de façon automatique et immédiate la hausse des prix.
- l’interdiction des licenciements
- le contrôle des travailleurs sur les entreprises.
Pour cela, il nous reste à prendre conscience de notre force, à coordonner nos luttes, et à mettre fin à ce paradoxe : dans cette société ce sont ceux qui créent tous les biens qui, périodiquement, sont condamnés à la paupérisation, pendant qu’une minorité continue à s’enrichir.

