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Italie : Bas les masques ?

11 mai 2020 Article Monde

(Illustration : un dessin qui fait fureur sur Facebook en italie.)

Quelques jours après la reprise du travail, suite au déconfinement intervenu en Italie le 4 mai, des grèves ont eu lieu contre les mauvaises conditions de travail, que des articles dans la presse française ont présentées comme des « grèves contre le port du masque ».

À l’usine Electrolux de Susegana (près de Trévise) comme celle de Piaggio de Pontedera (près de Pise), où ces grèves ont eu lieu, les patrons ont fourni aux ouvriers des masques FFP2, le maximum en somme, même au-delà des préconisations du décret gouvernemental. Alors pourquoi ces grèves ?

Chez Electrolux, où il y a eu trois cas de coronoravirus, les travailleurs sont bien conscients de la nécessité de se protéger, mais pas au prix de n’importe quelles conditions de travail. Et travailler à la chaîne toute la journée en étant obligé de porter un masque FFP2 fait transpirer et surtout empêche de respirer normalement. Des travailleurs ont d’ailleurs fait des malaises.

Et qu’en sera-t-il en été, quand la température dans les ateliers dépasse fréquemment les 30 degrés ?

Les travailleurs ont même demandé à porter des masques chirurgicaux, plus légers mais moins protecteurs, à condition que les distances de sécurité soient respectées. Mais surtout, ils ont demandé des pauses d’au minimum cinq minutes par heure. Car les rythmes de travail sont inchangés et toujours aussi élevés : sur la chaîne de montage chacun voit défiler un réfrigérateur toutes les 42 secondes.

Le 8 mai, devant le refus de la direction, les travailleurs d’Electrolux ont donc décidé de prendre eux-mêmes une pause d’une heure par équipe. Ce qui a été très largement suivi.

« Je n’aurais jamais cru de devoir un jour faire grève pour respirer. » C’est ce qu’a dit dans une interview un délégué de l’entreprise… Un problème qui ne concerne pas les dirigeants syndicaux provinciaux qui ont désavoué cette grève.

Chez Piaggio aussi, la pénibilité du port du masque est venue s’ajouter aux conditions de travail déplorables (voir le témoignage d’une travailleuse de l’usine publié sur le site, le 6 mai). Pour pouvoir respirer, beaucoup n’ont d’autre solution que soulever leur masque, ou de le porter sous le nez, en s’exposant d’avantage au risque de contagion.

Les délégués locaux de la Fiom ont mis en avant la diminution du nombre de travailleurs présents dans l’usine de manière à garantir les distances de sécurité, la réduction de la journée de travail et davantage de pauses. Parce qu’il est impensable de travailler huit heures avec un masque, surtout avec l’arrivée de la chaleur.

Les 7 et 8 mai, une grève de deux heures a eu lieu à la fin de chaque équipe.

Un problème qui, avec la reprise du travail, risque de se poser dans de nombreuses entreprises. Pas seulement en Italie.

Thiery Flamand

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