Hollande, le nouveau va-t-en guerre de la France à fric
16 décembre 2013 Éditorial des bulletins L’Étincelle
En Centrafrique, 40 000 personnes s’entassent dans un camp en bordure de l’aéroport de Bangui dans des conditions sanitaires déplorables, en proie à la faim, la soif et la maladie. L’aéroport a déjà accueilli les 1 600 militaires français, les troupes africaines venues en renfort, la flotte d’hélicoptères et les avions Antonov chargés de matériel militaire. Mais pour les déplacés, rien.
« Nous sommes dans la capitale et l’aéroport est sécurisé. Qu’il n’y ait pas d’eau, pas de couvertures, pas de sanitaires, c’est inacceptable » s’insurge la responsable sur place de Médecins Sans Frontières. Depuis l’arrivée des troupes françaises, les conflits et massacres, loin de se réduire, ont explosé. Plus de 600 morts, 100 000 déplacés à Bangui et probablement un demi-million de déplacés à l’échelle du pays... La prétendue intervention « humanitaire » de l’armée française vire au cauchemar pour les populations.
Qui se soucie des populations civiles dans cette sale histoire ?
Hollande affirme être animé du « devoir d’assistance et de solidarité à l’égard d’un petit pays, d’un pays ami ». Avec des amis pareils, plus la peine d’avoir des ennemis !
En réalité, après l’intervention au Mali, le gouvernement français joue les gendarmes de l’Afrique – cette fois en Centrafrique – pour préserver les intérêts de ses multinationales dans toute la région. Y compris dans ce pays que la présence coloniale française a laissé totalement démuni et dépourvu d’infrastructures élémentaires, où néanmoins la perspective de richesses à gratter attise toujours la convoitise de prédateurs bien français.
En mars dernier, le coup d’Etat de Djotodia à la tête de la Seleka (milices du nord du pays) avait été accueilli par un défilé de spécialistes de la Françafrique avec ses tristes magouilles : Jean-Christophe Mitterrand et Claude Guéant s’y sont par exemple déplacés en juin. Le premier pour vendre ses services en matière de sécurité militaire, le second, pour discuter pétrole... L’armée française présente sur place avait laissé faire le coup d’Etat, restant cantonnée dans ses casernes.
Mais le nouveau président, Djotodia, a vite montré qu’il était tout aussi incapable que son prédécesseur de maintenir l’ordre nécessaire aux capitalistes français ou autres. Alors Hollande a fait donner l’ultime recours de l’impérialisme : l’armée française.
L’armée française, l’amie des dictateurs
Depuis l’indépendance, la France a toujours été derrière les présidents-dictateurs, élus de façon frauduleuse ou putschistes convaincus. Bokassa 1er avait accueilli Giscard d’Estaing à coup de diamants dans son palais impérial, avant qu’il soit lui-même renversé avec l’aide de la France faute de savoir maintenir l’ordre. Car c’est là la raison principale de l’intervention de l’armée française en Afrique ou ailleurs. Il s’agit de sécuriser les mines, sites et approvisionnements des grandes entreprises françaises qui font la pluie et le sale temps dans ces anciennes colonies françaises. Sécuriser leurs entreprises pour sécuriser le pillage de ces pays, et cette triste mascarade dure depuis maintenant un bon demi-siècle, de la Centrafrique à la Côte d’Ivoire, au Mali, au Tchad ou au Niger…
L’intervention armée a commencé en même temps que se tenait le sommet France-Afrique. La conclusion de ce sommet insistait sur la nécessité de « réinvestir au plus vite la présence économique extérieure française en Afrique subsaharienne ». Pour réinvestir, c’est-à-dire surexploiter, expulser de leurs terres les populations et piller en toute tranquillité, les multinationales comme Areva, Bolloré ou Total réclament l’assistance de l’armée.
Dans cette situation, cette dernière intervention dans ce malheureux pays en proie à un chaos dont l’impérialisme français est le premier responsable, ne peut être qu’une autre forme de calamité.

